mardi 17 septembre 2013

RIFIFI CHEZ LES OUATTARISTES

C’était chaud dans la « case » du Rassemblement des républicains (RDR), le samedi 14 septembre 2013. Suite à l'invitation des secrétaires nationaux et départementaux par le secrétaire général par intérim, Amadou Soumahoro, des militants se sont déportés au siège du RDR à la rue Lepic, à Cocody, pour protester contre leurs responsables politiques locaux. Ils étaient des centaines, munis de mégaphone et autres pancartes, venus protester contre ce qu'ils qualifient « de gestion calamiteuse du RDR » depuis l'accession d’Alassane Ouattara au pouvoir. Depuis 8h, ces militants se sont massés devant le siège du « parti présidentiel », empêchant des responsables politiques qu'ils considèrent comme des « vendus » et « des traîtres », d'y accéder. L'oncle du président de la République, Camara lanciné, candidat malheureux aux dernières élections municipales à Anyama face à Amidou Sylla, a été empêché d'accéder au siège du RDR. C'est que les partisans de M Sylla, candidat élu du RDR à Anyama, le considèrent comme un traître, c'est-à-dire celui qui a refusé de s'aligner sur la décision du parti. Même s'il a pu accéder, près d'une heure plus tard à la salle de réunion, ce ne fut pas sans bruit. Ses partisans qui étaient également sur les lieux, ont dû forcer un passage pour lui. Pendant le charivari, il s'est frayé un chemin sous les quolibets de ses détracteurs, pour accéder au siège. Le secrétaire départemental du RDR de Treichville n'a pas eu la même chance. Arrivé sur les lieux, il s'est vu refuser l'accès du siège par des militants visiblement chauffés à blanc. Il a été obligé de rebrousser chemin, tout comme de nombreux secrétaires nationaux et départementaux. Le secrétaire général par intérim du RDR, Amadou Soumahoro lui-même, a été escorté par un dispositif sécuritaire conséquent pour accéder au siège. Face à la montée de la tension, un détachement de la police, de la gendarmerie et des éléments de la Garde républicaine s'est déployé sur les lieux pour calmer les esprits. Le président des jeunes du RDR, Karamoko Yayoro, qui jouait au médiateur, tente également de calmer les manifestants. Il est aidé par son vice-président, Ouattara Aboubakar. Mais les militants, très mécontents, n'en avaient cure. Ils continuaient de dénoncer « la mainmise de la direction du RDR sur le parti et leur méchanceté vis-à-vis des militants ». « Nous ne sommes pas d'accord avec la caporalisation du RDR. Nous avons tous souffert pour qu'aujourd'hui, un groupe en profite », scandait un militant. « Le RDR nous appartient tous. Nous ne voulons plus d'irresponsable politique. Il faut réformer le parti», lâche Ngom Moustapha, secrétaire de section du RDR au quartier Yoman Kakou de Treichville. «Notre secrétaire départemental n’accédera jamais au siège du RDR ; nous ne voulons plus de lui. C'est un traître, un vendu. Que le parti prenne ses responsabilités », martèle-t-il, un mégaphone en main. Jusqu'à ce que la réunion finisse, les militants continuaient de pester. Amadou Soumahoro les a même reçus, par délégation de trois personnes après sa réunion, en vue de les calmer. Selon une source d'information proche de la délégation de Treichville, le secrétaire général par intérim épouse leur combat. «Il a dit que si ça ne tenait qu'à lui, le secrétaire départemental du RDR de Treichville serait suspendu à cause de son attitude. Mais il nous a dit qu'il s'en remet au président de la République, qui est toujours président du RDR. Il nous a rassurés qu'il lui fera un compte rendu détaillé de nos préoccupations », indique notre source d'information. Calmés par les assurances du secrétaire général par intérim du RDR, les militants frustrés ont quitté le siège de leur parti, non sans promettre de remettre le couvert, si d'aventure leurs revendications n'étaient pas satisfaites. 

Y. Doumbia
 
 
en maraude dans le web
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Source : L’Inter 16 septembre 2013

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