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dimanche 7 mai 2017

KPAKPATO ![1]


Ce dimanche 7 mai 2017, les Françaises et les Français viennent d’élire M. Emmanuel Macron, par une majorité écrasante (65,5% des suffrages exprimés).
Par cette large victoire, le candidat de En Marche !, devient ainsi le 8e président de la cinquième République.
SEM Henri Konan Bédié et le PDCI-RDA félicitent le nouveau président de la République française pour son succès et l’encourage à poursuivre la promotion des liens séculaires qui unissent si heureusement nos deux nations : la Côte d’Ivoire et la France.
Fait à Abidjan, le 7 mai 2017
Henri Konan Bédié, président du PDCI-RDA


Source : abidjan.net 7 mai 2017

[1] - Expression typiquement ivoirienne qu’on peut rendre en français par « mouche du coche ».

dimanche 12 février 2017

LE BÊTISIER OUATTARISTE (suite)

Aujourd’hui, la palme à Marcel Amon Tanoh, leur « ministre des Affaires étrangères », qui s’exprimait ainsi devant le Conseil de sécurité de l’Onu, le 8 février 2017, au moment même où les « mutineries » facistes se répandaient dans tout le pays comme une traînée de poudre :

« La Côte d’Ivoire est un pays en paix et en sécurité. Les mutineries d’une frange de la troupe, fondées sur des revendications corporatistes anciennes, ne sauraient remettre en cause ce constat. Elles ont cependant permis au Gouvernement d’accélérer, notamment par la formation et une plus grande discipline, la professionnalisation nécessaire de l’Armée et des Forces de sécurité, avec l’entrée en vigueur de la Loi de Programmation militaire et des forces de sécurité intérieure.

Les premières décisions prises dans ce cadre, notamment la nomination de nouveaux responsables à tous les échelons de nos Forces de défense et de sécurité ainsi que l’amélioration des conditions de vie et de travail de nos soldats, transformeront durablement leur quotidien et leurs capacités.
Le Président de la République, qui a pris toute la mesure de ces évènements, s’emploie chaque jour à en résoudre les causes profondes. Ces mesures viennent également parachever l’ambitieuse réforme du secteur de la sécurité, et consolider les acquis du processus de DDR, que notre pays a courageusement mené à bon terme dans un délai record et financé à plus de 70% ».

D’après Abdoulaye Touré (Source : Afrikipresse 09 février 2017)

Maintenant, comparons avec ce que la représentante en Côte d’Ivoire du secrétaire général de l’ONU, Aïchatou Mindaoudou, a dit lors de la même réunion :
« …Certains éléments des forces armées se sont mutinés en janvier pour réclamer des émoluments et l’amélioration de leurs conditions de vie. D’autres éléments appartenant à la gendarmerie, aux gardes pénitenciers, aux pompiers ont tenté de suivre le mouvement en formulant les mêmes revendications. Ces mutineries ont révélé que des efforts doivent encore être faits pour l’amélioration des conditions de vie des soldats et la mise en place d’une armée professionnelle ».
(Source : Ivorian.net 09 février 2017)

Manifestation de "mutins" d'élite à Adiaké
« …Mais à part ça, madame la marquise, tout va très bien, tout va très bien ! » 
Ce pauvre MAT serait-il donc l’un de ces petits c… de nageurs qui s’imaginent que parce qu’ils sont dans l’eau, on ne risque pas de voir leur dos ? Ce serait  à nous une très grosse erreur de le croire ! Car, en fait, c’était à nous qu’il s’adressait, nous les patriotes, les démocrates et les indépendantistes ivoiriens. Et ce qu’il voulait que nous comprenions, c’est que ceux qui ont installé Alassane Ouattara et consort après le 11 avril 2011 – c’étaient évidemment les mêmes qui lui soufflaient ce discours débile –, n’entendent pas changer de chevaux, quoi qu’il en coûte à la Côte d’Ivoire et quoi qu’en pensent les Ivoiriens.
La Rédaction

mardi 3 janvier 2017

LE BETISIER OUATTARISTE (suite)…


Aujourd’hui, la parole à Tiburce Koffi, qui semble regretter amèrement de s’être mis dans le cas de déplaire à un « chef » qu’il admire beaucoup, justement parce que c’en est un… :

« Oui, je suis aujourd’hui en disgrâce avec l’actuel régime parce que j’ai osé affirmer (comme toujours) mon indépendance dans la pensée et l’agir. Je ne suis pas un suiviste, et jamais je ne renoncerai à ma liberté d’intellectuel pour un poste et pour de l’argent. Mais j’affirme haut et fort que le régime de Ouattara a plus apporté à la Côte d’Ivoire que celui de Gbagbo. Le Président Ouattara est un bosseur. Ce n’est pas un idéologue. Il est évident qu’il ne dégage pas la chaleur humaine de Laurent Gbagbo ; mais il n’a pas non plus les tares de ce dernier : la culture de l’amusaille, du propos vulgaire, du rire banania, des jouissances paresseuses et irresponsables. Ouattara ne rit pas, ne danse pas, ne s’amuse pas. Il travaille. C’est un chef d’Etat qui s’est donné une mission et qui s’applique à l’accomplir en s’en donnant les moyens. Et… oui, j’ai de l’admiration pour un tel chef. Essayer un peu de vous attaquer à lui. Et vous allez apprendre à vos dépens ce que signifie être un chef d’Etat ».

Tiburce Koffi
Source : IciAbidjan.com 3 janvier 2017

vendredi 5 août 2016

LE BÊTISIER RHDP

Georges Ezaley tout heureux de sa trouvaille mangécratique
Aujourd’hui, la parole au bien heureux Georges Philippe Ezaley, maire de Grand-Bassam et probable futur lauréat du concours national de léchage de bottes, qui, lors du lancement, le 4 août 2016, de l’opération Grand-Bassam ville propre, « dans l’intention de faire intérioriser la culture de la salubrité par les populations de la cité balnéaire », a eu ces mots sublimes : « Nous ne voulons plus que Grand-Bassam soit sale. C’est pourquoi nous demandons aux populations de s’inscrire dans cette initiative à compter d’aujourd’hui. (…). Notre ville n’est pas semblable aux autres car nous sommes classés au patrimoine mondial de l’Unesco. Et dans cette ville, on rencontre des rues qui incarnent les hautes personnalités de ce pays : le boulevard Alassane Ouattara, la rue Henri Konan Bedié et la rue Daniel Kablan Duncan. Nous ne devons donc pas salir ces rues mais plutôt les préserver ».


Source : AIP 5 août 2016

dimanche 11 octobre 2015

LE BÊTISIER OUATTARISTE (suite)

Aujourd’hui, la parole à Kader Diarrassouba, l’un des porte-plume de Guillaume Soro qui, sous le titre : « "Ivoirien nouveau", la profession de foi d’Alassane Ouattara », et dans un langage fleuri, rendait compte du discours d’ouverture de campagne de son demi-dieu :

« Durant son presque quinquennat écoulé, Alassane Ouattara s’est rendu compte des séquelles encore vivaces laissées par la crise post-électorale de 2010 rappelons-le, consécutive au refus de Laurent Gbagbo de céder le pouvoir qu’il avait pourtant perdu dans les urnes.
La fracture est toujours importante donc, même si elle s’est amoindrie à cause des efforts du Chef d’Etat sortant pour emmener les Ivoiriens à la réconciliation nationale et à la cohésion sociale.
Cependant, force est de reconnaitre que certains Ivoiriens bottent encore en touche de tout acte républicain et s’investissent dans des campagnes qui visent à rendre le drapeau ivoirien blafard, quand d’autres ont arrêté d’exister depuis 2010, se plaisant dans l’inactivité en attendant un hypothétique retour du "messie de Mama".
Cette situation n’est pas sans déplaire à Alassane Ouattara, président de tous les Ivoiriens qui a promis œuvrer une fois élu pour un second mandat à la magistrature suprême, pour la conception d’un "Ivoirien nouveau".
Quels sont les caractéristiques de cet "Ivoirien nouveau" ?
Selon Alassane Ouattara, "l’Ivoirien nouveau" pour rentrer dans l’ère de l’émergence doit "changer de mentalité" pour éviter de ramer à contre-courant des efforts des concitoyens qui ont décidé d’embarquer dans le train du progrès. "Le plus bel héritage qu’on puisse vous laisser est le changement de mentalité", a-t-il déclaré avant de s’engager à "tracer les sillons de cet Ivoirien nouveau". Le candidat du RHDP s’est voulu optimiste quant à l’avènement très prochain de cet Ivoirien au bon comportement à qui sera légué l’héritage de l’émergence afin que l’œuvre du développement soit inscrite dans la durabilité. »
Source : iciabidjan.com 10 octobre 2015


Lundi 17 mars 2015, Alassane Ouattara brandit
son certificat de recensement devant la presse.
(afp photo / Issouf Sanogo)
L’Ivoirien Nouveau… C’est un aveu ?

mardi 11 août 2015

LA PROPAGANDE OUATTARISTE, OU L’ART DU JETEUR DE POUDRE AUX YEUX*

Il m’a dit : « Hamed, tu vas à Béoumi… » 

H. Bakayoko, le Vidocq des Ouattara
Je vous adresse les salutations de votre frère Allah N’San, le Président Alassane Ouattara. Ce matin, il m’a dit : « Hamed, tu vas à Béoumi saluer tous mes parents, les cadres, les amis et leur dire que je suis de cœur avec eux et que très bientôt, je serai avec eux pour inaugurer le pont de Béoumi ». Honorables invités, mesdames et messieurs, je salue à cette tribune les éminentes personnalités qui ont fait le déplacement. Je vous remercie pour cette cérémonie d’hommage au Président de la République. Vous faites bien. Quand quelqu’un fait de bonnes choses, il faut le reconnaître. Cela l’encouragera à continuer. Merci chers chefs, votre porte-parole a dit beaucoup de choses mais j’ai été marqué par une phrase. Il a dit que c’est un Président qui aime sincèrement son peuple. Oui ! Vous avez tout dit parlant du Président Alassane Ouattara. Tous les jours, toutes les semaines, sa préoccupation, c’est de tout faire pour améliorer le plus vite possible, les conditions de vie des populations. Il ne pense pas à lui, à sa santé, mais à tout ce qu’il peut faire pour aider les Ivoiriens, surtout ceux qui sont à l’intérieur du pays. C’est cela sa préoccupation. Et c’est bien de l’avoir perçu et de lui rendre hommage. Vous avez dit que le pont qui est en train de s’achever est un pont pour votre développement. Vous savez, en 40 ans, il y a 8 mandats présidentiels de 5 ans. Mais en un seul mandat, il vous a donné le pont. Donc imaginez tout ce qui viendra après. Je vais aller lui dire de faire plus pour vous car Béoumi l’aime et tout Béoumi est mobilisée pour lui. Merci mes chefs. Vous avez dit également que depuis 1934, votre statut était régi par un arrêté colonial. Il vous a promis et il l’a fait. Il vous a donné le statut des rois et chefs traditionnels de Côte d’Ivoire pour que tout le monde vous respecte. Vous les chefs, ce que vous nous avez enseigné, ce qui est précieux, c’est le respect. Si on ne respecte pas les chefs, ce n’est pas bon. Et vous ici en pays Akan, c’est la leçon que vous donnez à la Côte d’Ivoire et au monde. Une société qui est bâtie sur ces valeurs avance dans l’ordre. C’est donc important. Ce statut fera de vous de vrais chefs. Très bientôt, vous aurez votre siège et on mettra en place la chambre des rois et chefs qui vous donnera une autre dimension. C’est important. Le président a décidé de vous doter d’un budget équivalent à celui du Conseil économique et social. C’est-à-dire, un budget d’environ 5 milliards de francs CFA. Un président qui fait cela est un président qui vous aime. Il aurait pu prendre cet argent pour faire autre chose mais il préfère le mettre à votre disposition. Vous avez trop souffert de la crise. On doit maintenant vous apaiser. Chefs, je vous demande de le soutenir comme vous le faites ce matin, mais surtout d’expliquer à tout le monde son engagement. On a parlé tout à l’heure de l’Appel de Daoukro. C’est un appel pour la paix, la réconciliation, le développement et pour lutter contre la division. C’est pour cela que le Président Bédié, qui est un sage, un chef, a lancé cet appel. Il veut que les périodes de campagne électorale ne soient pas des périodes de division. Il s’est dit : « On vient à peine de sortir de la crise. Il y a eu la guerre, nos parents ont souffert et je ne veux pas encore que les enfants d’Houphouët se divisent avec les multitudes de candidatures, PDCI, RDR… Je ne veux plus que les palabres reprennent ». Chefs, le Président Bédié a parlé. Que peut-on dire encore ? Les questions de pouvoir ne doivent pas être guidées par une ambition personnelle. Cela doit être collectif, pour la société. Tout le monde ne peut être chef en même temps et le même jour. Chacun a son temps. Des personnes viendront certainement vous dire que le PDCI n’a pas beaucoup de postes ou les Baoulé n’ont pas beaucoup de postes. Ce sont des choses qu’on peut arranger. Mais est-ce à cause de cela qu’on va recommencer à faire palabre ? Les palabres commencent doucement et prennent de l’ampleur. Les contradictions secondaires se radicalisent et cela devient des crises graves, puis la guerre. Je compte sur vous pour montrer le bon chemin à ces personnes. Chefs, l’Appel de Daoukro est profitable à tous. Le Président Bédié sait que s’il y a la paix, les élections vont vite se dérouler et ensemble on va continuer à développer notre cher pays. Ce n’est pas la peine de gaspiller les énergies dans la politique politicienne sinon le Président Bédié pouvait lui-même chercher à reprendre le pouvoir. Mais il ne le fait pas. Ce n’est pas une affaire de personne, c’est la Côte d’Ivoire qu’il faut voir. Donc je vous demande d’expliquer cela partout. Je compte sur vous pour soutenir l’Appel de Daoukro. Les cadres de Béoumi, soyez unis. Mettez-vous toujours au-dessus des contradictions, de vos ambitions personnelles pour le développement de votre région. Vos ancêtres vous regardent. Quand vous êtes unis, vous êtes plus forts. Béoumi a des cadres compétents. Je suis fier de votre député Saraka Adolphe. A l’Assemblée nationale, ses interventions sont précises dans la forme et dans le fond. Un grand pays repose sur de grands hommes. Merci à toi, honorable. Je veux maintenant parler du jeune frère Sidi Touré. Vous savez, le pouvoir n’est pas une affaire d’âge. Si Dieu donne la chance à l’un des vôtres, vous devez le soutenir. Mais si vous trouvez que c’est un jeune et que vous ne le soutenez pas, il ne sera pas fort pour vous aider. Pour le découpage électoral, Sidi m’appelait tous les jours pour que je suive le dossier et aujourd’hui c’est chose faite. Quand on devait construire les ponts, il a soutenu le dossier relatif à celui de Béoumi. C’est comme cela qu’il faut se battre pour que chacun puisse avoir une promotion à travers lui. C’est vous qui devez le porter parce qu’il est la première personne à qui le président parle le matin et la dernière personne à qui il parle le soir. Quand j’ai un rendez-vous important avec le président, il me dit d’en parler à Sidi pour qu’il n’oublie pas. Députés, maires, cadres… vous devez vous mettre ensemble pour voir comment la région peut profiter au maximum de ce cadre. Ne regardez pas son âge. Je vous demande de vous unir autour de lui, c’est une opportunité. Tout le monde n’a pas cette chance. Vous devez l’encourager. Chers parents, la Côte d’Ivoire est en marche. Même si à titre personnel, certains n’ont pas encore senti les retombées, chacun est unanime (sic) pour dire qu’on voit la direction et qu’on sent qu’elle est bonne. Nous sommes sur la bonne voie. La Côte d’Ivoire est un peuple rassemblé et uni aujourd’hui. Tous les signaux sont bons. Même la coupe d’Afrique, nous venons de l’avoir, 23 ans après sous Alassane Ouattara. C’est un président qui porte chance. Je peux vous dire que Béoumi ne sera pas en reste. J’ai noté tous les points. A Abidjan, j’irai avec Sidi pour rencontrer le président et lui dire que j’ai vu les populations, tous les chefs, toutes les femmes, tous les jeunes mobilisés pour le remercier pour tout ce qu’il a fait mais qu’il reste encore à faire là-bas. On va cibler des projets qui vont se faire. Le budget de l’État, cette année, est de 5000 milliards. On va tout faire pour que vous ayez votre part. C’est sur ces paroles que je voudrais vous engager à prier pour le pays, le président. Soyez des garants de la paix, de l’unité de Béoumi et de la Côte d’Ivoire. Si on est uni, nous allons progresser tous les jours. Nous sommes en train de bâtir un grand pays. Cette année, le président va lancer les travaux de l’autoroute qui va relier Yamoussoukro à Bouaké. Il est concret. Ne regardons plus tout ce qui nous a divisés. Nous sommes des frères, des enfants d’Houphouët-Boigny. Vive Béoumi, vive la région de Gbêkê, vive la Côte d’Ivoire. Je vous remercie. 

(*) - Titre original : Hamed Bakayoko depuis Béoumi : « Ouattara va lancer les travaux de l’autoroute Yamoussoukro-Bouaké »  
Source : Le Patriote 18 février 2015

 
NOTRE COMMENTAIRE
 
Avec ce discours aux habitants de Béoumi, c’est un véritable bêtisier-fleuve que nous a offert Hamed Bakayoko, le Vidocq des Ouattara, leur ministre de l’Intérieur en tournée de propagande au cœur du Pays Baoulé pour ses seigneurs et maîtres. Il serait dommage que ceux qui, dès avant le 11 avril 2011 et depuis, ont choisi la cause de l’indépendance et de la dignité de la Côte d’Ivoire, notre patrie, ignorent ce discours car ce sont les paroles d’un homme aux abois. Et comme cet homme est l’un des piliers du régime fantoche, c’est tout ce régime-là qui parlait par sa bouche. Mais ce n’est pas seulement pour cette raison que ces paroles sont intéressantes. Pour bien les savourer, il faut les envisager dans le contexte socio-politique, comme ils disent. Ce sont des temps où ces fantochards n’ont pratiquement plus devant eux aucun adversaire consistant, n’ayant rien à craindre du Fpi ni du Pdci, aujourd’hui éclatés en factions rivales, en tant que forces politiques capables de les concurrencer. En revanche, ils ont tout à craindre d’une opinion publique qui pour sa plus large part n’a jamais accepté leur « victoire électorale » de 2010, ni leur « victoire militaire » de 2011. Quant à ceux qui avaient favorisé leur ascension, ils ont partout cessé d’avoir confiance en eux. A preuve les graves incidents actuellement en cours à Ferkessédougou, ville dont le député est un certain Guillaume Soro… Aussi bien, ce régime ne tient que parce qu’il est soutenu à bout de bras par la France. Le récent remplacement à la tête de l’ONUCI, juste  à trois mois d’un nouveau scrutin présidentiel, du Pakistanais Hafiz Masroor Ahmed par le Français Didier L’Hote, n’est évidemment pas anodin. Avec cette promotion de celui qui était depuis 2014 l’adjoint du commandant de l’ONUCI, désormais toutes les forces armées présentes en Côte d’Ivoire, y compris les « Frères Cissé », se trouvent de facto sous commandement français… L’heure est trop grave sans doute ; on ne se déguise plus ! Cinq ans après le déchaînement terroriste au printemps 2011 contre les forces vives de la Côte d’Ivoire, tout est à refaire parce que les Ivoiriens, mêmes privés de dirigeants compétents ou conséquents, n’ont pas plié les genoux. De sorte que, même si, face à une opposition qui a pratiquement retourné contre elle-même sa propre énergie, le fantoche en exercice est à peu près assuré de conserver sa place pour les cinq qui viennent, sa succession ne laissera pas d’être aussi compliquée, sinon plus, que celle de Félix Houphouët il y a 22 ans. A force, il faudra bien que ceux qui se sont arrogé le droit de nous donner des rois que nous le voulions ou non, comprennent que nous sommes un peuple, et qu’il faudrait soit qu’ils nous anéantissent, soit qu’ils nous rendent nos droits légitimes. Tout leur est bon pour retarder ce moment de vérité. Mais ils peuvent seulement le retarder…
 
Marcel Amondji (août 2015).
 

lundi 13 avril 2015

Le bêtisier houphouéto-ouattariste (suite)…


 
Aujourd’hui, la parole est à Paul Akoto Yao, qui aurait été « l’une des attractions de la 3e journée d’hommage aux femmes du ministère de l’Education nationale et de l’Enseignement technique (MENET) ». Décoré à cette occasion « pour son apport à l’éducation de plusieurs générations de la jeunesse ivoirienne », l’ancien ministre de l’Education nationale manifesta sa gratitude à Dominique Ouattara et Kandia Camara, les organisatrices de l’événement, en leur tenant ce discours qui mérite d’être connu dans son intégralité, tant pour ce qu’il dit de ses bienfaitrices, que pour ce qu’il nous révèle de lui-même.
 
(D’après Le Sursaut 13 avril 2015)
 

« Je viens juste d’être appelé à ce micro. Je vais donc laisser parler mon cœur en demandant votre indulgence et votre mansuétude pour ce qui vous paraitra incongru. Dans notre métier, il y a ce qu’on appelle la rhétorique déclamatoire. Et cela commence toujours par un prologue de discours. Le général De Gaulle avait dit, parlant du maréchal Pétain, que la vieillesse était un naufrage. Et don Diègue disait aussi : « Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vieillesse ennemie ! N’ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ? ». Vous venez de nous démontrer, nous autres les anciens, que la vieillesse n’est ni un naufrage, ni un ennemi. Bien au contraire, comme le dit l’Evangile, en vieillissant, on se bonifie, on se fructifie en gardant la sève et la même verdeur. Ce qui est une grâce. Donc je dirai : Ô grâce ! Ô gloire ! Ô vieillesse amie ! N’avons-nous tant vécu que pour cette ultime et sublime reconnaissance de la nation qui d’habitude se fait post mortem ? Je suis au nom de tous ému. Victor Hugo a dit que les émotions n’ont pas de mots. Mais je vais m’efforcer de dépasser l’émotion du jour pour vous parler.

...Vous croyez voir la sage et lumineuse Aspasie
là où tant d’autres n’ont jamais vu qu’une Thaïs
.
Je vais m’adresser d’abord à la Première dame. Que dis-je ? A la grande dame. Madame, nous nous connaissons. Vous êtes grande et ce n’est pas un éloge flatteur. Ce n’est plus de mon âge. Et je ne vois pas à quel prix je le ferais. Vous êtes une grande dame parce que vous êtes une dame de cœur. Tout le monde le sait. [On] ne devient dans la vie que ce qu’on est. Nous qui vous connaissons depuis toujours, nous voyons que vous êtes devenue ce que vous êtes. Et vous avez un époux qui a une chance extraordinaire parce que dans la vie, il y a des femmes qui sont de mauvais génie. Comme ce fut le cas pour Messaline et Agrippine ou l’empereur Ponte (sic). Mais vous, vous êtes ce qu’on peut appeler une égérie telle que fut Aspasie pour Périclès. Vous êtes une égérie parce que vous avez la main sur le cœur. Et ensuite, je l’ai dit la dernière fois, Félix Houphouët-Boigny nous a appris que ce qui compte dans la vie, ce n’est pas d’être riche, mais c’est la bonne renommée. Et la bonne renommée repose sur l’humilité. Vous êtes une femme d’humilité. Merci pour tout cela. Merci pour être ce que vous êtes. Merci pour ce que vous faites. Et restez ce que vous êtes.
Madame le ministre, triomphante...
Madame Kandia Camara, je vous ai connue à l’époque du grand bahut, sous Badinot. Vous avez toujours été une femme d’engagement. Une femme de détermination et une femme de courage. L’autre jour dans le secret de votre cabinet, ce n’était pas pour vous conter fleurette, je vous ai dit que j’étais tout admiratif. Pourquoi ? Vous représentez un symbole. Et ce symbole, nous le devons au président Alassane Ouattara. C’est la première fois dans l’histoire de notre pays qu’une femme gère le complexe et difficile ministre de l’Education nationale et de l’Enseignement technique.
La France a suivi cet exemple qu’a donné le président Alassane Ouattara. Car c’est la première fois aussi en France qu’une femme tient le ministère de l’Education nationale. Je voudrais dire aussi que nous sommes pleins d’admiration pour toutes les femmes qui sont présentes parce que maintenant vous parlez d’égal à égal avec les hommes et non pas d’égaux à égaux. Parce qu’en parlant d’égaux à égaux, nous les hommes croyions avec condescendance que nous avions une certaine supériorité vis-à-vis de ce qu’on appelle le sexe faible. C’est de la prétention. La femme est non seulement génitrice. Mais elle est éducatrice par essence et par devoir. Et c’est justement pour toutes ces femmes ici présentes et qui sont du ministère de l’Education nationale et de l’Enseignement technique, vous avez pour mission non seulement pour donner le savoir, le savoir-faire et le savoir-être par le vouloir, par le pouvoir mais qui est la saine autorité et non pas par la voie qui est l’argent. Car le métier que nous avons choisi n’est pas un métier d’argent. C’est un métier que nous avons charge d’âmes. Ou comme le disait Montaigne, nous ne remplissons pas des coupes, mais nous allumons des feux dans les esprits des jeunes qui nous sont confiés. On ne vient pas à l’éducation nationale pour s’enrichir. Mais le prix que nous avons pour ce que nous donnons de nous-mêmes pour le service de la nation qui est un devoir de vérité c’est cette récompense que vous nous donnez aujourd’hui. Et ce prix-là vaut tous les milliards.
C’est pour cela que je voudrais vous remercier de nous avoir conviés en vous disant notre disponibilité pour offrir notre expérience à votre compétence. On n’a pas besoin d’être nommé ou d’être payé pour servir la nation. Le devoir d’éducation se fait toute la vie. C’est pour cela qu’on parle de formation continue et continuée. Et plus que jamais dans ce système où le maître n’est plus le magistère parce que les sources d’information sont telles que lorsque vous arrivez l’élève qui est studieux croit savoir plus que vous. Mais il ne sait rien car c’est une illusion. Il faut lui montrer quel est l’essence de ce qu’il croit savoir. Parce que si vous parlez de Platon et qu’il croit savoir tout de Platon, il ne sait pas dans quel contexte philosophique Platon a élaboré sa philosophie. Donc vous avez un métier difficile. Mais c’est un métier qui est passionnant. C’est un métier de devoir. C’est un métier de vouloir. C’est un métier de pouvoir mais avec la saine autorité et non par la dictature. Je voudrais vous remercier de nous avoir conviés à ce sublime déjeuner des dieux. Et comme je le dis toujours : au déjeuner des dieux, il faut savoir quitter la table.
Je vous remercie.  

 
Notre commentaire
 
Vous avez parfaitement raison, Paul Akoto Yao, la vieillesse n’excuse rien. Mais c’est vrai aussi que parfois elle empêche de faire ce qu’on devrait. C’est ce que regrettait don Diègue, qui, sagement, s’en remit à son fils – qui n’était pas encore le Cid – quand il eut à se venger de don Gormaz qui l’avait insulté. Vous faites un autre contresens quand vous rapprochez la boutade de De Gaulle à propos du traitre Pétain des vers que Corneille a mis dans la bouche de son vieil Espagnol, sans préciser qui sont ces deux personnages. Que don Diègue n’est pas un de ces hommes qui aiment mieux vivre couchés que mourir debout, et que vous admirez tant. Que ce n’est pas la vieillesse de Pétain qui explique sa politique de collaboration avec l’occupant hitlérien mais une hostilité, pour ainsi dire consubstantielle, à la forme républicaine de l’Etat. C’est donc un cas qui corrobore la parole de l’Evangile à laquelle vous faites allusion, du moins en partie : il n’est pas certain qu’on se bonifie en vieillissant, mais il est vrai qu’on reste toute sa vie, fondamentalement, la même personne. A preuve, votre propre cas. Ce n’est évidemment pas l’âge que vous avez aujourd’hui, mais votre longue macération dans l’houphouétisme qui explique l’incroyable flagornerie à laquelle vous vous êtes livré devant cette femme que vous semblez idolâtrer. Tout ce que vous en dites prouve seulement qu’en bon disciple d’Houphouët que vous êtes, vous vivez toujours dans l’espèce de mauvais conte de fée que fut le règne de votre maître. Cette femme, vous prétendez la connaître mais, de toute évidence, vous ne savez rien d’elle. Et c’est pourquoi vous croyez voir la sage et lumineuse Aspasie là où tant d’autres n’ont jamais vu qu’une Thaïs. C’est seulement parce que vous nagez toujours dans cet univers d’illusions et de faux-semblants que vous voyez les choses ainsi. Un univers où vous n’avez pas cessé de nager depuis que, frais émoulu de l’université, vous vous êtes laissé entraîner par Houphouët dans le sillage de sa trahison. Réveillez-vous !
 
Marcel Amondji
 

jeudi 19 mars 2015

Le bêtisier ouattariste (suite)


« Une petite tête bien faite »
Aujourd’hui, avec la complicité (involontaire) du « Nouveau Réveil » – une fois n’est pas coutume ! –, nous y accueillons l’atrabilaire Kobenan Kouassi Adjoumani, leur « ministre des Ressources animales et halieutiques », pour cette mise au point qui à la fois montre très exactement ce qu’il est et confirme qu’il est vraiment à sa place dans ce régime des ...« FRères CIssé » :
 
« Ce n’est pas parce que souvent, on parle et qu’on adapte nos propos à la conscience de ceux qui nous écoutent, qu’on croit que nous n’avons pas fait des études. Figurez-vous que quelqu’un qui va à l’école, 5 après le bac, il est ingénieur. Moi, après le Bac, j’ai fait 5 ans d’études universitaires, et depuis la 6ème jusqu’au CAPES, je n’ai jamais doublé. Et on va me dire : "petit professeur de CEG" ? Je tiens à rectifier cela pour que la prochaine fois, on ne le dise plus. La prochaine fois, si vous voulez, je vais vous donner mes diplômes. Pour vous dire que moi aussi, je suis une petite tête bien faite ». Et de préciser : « Je suis professeur certifié de Lettres Modernes. J’ai eu deux licences, une en linguistique et l’autre en Lettres Modernes ».
 
Mais diantre, qui a osé penser un seul instant le contraire ? Nous savions déjà que M. Adjoumani était enseignant au Lycée de Dabou. Ce qui est nouveau et troublant, c’est d’insinuer que des gens douteraient que l’auteur des propos ait fait des études.
Voilà qui est clair. Le ministre Adjoumani a fait des études. 

D'après Donacien K. DAPA
(« Adjoumani justifie son niveau d’études : "moi, petit professeur de CEG ?" », in « Le Nouveau Réveil » 18 mars 2015, mis en ligne par connectionivoirienne.net 18 mars 2015).

mardi 3 février 2015

Le Bêtisier ouattariste (suite)

Aujourd’hui, la parole à l’adipeuse Anne-Désirée Ouloto, leur ministre de la Solidarité, de la Famille, de la Femme et de l'Enfant :
 
« Il nous faut d'abord comprendre la psychologie des auteurs qui s'adonnent à ces actes (...). Nous devons travailler dans le cadre d'une stratégie. C'est-à-dire, opter pour une approche à même de bâtir une stratégie cohérente, inclusive à court, à moyen et à long termes. Pour cela, il nous faut écouter des experts en la matière. »

En vertu de quoi elle aurait « [proposé], pour les jours à venir, la tenue
A.D. Ouloto
d'une table ronde avec leurs partenaires techniques et des experts en vue d'élaborer la stratégie de lutte"
 [et recommandé], « entre autres, que les comportements changent à tous les niveaux afin de faire face à cette situation préoccupante. Elle projette la gestion durable de la question, des rencontres avec les responsables des collectivités locales afin de susciter la création des aires de jeu et des espaces de loisir pour les enfants et les adolescents. »
(D’après Le Nouveau Réveil 3 février 2015). 

 L’histoire ne dit pas si madame la ministre a aussi invité « les auteurs qui s’adonnent à ces actes » à siéger autour de sa table ronde. Sinon elle devrait... Car, d’après un fameux précédent qui eut lieu en 2003, à Linas-Marcoussis, près de Paris, c’est quand on mélange les assassins avec leurs victimes que le ouattarisme, dont elle est l’une des égéries, a les meilleures chances de prospérer. 

lundi 16 juin 2014

Le bêtisier ultralibéral et xénophile

Aujourd’hui, la palme à Mamadou Koulibaly pour cette audacieuse affirmation : « La terre de Côte d’Ivoire, il faut la rendre à son propriétaire et ce propriétaire n’est rien d’autre que le propriétaire coutumier, qu’il soit ivoirien ou étranger ».
(D’après L. Barro - L’intelligent d’Abidjan 8 mai 2014) 

NOTRE COMMENTAIRE 

Ainsi donc, pour Mamadou Koulibaly, il y aurait en Côte d’Ivoire des étrangers « propriétaires coutumiers » ! Et dire que ce type est un économiste donc, quelque part, un juriste ; que c’est un homme d’Etat puisqu’il a été membre du gouvernement et même président du corps législatif… Mais a-t-il réellement été tout cela ou, mes chers compatriotes, avons-nous seulement rêvé qu’il l’était ?
 
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Je n’oublierai jamais un incident qui faillit me brouiller avec mon frère aîné lors de l’un de mes rares retours dans mon village natal depuis que je le quittai, au tout début des années 1940, pour la ville voisine où j’allais commencer l’école. C’était pendant l’été 2002… Je connaissais déjà Mamadou Koulibaly pour avoir lu son maître-livre, « Le libéralisme Nouveau départ pour l’Afrique noire » – préfacé par Jacques Garello, son gourou –, et le moins qu’on puisse dire c’est que je ne pensais pas beaucoup de bien de l’auteur ni du personnage. C’était l’époque où le sémillant professeur d’économie inondait la presse FPI de sa prose aussi abondante que vide de réelle substance. Un matin, je trouvai mon grand frère en train de lire Le Nouvel Horizon, un hebdomadaire « bleu » aujourd’hui disparu, consacré presque tout entier cette semaine-là à un article fleuve de l’éminent théoricien de la vacuité… J’eus un réflexe idiot : « En voilà un qui gagnerait beaucoup à se taire ! », dis-je en m’adressant à moi-même, mais tout haut ou presque, de sorte que mon frère ne pouvait pas ne pas m’avoir entendu… Oh ce regard réprobateur qu’il me lança ! Notre langue possède un mot bref, qui se prononce sur un ton impérieux, et qui sert à faire ravaler à l’insolent ce qu’il vient d’oser dire publiquement : Swê !… Mon frère ne prononça pas le mot, mais je le lus dans son regard. Je compris que de son point de vue je venais de commettre un sacrilège, et je le regrettai aussitôt.

A vrai dire, ce que j’ai regretté, ce n’était pas d’avoir dit ce que je pensais de Mamadou Koulibaly, mais d’avoir fait de la peine à mon frère en « piétinant » son idole. Quant à Mamadou Koulibaly, à partir de ce jour-là, je l’ai détesté encore plus pour toutes les dupes qu’il avait déjà faites et pour toutes celles qu’il continuerait de faire ; et, surtout, pour avoir failli me brouiller avec mon grand frère…

Remarquez, aujourd’hui, depuis qu’a commencé sa dégringolade civique et qu'il n’en finit plus de choir, j’en suis à me demander si ce type n’est pas bien plus à plaindre qu’à blâmer. 


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Tout de même… Des étrangers propriétaires terriens coutumiers ! Et de quelle coutume s’agirait-il alors ? La leur, celle qu’ils auraient donc transportée avec eux depuis leur pays d’origine ? Ou bien celle des naturels de telle région de Côte d’Ivoire où ils se seraient installés ? Et, dans l’un ou l’autre cas, de quel statut, ou de quelle légitimité, ces étrangers pourraient-ils se prévaloir ?
Et, à supposer que cela puisse exister, quelles en seraient les conséquences pour leurs « hôtes » ou leurs « tuteurs », comme on a malheureusement pris l’habitude de désigner les autochtones qu’on spoliait ainsi avec la complicité d'une administration fantoche ? En fait, des étrangers « propriétaires coutumiers » ne sauraient être légitimes qu’à une seule condition : c’est que les autochtones sur les terres desquels ils se seraient établis cessent, eux, de l’être. Car il ne peut pas y avoir deux souverains pour un même territoire. C’est le principe qui fonde le droit de conquête. L’étranger capable de s’arroger la propriété d’un territoire donné au détriment des autochtones, cela s’appelle non pas un « propriétaire coutumier », mais un conquérant.
« Conquérant » ! Ce mot me rappelle le fameux discours de feu Lamine Diabaté à Odienné un jour de 1995, et spécialement ce moment extraordinaire où il s’écriait : « Nos grands-pères n’ont pas eu peur de prendre cette région avec les fusils et la poudre. Nous ne voulons plus de ces gens parce que le PDCI nous manque de respect, nous méprise et ne nous considère pas. Ils nous ont traités comme des animaux. Parce que nous votions pour Houphouët, ils nous ont pris pour des ignorants. Ils ont organisé une campagne de dénigrement : ils ont injurié Alassane, son père, sa mère et nous. Mais ils ne nous connaissent pas. Parce que c’est avec des fusils et des balles que nos grands-parents ont conquis cette terre. Ils ne nous font pas peur. Ils ont dit que nous ne serions plus rien dans ce pays. Ensuite ils ont renvoyé 267 de nos cadres. Ils ne veulent plus entendre l’appel du Muezzin de la mosquée pour la prière. Ils ne veulent pas de l’Islam et des musulmans ».
Il est certes vrai qu’un certain nombre de nos compatriotes, notamment ceux qui ont leurs racines dans les régions septentrionales, descendent de gens que les Français avaient armés et entraînés en vue de s’en faire une armée d’invasion, mais de là à parler de ces gens-là comme si c’étaient eux qui ont conquis les territoires qui furent réunis en 1893 sous l’appellation de « colonie de la Côte d’Ivoire », et comme s’ils les avaient conquis pour eux-mêmes et de leur propre initiative, c’est tout de même aller un peu loin dans la mauvaise foi ou dans la bêtise !
Il suffit de lire Magne, Binger, Mangin ou Baratier pour comprendre que, dans cette histoire et aux yeux des véritables conquérants, les Français, tous les peuples aujourd’hui réunis à l’intérieur des frontières de l’État de Côte d’Ivoire étaient logés à la même enseigne, et que depuis que les Français ont évincé Ahmadou, Ba Bemba, Samory Touré et d’autres, aucun de ces peuples n’a pris le pays d'un autre « avec les fusils et la poudre ». Encore cette affaire des Ahmadou, Ba Bemba et Samory Touré, c’était entre gens du nord, entre musulmans… Et en plus ça n’avait rien à voir avec l’immense majorité des peuples actuels de la Côte d’Ivoire, qu’ils soient enracinés au nord, à l’est, au sud, au centre ou à l’ouest ; et qu’ils soient musulmans ou autre chose… Cela doit être dit haut et fort, afin que nul ne puisse plus jamais se laisser aller à raconter que sa légitimité à se dire Ivoirien et à jouir des droits et libertés attachés à cette qualité relève de quelque chose comme un droit de conquête.
Cela dit, dans chacune de nos régions, les seules personnes qui peuvent légitimement se considérer comme propriétaires terriens sont les autochtones, c’est-à-dire ceux qui y ont toutes leurs tombes, et ce en vertu du droit des gens. Du moins, tant que les codes fonciers continueront d’être considérés par leurs propres auteurs comme des chiffons de papier impossibles à mettre en pratique, il doit en être ainsi, sinon c’est la porte ouverte à toutes les spoliations et aux conflits qu’elles généreront fatalement.
Par « droit des gens » j’entends, ici, l’ensemble des coutumes de nos différents peuples originels. Ces coutumes sont toujours en vigueur, toujours respectées dans toutes nos régions. En 1998, lors de la campagne de préparation de notre dernier code foncier, adopté par les députés mais qui attend toujours d’être mis en application, il est apparu que, s’agissant de la propriété de la terre, la règle était la même partout quoique découlant partout de coutumes particulières : « la terre est prêtée mais pas vendue » ! (Voir annexes)
On s’attendrait donc à ce qu’un homme politique qui se respecte et qui respecte ses concitoyens raisonne non pas à partir de ses préjugés doctrinaux – surtout quand ces préjugés sont si évidemment inspirés par des gens qui ne nous ont jamais voulu du bien –, mais en tenant scrupuleusement compte de la volonté unanime et clairement exprimée des Ivoiriens. Mais je ne veux pas ici avoir l’air d’accuser le seul président de LIDER. Car on pourrait en dire autant de toutes nos gloires politiques en remontant même très loin dans notre jeune histoire nationale. Beaucoup n’ont été, beaucoup encore ne sont, que les perroquets d’idéologues occidentaux dont le métier est semble-t-il de penser à notre place.
« La terre de Côte d’Ivoire, il faut la rendre à son propriétaire et ce propriétaire n’est rien d’autre que le propriétaire coutumier, qu’il soit ivoirien ou étranger »… j’imagine que cet audacieux oxymoron koulibalyen a rempli de joie tous ceux qui, depuis 1998, nous accablent du grief de xénophobie parce que, justement inquiets du constant grignotage de notre souveraineté et de nos droits naturels les plus élémentaires par toutes sortes de gens venus d’ailleurs – un ailleurs qui ne se limite pas aux seuls pays situés juste de l’autre côté de nos frontières mais s’étend bien au-delà, jusqu’à l’Europe et jusqu’au Levant –, avec la bénédiction de la soi-disant « communauté internationale », nous avons voulu y mettre un terme par une loi foncière destinée à nous protéger, sans la moindre volonté de nuire à nos hôtes tant qu’ils ne prétendent pas légiférer à notre place, chez nous ! 

Marcel Amondji 

 
ANNEXES
 
1. Les populations de Korhogo & le code foncier
LA TERRE EST PRÊTÉE MAIS PAS VENDUE
Fraternité Matin 4 août 1998
 
Malgré la grande migration des populations à travers le pays, malgré l'avancée démographique, malgré la pression accrue au niveau de l'occupation des terres, malgré ses performances agricoles reconnues de tous, le développement de la Côte d'Ivoire ne repose pas encore sur une législation foncière digne de ce nom. Les récents événements survenus dans les régions de l'Ouest et du Sud-Ouest ont amené le gouvernement à se pencher sur le problème foncier rural. Il vient, à ce sujet, de déposer un projet de loi sur la table de l'Assemblée nationale.
C'est donc pour informer les populations et recueillir leurs préoccupations en vue d'un meilleur débat sur ce projet qu'une délégation de parlementaires […] a rencontré, le 28 juillet, au centre culturel de Korhogo, les populations des départements de Korhogo et de Ferké. Pour orienter les débats après cette déclaration préliminaire, le parlementaire a invité son auditoire à répondre à cinq questions fondamentales : Qui est propriétaire de la terre en pays Sénoufo ? Comment se fait l'attribution ou la cession de la terre ? Dans quelles conditions se font-elles ? Y a-t-il des litiges fonciers et qui sont les protagonistes ? Les règles traditionnelles de règlement des litiges sont-elles respectées ?
[…]
Les peuples sénoufo sont unanimes. En matière de réglementation foncière, il y a le chef de canton ou le chef de village et les propriétaires terriens. Les premiers peuvent être propriétaires terriens aussi sans avoir la mainmise sur l'ensemble des terres qu'ils gèrent cependant. En cas d'attribution, le demandeur, à la demande du chef, choisit la portion qui lui convient et en informe le chef. Celui-ci convoque les notables et les propriétaires qui décident. En pays sénoufo, la terre est prêtée pour une durée illimitée pour qu'on y cultive du vivrier et non des cultures de rente (anacardiers, manguiers…), mais la terre n'est jamais vendue. Heureux pays sénoufo qui ne connaît pas de conflits fonciers entre allogènes et autochtones ! Les protagonistes sont des Sénoufo. Et les sources de conflits relevées sont : l'occupation abusive ou illicite des terres demandées ou la culture d'arbres fruitiers plutôt que du vivrier et le non-respect des réglementations traditionnelles en vigueur, car, avec le pouvoir de l'argent, certains nantis se sont appropriés des terres sans observer la tradition. C'est l'exemple de cet instituteur à la retraite, M. Soro Kolo Jules de la sous-préfecture de Dikodougou, qui se trouve aujourd'hui opposé à son expropriateur vivant en Arabie Saoudite. Mais, ont ajouté les intervenants, le règlement de ces litiges est surtout devenu difficile du fait de l'amoindrissement du pouvoir des chefs traditionnels. Leur suggestion : renforcer leur pouvoir.
[…]
 
2. Code foncier. Les populations aux parlementaires :
« ON NE VEND PAS LA TERRE CHEZ NOUS »
Fraternité Matin 5 août 1998
 
« On ne vend pas la terre chez nous, toutefois, nous la cédons gracieusement à quiconque en fait la demande et qui la met effectivement en valeur». Cette déclaration de Nanan Kouassi Kouamé, chef du village de Kami et porte-parole du collectif des chefs de villages de Yamoussoukro, est en substance ce que les populations des Régions des lacs ont tenu à dire à la mission parlementaire dans le cadre de la tournée sur la politique foncière.
Que ce soit à Yamoussoukro ou à Tiébissou, les populations ont tenu à dire au président Auguste Miremont et à ses collègues, que la terre, propriété des chefs de tribu ne pouvait souffrir de cession à titre onéreux. Tous les allogènes nationaux et étrangers qui ont reçu des terres et qui les ont mises en valeur, en deviennent de facto les propriétaires sans aucune contrepartie obligatoire.
Pour les populations, les conflits de terre, qui étaient auparavant résolus par les chefs coutumiers, se sont exacerbés par l'absence quasi-totale d'autorité reconnue par l'administration aux chefs. «Rendez aux chefs leur autorité et vous n'entendrez plus parler de conflit lié à la terre» ont souligné les populations.
Autre chose qui tient à cœur aux populations, l'immatriculation des parcelles qui permettra de préserver les droits acquis.
Concernant les Baoulé déplacés par la construction du barrage de Kossou, les populations se sont inquiétées du sort qui leur sera réservé s'ils devaient être expropriés par la nouvelle loi. N'ayant pas été suffisamment dédommagés par l'État, ils se retrouveraient sur la paille en quittant les zones où ils ont investi et leur énergie et leur argent.
Devant toutes ces préoccupations la délégation conduite par M. Auguste Miremont et comprenant le député FPI M. Tchimou Koutouan et d'autres députés PDCI a promis transmettre fidèlement les souhaits des populations afin que la synthèse qui sera faite à l'issue de la tournée permette l'élaboration d'un code foncier juste, qui préserve la paix sociale et qui renforce surtout la cohésion et l'unité nationale.
 
Alhouceine Sylla