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lundi 4 octobre 2021

Relations franco-africaines : De la condescendance à la décadence

 Abidjan 03 octobre 2021, journée dominicale ordinaire, les chrétiens se rendent à l’église afin de nourrir leurs âmes, certains se prélassent encore dans leurs canapés savourant un bon thé devant la télé, on essaie d’accepter dans nos consciences collectives le troisième mandat du Président Alassane Ouattara mais on n'oublie surtout pas le rôle prépondérant joué par la France.

COMPLICES...

La France… ce nom revient de plus en plus souvent ces dernières années quand il s’agit de dénoncer la manipulation de certains chefs d’État africains ; c’est à croire que les Français sont les seuls à avoir colonisé des peuples en Afrique.

Nos grands-parents ont bataillé, lutté au prix de leur sang et vie afin qu’on obtienne l’indépendance pour ainsi prendre en main nos destinées et bâtir nos États. Cependant, 60 ans après cette hypothétique indépendance, l’on se retrouve encore sous le joug de cet envahisseur gourmand et méchant.

Nous sommes aujourd’hui, 60 ans après l'ère des indépendances, conscients de l’éveil des consciences des peuples africains. Conscients que leur domination s’effrite de plus en plus, les envahisseurs réfléchissent à mettre en place, de façon plus subtile cette fois, un genre de néocolonialisme par le biais de la mondialisation, de la coopération, des missions internationales, d’aides humanitaires généreuses et alléchantes.

Mais ne nous trompons pas, c’est un loup couvert d’une peau d’agneau ; un vorace insatiable qui ne demande qu’à être rationné encore et encore au mépris de nos réalités. Vigilance ! vigilance !… Ils reviennent plus fort, plus organisés et plus aguerris. Ils ont érigé des clubs d’amis qui nous donnent à manger lorsqu’ils créent eux-mêmes les conditions de notre appauvrissement. Ils nous donnent des médicaments quand ils créent des pandémies ; ils interviennent militairement pour, disent-ils, protéger les femmes et les enfants pendant des guerres internes dont ils sont à l’origine ; tout ceci dans le seul but de justifier leur présence dans nos différents pays afin d'accomplir leurs sales besognes.

Que de dégâts et désolations ! Ils ravagent tout sur leur passage. Après eux point de vies. Ruines, famines, épidémies, guerres, appauvrissement, terrorisme, manipulations…, leur apanage. Les exemples foisonnent : le Congo, le Rwanda, le Libéria, la Lybie, la Syrie, le Centrafrique, la Somalie, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Burkina Faso, le Niger, le Cameroun et j’en passe.

Si tous les pays susmentionnés ont connu espacement des tensions et des heures sombres de leur histoire du fait de la méchanceté de leurs colonisateurs, il faut dire que la France est pour le moins le maître incontesté de la manipulation de ses « outre-mers ». La France est toujours citée de près ou de loin dans les conflits qui endeuillent les familles des États Africains francophones, à tort ou à travers. Leurs différents agissements en disent long, leurs entêtements à aider les pays africains contre leurs volontés, leurs obstinations s’imposer dans toutes nos affaires comme si nous étions dans une sous-préfecture française.

Il paraît très évident que ces dix dernières années ont été éprouvantes et non favorables pour le positionnement de la France, cependant, l’avenir n’en demeure pas moins prometteur, car il n’y a pas que les Africains qui manifestent le désir de s’en débarrasser. Le 30 août 2021, Paris et Canberra avaient de nouveau « souligné l’importance du programme » qui, confié au français Naval Group, consistait à livrer 12 sous-marins Shortfin Barracuda à la Royal Australian Navy, cependant au grand désarroi des Français, l’Australie a finalement décidé de se rapprocher des États-Unis et de la Grande Bretagne afin, notamment, de se doter de huit sous-marins à propulsion nucléaire.

C’est fort de cela que le Sénat français, parlant des États-Unis, a déclaré que « certains alliés » se « comportent comme des adversaires et non comme des concurrents loyaux ». La semaine dernière encore la ministre française de La Mer déplorait le fait qu’on n'autorisait plus les pêcheurs français d’avoir accès aux Britanniques pour pêcher. A cet effet elle a manifesté sa colère et a même menacé en disant que la France recevait chaque année des nombres pléthoriques d’étudiants britanniques sur leurs sols et qu’ils allaient en tenir rigueur.

Hier ce sont les Maliens qui réceptionnaient quatre hélicoptères militaires venant tout droit de la Russie malgré les menaces et interdictions de leur « partenaire historique », la France. Par ailleurs, consciente de ce que de plus en plus les consciences africaines s’éveillent, consciente que sa domination sur les peuples africains s’effrite au fil du temps, habile et subtile qu’elle est, la France essaie de prendre l’opinion internationale par les sentiments en évoquant et brandissant un argument pour le moins ridicule : le sentiment anti-français.

En effet, lors de manifestations organisées dans plusieurs pays (en République Centrafricaine en 2013, au Sénégal en 2015, au Niger en 2019, au Mali en 2020, etc.), des slogans tels que « À bas la France ! », « France, dégage ! », ont été scandés et le drapeau français a été brûlé.

Alors, dans une interview accordée au Journal du Dimanche (JDD), le Président français Emmanuel Macron a évoqué le sentiment anti-français en Centrafrique : « Ce discours anti-français permet de légitimer une présence de mercenaires prédateurs russes au sommet de l’État avec un Président Touadéra qui est aujourd’hui l’otage du groupe Wagner ».

Au risque d’être long et imperceptible, je m’arrêterai là en invitant « mes frères africains », qui qu’ils soient et où qu’ils soient, à prendre conscience de leur responsabilité vis-à-vis de leurs différentes nations et du potentiel qu’ils ont, en évitant de se laisser manipuler. Quels que soient nos bords politiques, quelles que soient nos appartenances politiques, ayons tous pour priorité la préservation de nos biens publics : nos États. Adoptons des attitudes citoyennes, soyons de bons patriotes et, enfin, aimons-nous car en fin de compte, nous sommes tous des frères.

Djabiga Soro

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Sous cette rubrique, nous vous proposons des documents de provenances diverses et qui ne seront pas nécessairement à l'unisson avec notre ligne éditoriale, pourvu qu'ils soient en rapport avec l'actualité ou l'histoire de la Côte d'Ivoire et des Ivoiriens et que, par leur contenu informatif, ils soient de nature à faciliter la compréhension des causes, des mécanismes et des enjeux de la « crise ivoirienne ».

 

jeudi 24 décembre 2020

L’HEURE EST VENUE DE NOUS DÉLIVRER DE LA FRANCE


Une libre opinion de Siméon Kouadio Konan

« La France ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec l’Amérique. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique, une guerre sans morts… apparemment. Oui, ils sont très durs les Américains, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur le monde. C’est une guerre inconnue, une guerre permanente, sans morts apparemment et pourtant une guerre à mort ». Ces lignes que vous venez de lire sont de François Mitterrand, lignes confiées, en guise de testament politique, au journaliste…, alors qu’il s’apprêtait à tirer sa révérence, après près de 6 décennies de vie politique dont 14 ans à la tête de la république française.

Ce terrible aveu de l’homme d’Etat français reconnu comme étant avec le général De Gaulle un des acteurs majeurs de la Ve république et dont la longévité à la présidence n’a de comparable qu’à celle de Henri IV, de Louis-Philippe et de… Napoléon 1er, en dit long sur la nature prédatrice des relations entre les nations. Dans cette jungle où l’instinct de survie reste l’inamovible directeur de conscience et où les seuls maitres-mots sont domination et hégémonie, les plus forts mangent les plus faibles. Ainsi, comme le lièvre qui se fait manger par le loup après avoir lui-même mangé l’herbe, le monde ressemble à une vaste chaine alimentaire où les pays non développés, les pays africains en général, demeurent les premiers maillons, mangés par les puissances coloniales comme la France, le Royaume Uni… entant que consommateurs primaires, et elles-mêmes, mangées par les super puissances comme les Etats unis, la Chine…entant que consommateurs secondaires. Cette vérité implacable que le Président français a tenu à laisser savoir à ses compatriotes avant de prendre congé de ce monde impitoyable de prédation, n’est que plus vraie pour nos pays, et en particulier pour la Côte d’Ivoire qui subit en ce moment même, nous le proclamons avec foi, les derniers coups de canines de la France, une puissance en déclin qui tente vaille que vaille de résister en s’accrochant, telle une sangsue, à notre pays.

Nul doute que si le temps le lui avait permis, le Président Houphouët-Boigny, cet autre, baobab de la scène politique mondiale et grand sachant de la politique française pour avoir participé à 6 gouvernements successifs sous la IV e et V e république, lui qui ne croyait certainement pas si vrai dire quand il déclarait déjà en 1932, « on nous a trop volés », aurait certainement laissé aux Ivoiriens, à l’instar de son homologue français, ces lignes : « La Côte d’ivoire ne le sait pas, mais nous sommes en guerre avec la France. Oui, une guerre permanente, une guerre vitale, une guerre économique. Oui, ils sont très durs, les Français, ils sont voraces, ils veulent un pouvoir sans partage sur notre pays. C’est une guerre inconnue, une guerre totale et permanente, une guerre à mort ».

Oui chers compatriotes, nous sommes en guerre ; du moins, la France nous fait la guerre. Non contente de faire main basse sur notre économie, la France, depuis une décennie, a décidé de passer le cap et le masque de la subtilité pour s’arroger désormais, ouvertement et de façon outrancière, le droit de nous denier le droit inaliénable qu’à tout peuple de disposer de lui-même et notamment, de choisir, conformément à la Constitution que le peuple s’est souverainement donnée, ses dirigeants. En 2010, alors que conformément à la Constitution, le Conseil Constitutionnel dont le verdict est sans recours avait proclamé un candidat vainqueur, la France s’est crue en droit et en responsabilité de conduire une campagne militaire aérienne pour conclure le coup d’Etat mué en rébellion qui perdurait avec sa bénédiction et son soutien depuis 8 ans, en pilonnant des semaines durant, la résidence du chef d’Etat ivoirien et les installations stratégiques de l’Etat, pour la seule finalité d’installer au pouvoir son choix. Le coût humain de cette folle opération n’a jamais été évoqué. Je vous laisse l’imaginer.

Aujourd’hui encore, elle est là pour soutenir à nouveau, la violation flagrante et le coup de force contre notre Constitution en poussant le mépris, et cela de la bouche même du Président français, jusqu’à y trouver des notions qui lui sont inconnues – une candidature par devoir – oserait-on en France insinuer pareille hérésie vis-à-vis de la constitution de la république française ? Tout de même ! même quand les retombés se chiffrent en des milliers de milliards comme ce marché scandaleux du train urbain d’Abidjan qui passe mystérieusement de 100 milliards de nos francs à 1044 milliards en l’espace de quelques années, pour ne citer que ce cas, on y va avec courtoisie et élégance.

Oui nous sommes en guerre, une guerre permanente et pernicieuse, mais une guerre dont les armes, pour l’essentiel, ne sont pas les missiles et les canons. Les armes de cette guerre, les français les tirent de leur propre histoire, l’histoire de leurs ancêtres les gaulois. Les Gaulois étaient un peuple divisé en tribus. Ils parlaient à peu près la même langue, ou du moins, ils arrivaient à se comprendre. Ils avaient des institutions assez avancées : les tribus élisaient leurs magistrats, disposaient pour la plupart de gouvernements populaires, se réunissaient en Conseils Généraux…

C’est tout cet agencement politique somme toute harmonieux et serein que va chercher à démolir un étranger venu de la péninsule italienne, le proconsul romain Jules César. Il se lance donc à la conquête de la paisible Gaule (l’ancêtre de la France) à travers une guerre qui va durer 7 ans. Mais cette guerre, Jules César va la mener d’une façon bien particulière. Ça sera par la corruption des élites Gauloises. L’historien du 19e siècle, Amédée Thiery, raconte l’ignoble stratagème de Jules César pour arriver à ces fins.

« Depuis le commencement de la guerre, César s’était fait livrer tous les jeunes gaulois distingués par la richesse, la naissance ou le rang de leur famille et il les gardait près de lui, moins comme des auxiliaires que comme des otages. Étudiant à loisir leurs caractères et leurs penchants, il s’appliquait à les corrompre par l’ambition, à les éblouir par la gloire, à étouffer en eux tout sentiment patriotique. De cette pépinière de petits tyrans, sortaient ses instruments les plus dévoués et les traîtres les plus redoutables à la Gaule. Le proconsul les jetait ensuite sur le point où il voulait exciter des orages. Il leur prodiguait l’argent, il leur prêtait au besoin ses soldats, ils préparaient par leurs intrigues chez ses alliés les plus fidèles, une conquête plus facile et en apparence moins odieuse que la conquête à force ouverte. Chaque nation, chaque ville avait son parti romain et son parti national qui s’observaient l’un et l’autre et en venaient souvent aux prises surtout quand il s’agissait de l’élection des principaux magistrats ».

L’homme fort en Côte d’ivoire, c’est la France

Voilà, chers compatriotes Africains, l’arme de la guerre contre nos pays ; l’arme pour l’asservissement de nos peuples. De nos jours cet infâme stratagème s’est renforcé de variantes spirituelles avec les nombreuses loges mystiques d’où nos élites, corrompues jusqu’à la moelle épinière, sortent dénaturées, aliénées, naturalisées à leur nouvelle patrie, la patrie de leurs frères lumières, pour servir et garantir, conformément au serment suprême prêté, en tout temps et en toute circonstance, la cause et les intérêts des maîtres. Vous comprenez maintenant pourquoi au plus fort de la lutte, certaines incompréhensibles et curieuses attitudes peuvent venir sonner le glas de la victoire bien souvent à portée de main. Il se pourrait bien, en effet, qu’au cœur de certaine lutte de libération, soient tapis au nombre des combattants les plus zélés, des combattants qui luttent en réalité pour les intérêts du maître et non pour la cause du peuple. Toutefois, Vous l’aurez aussi compris, du moins, je l’espère, le problème de nos pays n’est pas les petits tyrans corrompus. Le problème, le vrai, c’est le système par lequel nous tient l’homme fort. L’homme fort en Côte d’ivoire, c’est la France, pas la France des peuples que nous aimons bien et qui n’a rien à avoir avec nos malheurs, mais la France de l’oligarchie politique, la France des multinationales et des prédateurs sans foi ni loi.

Oui chers compatriotes, le problème de notre pays comme de tous les pays africains, ce n’est ni les français, ni les tyrans corrompus, il existera toujours des tyrans corrompus aussi longtemps qu’existera le système qui les produit. Le problème, c’est cet odieux système de la Françafrique qui, faisant sienne et usant outrancièrement de l’infâme stratagème de Jules César, nous impose depuis des décennies, la guerre la plus subtile mais la plus destructrice de notre histoire, la guerre contre l’âme de nos peuples, pour assouvir leur honteux dessein : piller et voler nos richesses.

Heureusement, la vie a ceci de merveilleux que quelle que soit sa charge négative, toute situation comporte toujours un aspect positif. Ici, la même source qui nous a servi le venin en a prodigué l’antidote. Ainsi, la même histoire nous enseigne qu’en 52 avant Jésus Christ, un jeune chef Averne parvient à rassembler les petites gens, des gens sans grades mais ayant encore en eux l’amour de la patrie et leur affirme que l’heure est arrivée de se délivrer des Romains. Toutes les cités gauloises répondent à son appel et lui remettent le commandement de la guerre. Et même s’il se fera prendre plus tard. Le désormais Vercingétorix, entendez le chef suprême des sans « tête », réussit à réunir les tribus gauloises, à battre les romains et à redonner sa fierté et sa liberté au peuple gaulois.

Voilà les armes défensives, voilà les armes de la victoire pour la délivrance de nos peuples. Elles sont spirituelles car, ne l’oubliez pas, c’est une guerre contre l’âme qui nous est faite. C’est pourquoi, c’est spirituellement que nous ripostons. Nos armes ont pour noms la crainte de Dieu, la foi agissante, la ferme résolution, l’amour de la patrie, la vertu, l’incorruptibilité, l’intégrité, l’union et la détermination.

La question, y a-t-il en Côte-d’Ivoire et dans chaque pays africain un Vercingétorix ? Y a-t-il encore en Côte-d’Ivoire et dans nos pays africains des hommes et des femmes vertueux, ayant encore l’amour de la patrie, craignant Dieu, des hommes intègres et ennemis de la cupidité ?

Chers compatriotes, l’heure est venue de couper le cordon ombilical et de rompre avec ce perfide système dans lequel le peuple n’a de pouvoir que de donner le pouvoir et par lequel le colon continue de nous gouverner à travers ses « tyrans corrompus » imposés au peuple. L’heure est venue de nous approprier tous les leviers de notre souveraineté en retournant à la vraie démocratie, celle conforme à nos valeurs culturelles et dans laquelle le gouvernement du peuple est assuré par le peuple et pour le peuple. L’heure est venue de mettre un terme définitif à la Françafrique.

L’HEURE EST VENUE DE NOUS DELIVRER DE LA FRANCE.

Vive l’Afrique, libre, unie et rayonnante dans le monde.

Vive la Côte d’Ivoire, libre, souveraine et prospère sous la puissante main de l’Éternel.

Dieu est AMOUR.

Abidjan, le 21 Décembre 2020

Siméon Kouadio Konan dit KKS

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Sous cette rubrique, nous vous proposons des documents de provenance diverses et qui ne seront pas nécessairement à l’unisson avec notre ligne éditoriale, pourvu qu’ils soient en rapport avec l’actualité ou l’histoire de la Côte d’Ivoire et des Ivoiriens, et aussi que par leur contenu informatif ils soient de nature à faciliter la compréhension des causes, des mécanismes et des enjeux de la « crise ivoirienne ».

Source : https://www.connectionivoirienne.net 21 décembre 2020

mardi 18 août 2020

Pascal Affi N’Guessan : « Alassane Ouattara, il est encore temps de renoncer ! »

Au pays des aveugles, le borgne n’est-il pas roi ?

Pascal Affi N’Guessan a ouvert une tribune dans laquelle il s’est prononcé sur l’actualité politique. Le président du Front populaire ivoirien (FPI) attire l’attention d’Alassane Ouattara sur sa candidature à l’élection présidentielle. Selon Pascal Affi, cette candidature est porteuse de conflits et invite Ouattara à y renoncer.

En 2020, dans notre cher pays, des marches pacifiques sont réprimées dans le sang. Face à ces violences, face à cette insulte faite à la liberté d’expression, j’éprouve une colère infinie. Je m’incline devant les familles endeuillées. Ma colère est en réalité à la mesure du risque que court une fois encore la Côte d’Ivoire, celui d’une nouvelle déflagration, d’un retour brutal à ces années de déchirements, ces années de feu, ces années de haine encore dans toutes nos mémoires.

Oui, le risque est désormais tangible. Risque d’une exacerbation des tensions sur fond d’ethnicisation mortifère, risque de déstabilisation de notre pays dans un contexte sous-régional éminemment inflammable. Personne ne le souhaite, je ne le souhaite pas, convaincu depuis toujours que les alternances doivent s’arracher dans les urnes. C’est le fondement de mon engagement politique.

La responsabilité de ce risque incombe à un seul homme, le président sortant. Ce samedi 22 août, Alassane Ouattara devrait être investi candidat du RHDP, ou plutôt ce qu’il en reste, le RDR, à l’élection présidentielle. Arrivé au pouvoir il y a dix ans avec la bénédiction des grandes puissances, il démontrera une fois encore cette imposture démocratique que nous n’avons cessé de dénoncer. Il foulera aux pieds la constitution dont il est le garant, reniera sa propre parole et donnera à la face du monde l’image d’un pays en totale régression. Viendra pour lui le temps du déshonneur !

Cette candidature est à l’image de ses dix années de gouvernance : une grossière mystification. Dix ans d’occasions ratées et de dévoiement de notre loi fondamentale. Parce qu’il était le produit d’institutions internationales prestigieuses, il s’est longtemps abrité derrière cette façade pour revêtir le masque d’un démocrate aimable et policé.

En piétinant notre constitution, il prouve qu’être un technocrate zélé ne vous transforme pas en homme d’Etat. Le leadership nécessite des qualités d’âme qui impliquent de savoir effacer les intérêts d’un clan au profit de l’intérêt général. Le leadership, ce n’est pas l’exacerbation des différences, mais la construction de l’unité à travers la réconciliation. Le sort tragique réservé à Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé et tant d’autres nous a alertés dès l’origine sur la réalité de cette présidence.

En dix années de pouvoir, Alassane Ouattara n’a hélas rien appris. Il n’a pas appris qu’une candidature au pouvoir suprême ne peut s’inscrire dans une seule volonté de revanche ou dans la peur de lendemains qui déchantent mais doit répondre à la volonté de servir. Servir et non se servir car le pouvoir n’est pas une entreprise d’enrichissement personnel d’un homme et d’un clan mais le service du peuple.

En dix années de pouvoir, il n’a pas appris que le temps du pouvoir n’est pas infini et qu’il faut savoir céder la place et passer le relai. Il n’a pas appris qu’une élection peut se gagner ou se perdre et qu’elle doit se jouer sur le terrain des idées et des projets, en toute loyauté.

Parce qu’il n’a pas su construire cette démocratie mature et exemplaire qu’il avait promise au monde, Alassane Ouattara semble aujourd’hui acculé, retranché dans une tour d’ivoire, prisonnier des siens. C’est pourquoi je demande solennellement aux grandes puissances qui l’applaudissaient le 5 mars dernier d’être à nos côtés pour contrer sa volonté de trucage, sa tentation de tripatouillage des opérations électorales.

Nos compatriotes sont las de ces crises pré-électorales, électorales, post-électorales récurrentes qui charrient leur lot de deuils et d’irrémédiables douleurs. Leur fatigue est immense, leur soif d’alternance aussi, une alternance tranquille au service d’une démocratie apaisée et inclusive.

Cette candidature est porteuse de conflits, je ne ferai pas l’injure à Alassane Ouattara d’imaginer qu’il n’en a pas pleinement conscience. Alors, je lui demande instamment de faire preuve d’esprit de responsabilité. Si ce n’est pour notre pays, qu’il le fasse pour son image personnelle … Il est encore temps de renoncer !

Pascal Affi N’Guessan, Ancien Premier Ministre de Côte d’Ivoire, Candidat du Front Populaire Ivoirien à I’élection présidentielle;

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Source : https://www.afriksoir.net 17 août 2020

mercredi 27 novembre 2019

Steve Beko : « recevoir Bédié, Soro,… c’est bien, mais le plus important reste de rassembler sa famille politique »


L’activiste Steve Beko a salué ce lundi 25 novembre 2019 la rencontre Soro et Blé Goudé, à La Haye, avant d’appeler les GOR au rassemblement pour 2020.

Steve Beko
La réconciliation (laquelle même ?), c’est bien et il faut la saluer de toutes nos forces. Se retrouver avec des adversaires (ennemis) d’hier au nom de la paix c’est même très bien. Les rencontres de haut niveau entre les leaders, c’est encourageant.
Mais entre temps, il y a une partie de la population qui a été humiliée, ostracisée, bâillonnée, méprisée au nom de l’amour qu’elle portait à ses leaders et à sa croyance en un renouveau démocratique et souverainiste. Des personnes ont craché sur des tentatives de corruption et d’achat de conscience afin de rester fidèles au combat.
Il faut tenir compte de leur ressenti lorsqu’elles voient leur bourreau d’hier avec leur leader. Danser ensemble dans les meetings et autres, c’est très bien. D’ailleurs la recrudescence des danses m’énerve actuellement. Mais Il faut savoir qu’en sous cape, les bourreaux d’hier disent en riant : « ceux pour qui tu me combattais hier, je suis avec eux aujourd’hui ».
Quand on a traversé tout cela, la paix doit se faire de façon pédagogique. Il faut prendre le temps d’expliquer sa démarche afin de la faire comprendre et adopter. À défaut, l’on donnera l’impression d’être dans une démarche purement personnelle donc égoïste.
Recevoir Bédié, Soro et je ne sais qui d’autre, c’est bien mais le plus important actuellement reste de rassembler SA FAMILLE POLITIQUE pour préparer les échéances à venir. Nous refusons d’être les escaliers que vont emprunter ceux qui sont la cause de nos malheurs pour atteindre leurs nouveaux objectifs.
Pour ceux qui comprennent difficilement, je vais résumer : se retrouver avec les autres, c’est bien. Se retrouver entre nous d’abord, c’est mieux. Sinon, demain, chacun va prendre sa route.
Je ne demande à personne d’être d’accord avec moi. Ma conscience me suffit pleinement.
C’est mon avis…

Steve Beko

 

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Source : https://www.yeclo.com

samedi 28 septembre 2019

Visite d’Etat de Ouattara : Les rues de Dimbokro sont presque vides. Le chef de l'Etat boycotté


« Mon oncle Kpandry Kouadjo de Dimbokro, il deviendra subitement riche. Parce qu'il dit avoir étudié avec Ouattara. Ouattara lui donnera assez d'argent », affirme un de ses parents sur les réseaux sociaux.
Selon le communiqué émanant de la Présidence : « cette visite sera pour lui l’occasion de se souvenir de son séjour et de son enfance dans cette ville, de ses parents encore présents, mais aussi de ceux qui, malheureusement, ne sont plus de ce monde. Il a ajouté qu’elle sera également l’occasion de faire de fortes annonces pour le Département de Dimbokro et pour la Région du N’ZI ». Selon les reporters, la foule était plutôt clairsemée, malgré l'obligation faite aux enfants des écoles et leurs professeurs d’être au bord de la route pour acclamer leur rédempteur.
Dommage que l'obligation faite aux enfants d'aujourd'hui ne se soit pas appliquée aux vétérans copains de classe qui avaient usé les bancs de classe avec leur copain Ouattara.
Sa blonde moitié Dominique était aussi de la partie, mais arrivée seulement en fin d'après-midi « aux alentours de 16h à Dimbokro ». C'était probablement pour rallonger le montant de la facture des déplacements déductibles de la pluie de 45 milliards promis à Dimbokro en 2010 lors de la campagne présidentielle, la première...
Mais chose plus curieuse pour un homme natif de la région du N'Zi, le président Ouattara en visite dans son propre pays natal aurait selon les journaux déployé 3332 soldats des Forces armées de Côte d’Ivoire pour assurer sa sécurité. 224 véhicules toutes catégories sont sensés patrouiller et surveiller les axes routiers que doit emprunter le demi dieu Président et économiste de son état.
Comme il n'est pas Dozo de naissance, les gri-gri ne sont pas suffisants pour le protéger des Gors (!) où autres malfaisants, de type rebelles non rémunérés et non recyclés...
Sur les photos nous n'avons pas vu le petit juge Epiphane Zoro Bi-Ballo, c'est pourtant lui qui depuis la même ville avait signé l'acte permettant à Ouattara de se dire natif de Dimbokro. Ses nouvelles fonctions de secrétaire d'état l'ont certainement amené jusque-là, puisqu'il y avait un conseil des ministre décentralisé; mais ne lui permettent probablement pas de perdre du temps en déplacements de style « papamobile ».
Et pourtant, il semble bien que les courtisans ministres soient obligés de suivre leur économiste ravitailleur partout. Il suffit de voir comme ils sont au garde à vous à l'aéroport quand il part et revient de l'étranger...

Par Shlomit Abel

Source : Ivoirebusiness 26 Septembre 2019.

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mercredi 4 septembre 2019

Une vue cavalière de l’histoire de la crise du FPI par Sylvain N’Guessan. À méditer…


Une histoire, un drame, celui du Clan Gbagbo. Pour qui suit l’histoire du FPI depuis 1990, on peut se permettre diverses interprétations de la crise au FPI.
Ce parti a diverses faiblesses dont une certaine anarchie depuis le congrès de 1996 qui a consacré la FIN du débat idéologique au profit du culte de la personnalité. Une autre faiblesse : dans l’imaginaire collectif des cadres de la première génération et la suivante, « si Gbagbo est devenu président, pourquoi pas moi ? ».
Quand l’opposant Gbagbo apparait officiellement sur le champ politique ivoirien, bousculant au passage le vieux Houphouët, son dauphin constitutionnel, son Premier ministre, toute la monarchie foncière, mercantiliste du PDCI et ses démembrements, l’on aperçoit certains visages qui font figure de piliers fondamentaux, les indéboulonnables.  Ce sont : Messieurs Boga Doudou, Aboudramane Sangaré, Ouraga Obou, Ahoua Donmello, Lida Kouassi Moïse, Bohoun Bouabré, Affi N’Guessan, Placide Zoungrana, Molle Molle, Mmes Guéi Valère, Simone Gbagbo… Messieurs Memel-Fotè et Barthélémy Kotchi avaient déjà un certain âge. Plus tard viendra le Professeur Mamadou Koulibaly.

Sangaré, Boga et Simone…
Les camarades Sangaré, Boga et Simone faisant UN avec Gbagbo, seront en vue Donmello, Affi, Lida et Koulibaly. Déjà, la guerre des héritiers connait un début lorsque le président Gbagbo laisse Koulibaly piloter la rédaction du nouveau projet de société qui bascule à 360 degrés du premier.
Le FPI se taille un programme libéral que combattent Donmello and Co. Alors que Lida, Affi et Koulibaly semblaient attendre leur heure, Ahoua Donmello essaie d’ajuster les pouvoirs de Gbagbo himself. A Affi (son cousin d’Akakro), il sera remis le sabre pour le ramener au plus bas de l’échelle. Ainsi va naitre La Renaissance.
Le président Koulibaly claque la porte et rentre à Abidjan. Le premier ministre Affi reste à Marcoussis pour parapher l’Accord. Le FPI ne s’en remettra jamais. Koulibaly est ovationné par la « ruecratie » conduite par un certain Charles Blé Goudé. Koulibaly apparait comme le SEUL capable de garder le temple en l’absence du Maitre. Affi apparait comme le traitre, le nouveau Judas. Le président Gbagbo prend acte.
Affi perd son poste de Premier ministre au nom de l’Accord de Marcoussis… Il lui reste entre les mains la présidence du FPI. Quand éclate la crise post-électorale, une sombre histoire a éloigné les présidents Koulibaly de Gbagbo. Quand éclate la crise post-électorale, une sombre histoire a éloigné les présidents Koulibaly de Gbagbo. La gestion de la rébellion aura grillé tous les potentiels héritiers du président Gbagbo.
Un nouveau visage est dorénavant au-devant de la scène : le ministre Tagro. Le ministre Bohoun a finalement perdu son poste ministériel après être passé au Plan. Parmi les 5 potentiels héritiers de la Maison Gbagbo, Ahoua Donmello, sauvé in extremis, devient le ministre des Infrastructures économiques, porte-parole du gouvernement.
Alors que TOUT Abidjan se vide, il est aperçu dans le bunker, juste quelques heures avant le moment fatidique. Des souvenirs qui comptent… Le FPI perd la guerre. Tous ses cadres sont arrêtés ou en exil. Seul Koulibaly est libre de ses mouvements.
Devenu président (par intérim) du FPI, il a maille à partir avec sa famille politique. Le Professeur Koulibaly claque la porte et crée LIDER, un parti prônant les valeurs de l’Ecole de Chicago après avoir été la seconde personnalité d’un parti de gauche.
Plus tard, Affi est libéré. Il prend le contrôle du FPI, essaie de lui donner une nouvelle orientation (la parabole du cercueil sur lequel s’agrippent les orphelins et la veuve). Sangaré, le gardien du temple, s’y oppose. Deux tendances voient le jour : une conduite par Affi N’guessan ; l’autre par Sangaré.

Le ministre Bouhoun rend l’âme. Ahoua Donmello se promène de capitale en capitale, manquant de peu d’être extradé depuis le Cameroun. Le ministre Lida, arrêté en exil, est extradé avant de bénéficier d’une amnistie ; comme la Camarade Simone. Elle est tout de même empêchée de décider de l’Avenir du FPI.
Puis arrive la date du 22 mars 2019. Parti rencontrer le président Gbagbo en liberté sous conditions à Bruxelles, Affi en est empêché. Les communiqués fusent des 2 camps. Affi décide d’animer une conférence de presse. Il s’attaque VERTEMENT au président Gbagbo. Des valeurs sûres de son Clan trouvent qu’il a franchi a ligne rouge. Les démissions débutent.
Signalons que le Professeur Barthélémy Kotchy a pris ses distances depuis belle lurette. Le Professeur Memel-Fotè n’est plus. Le premier Cercle, qui semblait pouvoir faire fléchir le Camarade Laurent, a disparu. Le Comité de contrôle n’est plus que l’ombre de lui-même depuis le congrès de 1996.
Le FPI s’identifie de plus en plus à une seule personne : le président Gbagbo, qui a décidé de reprendre SA chose. Affi ne peut tenir dans ce bras de fer. C’est une question de mois ; peut-être d’années. D’ici là, la Côte d’Ivoire attend TOUJOURS une vraie opposition qui puisse servir de contrepoids à l’actuel exécutif.

En attendant le Kairos
Ces 4 cadres auront d’ailleurs les postes les plus stratégiques. Chacun d’eux est au-devant de la scène ; qui pour montrer ses compétences, qui pour prouver sa loyauté ; TOUS pour faire valoir leur capacité à gérer l’après Gbagbo. Les Camarades Laurent, Boga, Sangaré, Simone, Memel-Fotè … sont dans le rôle d’évaluateur.
Revenu au FPI, le technocrate-idéologue Don Mello hérite du BNETD. Il va devoir s’en contenter en attendant le Kairos…. 17/18 septembre 2002, la Côte d’Ivoire est attaquée. Revenu au pays pour s’occuper de l’Affaire Sia Popo, Me Boga Doudou est assassiné. Gbagbo est atteint. Le FPI vacille.
S’ensuivront de sombres histoires difficiles à comprendre, comme la querelle Affi-Lida aux premières heures de cette attaque. Accusé d’avoir trahi Gbagbo, fait assassiner le ministre Boga pour se positionner, Lida aura tout le mal du monde à revenir à la surface. Sur la scène, à côté des « évaluateurs », il ne reste plus que Messieurs Affi et Koulibaly.
Puis vint Marcoussis. Deux tendances du FPI apparaissent au grand jour. La guerre est dorénavant ouverte entre les deux camps. Le président Affi N’guessan multiplie les sorties. Ses sofas sont plus que jamais déchainés. De son côté, le président Laurent Gbagbo continue de recevoir des visites selon son agenda secret.
Des personnes qui l’ont traité de tous les noms d’oiseaux depuis la « République du Golf » seraient déjà programmées. Quelles sont les perspectives qui s’offrent au FPI à partir des signaux forts actuels ? Trois pistes semblent se dessiner en filigrane.

PassÉ rÉcent
1- Le président Gbagbo reçoit (à Abidjan ou à Bruxelles) son Premier ministre Affi avant octobre 2019, soit un an avant la future élection présidentielle. La paix revient au sein de la Refondation qui se met en ordre de bataille derrière les candidats choisis. Bien évidemment, tous les militants se mettent en rang derrière la nouvelle direction de la maison rose bleu. C’est un parti soudé, fort qui pèsera lors de la présidentielle à venir.
2- Le président Gbagbo refuse de recevoir son Premier ministre Affi. Le divorce est consommé. Le natif de Boidikro conserve précieusement le logo et se présente comme le candidat naturel du FPI. En face, les candidats sont désignés sous la bannière Ensemble pour la Souveraineté et la Démocratie (ESD). Les militants se rangent dans les deux différents compartiments devenus rigides sans aucune probable possibilité de les réunir. Divisés, ils pèseront peu lors de la présidentielle 2020.
3- Non seulement les deux tendances actuelles ne parviennent pas à se retrouver mais un autre groupe dissident s’aligne derrière un autre candidat issu du premier cercle du FPI en indépendant. C’est le pis des schémas qui puisse arriver à ce parti. Divisé en trois blocs, ce parti ne pourrait pas arriver au second tour. Les candidats qui arriveront au second tour négocieront séparément avec les trois leaders des trois tendances.
Depuis le 22 mars, le FPI se livre en spectacle. Chaque jour a son lot de « révélations » sur les réseaux sociaux. Vrai ou faux, des secrets se retrouvent sur la place publique. Le sens de l’Etat semble avoir disparu des rangs de la Refondation. Les uns et les autres semblent si préoccupés par ce nouveau jeu que, chaque jour, c’est un boulevard qui se dresse devant le RHDP qui a même le loisir d’imposer les sujets de conversation au plan national.
Le parti présidentiel tire profit de cette crise dans la mesure où, occupés à s’entredéchirer, les Refondateurs ne font aucune proposition alternative en termes de gouvernance aux électeurs. C’est plutôt à qui pourrait mieux insulter les cadres de l’autre camp. Pendant ce temps, la Côte d’Ivoire attend toujours un vrai contre-pouvoir à l’Exécutif actuel…

Sylvain N’Guessan, Institut de Stratégies
Titre original : « Crise au FPI : Récit d’une si longue et vieille histoire ».

PS : Cet article n’est qu’une lecture personnelle. Il peut y avoir des erreurs d’appréciation. L’objectif n’est pas de distribuer des points. Quand Monsieur Gbagbo accède au pouvoir, Affi, Lida et Koulibaly commencent à se faire remarquer. Bohoun Bouabré a gardé le silence (ou presque) depuis 1996.

Source : https://www.afriksoir.net 29 avril 2019


EN MARAUDE DANS LE WEB
Sous cette rubrique, nous vous proposons des documents de provenances diverses et qui ne seront pas nécessairement à l'unisson avec notre ligne éditoriale, pourvu qu'ils soient en rapport avec l'actualité ou l'histoire de la Côte d'Ivoire et des Ivoiriens, ou que, par leur contenu informatif, ils soient de nature à faciliter la compréhension des causes, des mécanismes et des enjeux de la « crise ivoirienne ».

mercredi 7 août 2019

Quand leur Prado, naguère tant adoré, ne les fait plus rêver…* Un article du Nouveau Réveil, quotidien proche du Pdci-Rda.

« Promesses faites aux populations : Pourquoi Ouattara ne peut plus faire rêver les Ivoiriens ».
A la demande générale, nous revenons sur la cérémonie d’inauguration de la route Adzopé-Yakassé Attobrou, samedi dernier, en présence du chef de l’Etat. De nombreux lecteurs nous ont, en effet, appelés pour se plaindre de la petite phrase du président Ouattara quand il a dit : « Quand Ado dit, Ado fait ». La vive protestation élevée par ces lecteurs montre à quel point les populations ne sont plus prêtes à accepter les déclarations trompeuses des hommes politiques qui semblent jouer avec leur docilité.
« Qu’est-ce que Ouattara a dit et qu’il a respecté dans ce pays ? », s’interroge un lecteur. Et d’énumérer ces promesses ci-après faites par le président de la République et restées sans lendemain : le transfert de la capitale à Yamoussoukro n’a jamais été amorcé par le régime en place malgré les promesses de campagne en 2010 où le chef de l’Etat a promis de tout mettre en œuvre pour que ce transfert ait lieu dès son premier quinquennat.
En outre, il a promis aux Ivoiriens la réconciliation et la cohésion nationale dès sa prise de fonction le 21 mai 2011 jour de sa prestation de serment à Yamoussoukro. Non seulement il n’a pu réaliser cette réconciliation, mais il s’emploie, à travers son nouveau parti, le Rhdp unifié, à diviser les Ivoiriens en s’attaquant à tous ceux qui ne veulent pas intégrer ce conglomérat de partis et de morceaux de partis.
On a vu toutes les manœuvres politico-judiciaires orchestrées contre le Pdci-Rda en vue de sa dissolution. N’eût été la ténacité du président Bédié et de son secrétaire exécutif en chef, le Pr Maurice Kakou Guikahué, le Pdci-Rda ne serait en ce moment qu’un vieux souvenir. Aujourd’hui, ce sont les partis de l’opposition qui ont fait de la réconciliation nationale leur priorité. Ils multiplient les rencontres et les actes en vue de parvenir à cet objectif de réconciliation qui, pour eux, est la base de toute autre action de paix et de cohésion entre les Ivoiriens.
Autre promesse non tenue par Ouattara : l’électrification des villages de plus de 500 habitants, un programme qui devrait avoir été bouclé depuis fin 2018, selon les autorités. Plutôt que d’étendre ce programme à toutes les régions de la Côte d’Ivoire, ce sont les régions du Nord qui, quasiment à chaque journal télévisé de la Rti1, se réjouissent de voir que le taux d’électrification chez elles a atteint un niveau record grâce au président Ouattara. Qu’est donc devenu ce programme national d’électrification rurale qui avait donné tant d’espoir aux populations ?
Pendant ce temps, d’autres régions ne cessent de se lamenter du fait que dans certaines sous-préfectures, seul le chef-lieu est électrifié, les autres villages rattachés demeurant dans le noir malgré tous les discours faisant croire que toute la Côte d’Ivoire sort bientôt des ténèbres. Ces régions elles-mêmes ne font que se plaindre de la rareté des ressources pour faire fonctionner les Conseils en dépit des milliards annoncés à grands renforts de publicité lors de la campagne électorale de 2010. « Nous souhaitons que le transfert des compétences et des charges soit accompagné de celui des moyens », ne cessent de se plaider les Conseils régionaux, sans distinction d’obédience politique.
Plus près de nous, dans son message à la nation du 6 août 2018, Alassane Ouattara a promis de tout mettre en œuvre en vue de la mise en place d’une Commission électorale indépendante (Cei) et impartiale conformément à l’Arrêt de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples. Au terme des négociations devant aboutir à l’accomplissement de cette directive de la Cadhp, il ressort que la réforme faite par le pouvoir Ouattara est loin d’être celle demandée par cet organe de l’Union africaine qu’est la Cadhp et par l’opposition ivoirienne.
Bien d’autres promesses relatives à la vie chère, à la lutte contre la corruption, au renforcement de la démocratie, etc., faites au début du règne du président Ouattara sont toujours en souffrance. Pour ce qui est de la démocratie, les partis de l’opposition ne font que dénoncer les entraves et la multiplication des actes anti-démocratiques tels que signalés lundi dans le communiqué conjoint qui a sanctionné la rencontre entre les présidents Henri Konan Bédié et Laurent Gbagbo à Bruxelles, la capitale de la Belgique. (Voir encadré ci-dessous).
S’agissant de la lutte contre la corruption, l’on se souvient encore du limogeage du ministre Adama Bictogo du gouvernement par décret numéro 2012-452 du 22 mai 2012. Plusieurs griefs avaient été retenus contre lui selon l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique numéro 2680 du 20 au 26 mai 2012 qui, face au silence des autorités gouvernementales ivoiriennes sur les mobiles de ce limogeage, a pu entrer dans le secret des dieux pour éclairer la lanterne des Ivoiriens.
Il en ressortira que cette éviction était due, entre autres, au scandale de l’indemnisation des victimes des déchets toxiques. Adama Bictogo a été cité par le journal panafricain comme l’une des personnes soupçonnées d’avoir détourné une partie des indemnités qui auraient dû être payées aux victimes de la pollution causée par le déversement de déchets toxiques à Abidjan en août 2006 suite à une enquête menée par la police économique et financière ivoirienne.
D’autres affaires sales avaient été citées au détriment de M. Bictogo. Ce sont notamment la confection du passeport biométrique, un marché qui lui aurait été attribué sous Gbagbo par l’ancien ministre de l’Intérieur feu Désiré Tagro. Cette activité d’opérateur économique était devenue incompatible avec sa qualité de membre du gouvernement.
Bref ! Cette affaire et bien d’autres révélées en son temps par Jeune Afrique, avaient amené le gouvernement à se débarrasser de celui qui est devenu aujourd’hui un des hommes clés du régime Ouattara. Comme pour dire aux Ivoiriens que les actes répréhensibles ne sont nullement un frein à la promotion de celui qui se dévoue à la cause du régime en place.
C’est pourquoi quand le président Ouattara dit : « Quand Ado dit, Ado fait », nombreux sont ceux qui attrapent leur tête parce que persuadés que ce ne sont que des discours de politique politicienne qui sont sans lendemain. La seule chose que les populations ont appris avec ce régime, c’est que comme le dit l’adage : « Pour manger du foin, il faut faire l’âne ».
Chacun protège donc sa pitance quotidienne au détriment de la conviction militante. Tant pis pour l’intérêt supérieur de la Côte d’Ivoire. Dont l’avenir se voit de plus en plus compromis avec tous les travers constatés au plan politique et social. Mais tant que le pouvoir va bien, c’est que tout va bien. Fort heureusement, il y a une opposition déterminée à préserver ce pays de la faillite et du chaos.
A.D

EN MARAUDE DANS LE WEB
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Source : Le Nouveau Réveil 6 aout 2019

Rencontre entre Son Excellence Monsieur Henri Konan BEDIE, Président du PDCI-RDA et Son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO, Président du FPI.
Communiqué
1. Le lundi 29 juillet 2019, de 11 heures à 13 heures, conformément à la tradition africaine, Son Excellence Monsieur Henri Konan BEDIE, Président du PDCI-RDA accompagné de son épouse, a rendu visite, à Bruxelles, à son jeune frère, Son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO, Président du FPI, son homologue ancien président de la République de Côte d’Ivoire.
2. Les présidents Henri Konan BEDIE et Laurent GBAGBO se sont, particulièrement, réjouis de cette première rencontre, depuis la fin de la crise postélectorale intervenue à la proclamation des résultats du second tour de l’élection présidentielle en novembre 2010.
3. Les deux personnalités ont tenu à exprimer leur compassion et leur solidarité au peuple de Côte d’Ivoire pour les traumatismes et les nombreux préjudices subis au cours de cette crise.
4. Les présidents Henri Konan BEDIE et Laurent GBAGBO ont salué la mémoire de toutes les victimes et des personnes malheureusement disparues pendant ces tristes et douloureux événements qui ont meurtri la Nation.
5. Ils ont à cette occasion : – exprimé leurs condoléances les plus attristées aux familles endeuillées ; – compati à la souffrance des nombreuses victimes, notamment à celles des handicapés à vie ; – adressé leur solidarité à tous ceux et à toutes celles qui ont perdu des biens ou subi des préjudices de toute nature.
6. Le Président Henri Konan BEDIE a présenté, à nouveau et de vive voix, à son frère, le Président Laurent GBAGBO, ses condoléances pour les nombreux deuils qui ont frappé sa famille. Il a notamment salué la mémoire de la mère du Président Laurent GBAGBO, de son frère Abou Drahamane SANGARE et celle de tous les autres cadres et militants du FPI, disparus.
7. Son Excellence Monsieur Henri Konan BEDIE s’est particulièrement réjoui de l’acquittement du Président Laurent GBAGBO et lui a vivement souhaité un retour rapide en Côte d’Ivoire pour participer activement au processus de Réconciliation Nationale.
8. En retour, Son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO, Président du FPI, a remercié le Président Henri Konan BEDIE pour l’expression renouvelée de ses condoléances. Ce faisant, il a présenté à son tour, au président Henri Konan BEDIE et à sa famille biologique, ses sincères condoléances pour le décès de sa sœur aînée, tout en saluant sa mémoire. Il lui a, également, exprimé toute sa compassion pour chacune des disparitions de ses proches parents, des militants et des personnalités du PDCI-RDA.
9. Après une analyse approfondie de la situation sociopolitique, son Excellence Monsieur Henri Konan BEDIE, Président du PDCI-RDA et Son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO, Président du FPI, ont convenu de l’urgente nécessité d’œuvrer pour le retour d’une paix définitive et durable en Côte d’Ivoire.
10. Les deux anciens chefs d’État ont déploré les atteintes portées aux acquis démocratiques et à l’État de droit en Côte d’Ivoire.
11. En conséquence, les deux présidents ont souhaité vivement que l’autonomie de fonctionnement des partis politiques soit respectée et préservée de toute ingérence du Pouvoir Exécutif.
12. Les présidents Henri Konan BEDIE et Laurent GBAGBO se sont dits particulièrement attristés par le fait que bon nombre de leurs compatriotes demeurent contraints de vivre en exil, tandis que d’autres sont encore en prison pour des raisons politiques.
13. Les deux présidents ont rappelé que le combat pour la démocratie véritable ne peut tolérer l’exil et l’emprisonnement politique.
14. Les présidents Henri Konan BEDIE et Laurent GBAGBO souhaitent donc ardemment la libération de tous les prisonniers politiques, civils et militaires, et le retour en sécurité de tous les exilés
15. Les présidents Henri Konan BEDIE et Laurent GBAGBO ont lancé un vibrant appel à tous les partis politiques, aux associations, à toutes les organisations de la société civile et à toutes les communautés vivant en Côte d’Ivoire, à s’engager résolument dans la voie de la Réconciliation Nationale pour asseoir une paix sociale durable et définitive, facteur de développement, de prospérité et de vie harmonieuse entre toutes les composantes de la Nation ivoirienne.
16. Dans le cadre de l’organisation d’élections justes, transparentes et équitables en 2020, les deux personnalités ont appelé le Gouvernement à procéder à une réforme profonde de la Commission Électorale Indépendante (CEI) afin qu’elle puisse contribuer significativement à la consolidation de la paix sociale en Côte d’Ivoire.
17. Son Excellence Monsieur Laurent GBAGBO, très sensible à la visite et au réconfort de son frère, a chaleureusement remercié Son Excellence Monsieur Henri Konan BEDIE, président du PDCI-RDA et son épouse.
18. Enfin, en sa qualité d’hôte, le président Laurent GBAGBO, s’est dit heureux et fier de cette visite fraternelle et la considère comme un acte fort, à la fois républicain et fraternel qui doit être partagé et soutenu, dans l’amorce de la Réconciliation Nationale, par tous les ivoiriens, les ivoiriennes et par tous ceux qui vivent dans notre cher et beau pays, la Côte d’Ivoire.
Fait à Bruxelles, le 29 juillet 2019
Dr Assoa ADOU , Secrétaire Général du FPI.
Pr Maurice Kacou GUIKAHUE, Secrétaire Exécutif en Chef du PDCI-RDA, P/o N’DRI Kouadio Pierre Narcisse, Directeur de Cabinet du Président Henri Konan BÉDIÉ.