vendredi 9 août 2013

L’intégralité du discours d’Affi N’Guessan après sa libération

Je voudrais, avant de commencer ce discours, d’abord vous saluer et vous remercier chaleureusement.
Je voudrais vous saluer et vous remercier au nom de tous les camarades détenus, exilés et
Affi (lunettes) accueilli par ses camarades 
nous autres qui venons de bénéficier d’une décision de mise en liberté.
Je voudrais vous remercier pour votre mobilisation.
Je voudrais vous remercier parce que si nous sommes présents devant vous ce jour, ne vous y trompez pas, il n’y a pas deux explications, il n’y a pas trois explications, il n’y en a qu’une seule. Et la seule explication, c’est votre mobilisation, c’est votre détermination. C’est votre mobilisation, c’est votre détermination, c’est votre résistance, c’est votre refus de la situation injuste qui est faite à la Côte d’Ivoire qui explique que nous soyons devant vous aujourd’hui. Qui explique que, hier, Aké N’gbo et ses camarades aient été libérés. Qui explique qu’avant-hier Diabate Beh et d’autres camarades ont pu bénéficier d’une mise en liberté. Et c’est cette mobilisation qui expliquera demain la normalisation en Côte d’Ivoire, la libération de tous nos camarades qui sont encore détenus, le retour d’exil de tous les camarades qui sont obligés de fuir leur propre pays et le retour parmi nous du Président Laurent Gbagbo.
C’est pourquoi, je voudrais remercier très sincèrement du plus profond de mon cœur le camarade Miaka Ouretto, président par intérim du FPI, et avec lui, remercier tous ceux qui composent la direction intérimaire du FPI à l’heure actuelle. Remercier la camarade Marie Odette Lorougnon… Remercier le camarade Koua Justin… Parce que je ne sais pas si la rencontre d’aujourd’hui est un tournant dans l’histoire de la Côte d’Ivoire… Je ne sais pas… Peut-être pour dire… Mais ce qui est sûr, cette date-là sera une date historique. Parce que le projet initial ce n’est pas que nous nous retrouvions ici. Le projet originel, ce n’est pas que le FPI existe en tant que parti politique. L’ambition nourrie par ceux qui sont arrivés au pouvoir dans les conditions que nous connaissons, ce n’est pas d’instaurer la démocratie, ce n’est pas de laisser exister un parti aussi puissant que le FPI.
Or chers camarades, vous avez déjoué tous les pronostics, vous avez prouvé que le FPI était increvable. Vous avez prouvé que le FPI était un esprit. Vous avez prouvé que le peuple de Côte d’Ivoire n’a pas envie de faire marche arrière, et que son parcours est résolu vers la démocratie, vers le progrès, vers les libertés. Et c’est parce que nos adversaires se sont rendus compte de cette réalité – parce que nous avons imposé cette réalité – que nous sommes ici aujourd’hui face à vous.
Or, aujourd’hui est un jour de réjouissance, un jour, je dirais, pour célébrer cette étape de notre lutte. C’est pourquoi il serait peut-être trop hasardeux d’aller plus loin.
Mais sachez que nous n’avons pas trois programmes, nous n’avons pas deux programmes, nous avons un seul programme. Et ce programme, c’est le programme du peuple de Côte d’Ivoire. Et ce programme ce sont les aspirations profondes du peuple de Côte d’Ivoire. Et ce programme c’est résoudre tous les problèmes qui peuvent faire en sorte que ce pays ne soit pas  un pays moderne, un pays prospère …Voilà votre programme !
Nous sommes là donc pour redresser comme le dit le doyen, le vieux Ménékré, « politique tordue , nous sommes là pour redresser ».
Or aujourd’hui qu’il s’agisse de la politique, qu’il s’agisse de l’économie, qu’il s’agisse des droits de l’homme, qu’il s’agisse des libertés, la politique ivoirienne est tordue. C’est pourquoi notre mission est encore plus importante. Restons donc mobilisés !
Ce programme de redressement national nous ne l’engageons pas contre un individu, nous ne l’engageons pas contre une ethnie, nous ne l’engageons pas contre une région, nous l’engageons au nom du peuple de Côte d’Ivoire dans sa diversité. Ce programme, nous l’engageons non dans la violence, mais dans la paix, dans la démocratie, dans la politique. C’est pourquoi nous résistons.
Ceux qui ont la responsabilité de ce pays à l’heure actuelle, doivent savoir que le FPI est présent et entend prendre sa part dans la restauration de la Côte d’Ivoire.
Nous ne voulons pas de palabre avec qui que ce soit. Nous ne sommes pas des revanchards. Les souffrances que nous endurons, nous les endurons au nom de la Côte d’Ivoire et nous les portons fièrement comme des décorations. Parce qu’en définitive personne ne nous a obligés à venir au secours de la Côte d’ivoire, et ce travail dans lequel nous nous sommes engagés, nous ne le faisons pas pour des intérêts matériels ou financiers.
Nous voulons construire notre pays. Parce que ce ne sont pas les étrangers des autres pays qui viendront construire la Côte d’Ivoire. C’est pourquoi nous nous sommes engagés dans la lutte. Et nous sommes prêts à prendre tous les risques pour que la Côte d’Ivoire avance.
Merci donc chers camarades. Lorsque le président par intérim nous aura invités à un forum plus politique et plus élargi, nous aurons à discuter largement et à nous entendre sur les axes de cette nouvelle phase de la lutte.
Le pouvoir en place doit savoir que le FPI, parti d’opposition, est un partenaire dans la reconstruction de la Côte d’Ivoire. Il faut qu’ils nous comprennent comme tels et qu’ils ne cherchent pas à détruire l’opposition. Parce que ce ne sera pas possible – la situation actuelle le prouve – et ce ne serait pas dans l’intérêt du pays.
Nous sommes donc ouverts et nous demandons le dialogue. Le dialogue politique franc et sincère parce que la Côte d’Ivoire souffre, les Ivoiriens souffrent. Ils aspirent à la paix, ils aspirent à la tranquillité, ils aspirent à la démocratie. C’est dans le dialogue, que nous devons travailler à résoudre tous les problèmes afin que la Côte d’Ivoire avance.
Merci beaucoup d’être venus.
Merci de votre mobilisation (…).
La lutte continue !
Je vous remercie. 

 
en maraude dans le web
Sous cette rubrique, nous vous proposons des documents de provenance diverses et qui ne seront pas nécessairement à l’unisson avec notre ligne éditoriale, pourvu qu’ils soient en rapport avec l’actualité ou l’histoire de la Côte d’Ivoire et des Ivoiriens, et aussi que par leur contenu informatif ils soient de nature à faciliter la compréhension des causes, des mécanismes et des enjeux de la « crise ivoirienne ».
 

 Source : Connectionivoirienne.net 9 août 2013

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire