Si ce n’est pas une chasse aux sorcières, ça y ressemble…
Vendredi 20 juillet 2012 à Douekué, dans le
camp des réfugiés de Nahibly, des éléments des Forces républicaines de Côte
d’Ivoire (FRCI) auraient perpétré une attaque, faisant officiellement 6 morts.
Que s’est-il passé réellement ce jour-là ? Jusqu’à présent, un épais brouillard
recouvre cette tragédie.
![]() |
G. Soro, A. Ouattara et Rémy Ouédraogo, dit Ouérémi, complices? |
Toujours est-il que le 11 octobre 2012, des indications d’un témoin ont
permis aux droits-de-l’hommistes de retirer d’un puits de cette localité 6
corps en putréfaction. Le procureur de Man avait d’ailleurs ordonné leur
inhumation.
Mais sous la bronca des ONG, ces corps ont été acheminés sur Abidjan où une
autopsie devait être effectuée.
Plus tard, des ressortissants et cadres de la région avanceront le chiffre
invérifiable de 200 tués par les FRCI. Une enquête avait alors été ouverte pour
faire la lumière sur ce drame, mais elle tarde à livrer ses résultats. C’est
dans cet attentisme que plusieurs questions turlipinent les Ivoiriens et la
Communauté internationale :
- Est-ce vraiment les FRCI, aidées de dozos, qui ont massacré cette
population wê de Nahibly, comme l’affirment certains ?
- Combien de victimes y a-t-il eu ?
- Pourquoi l’enquête n’a pas donné de résultats publics ?
Moins d’un an après ces évènements, alors que fusaient de partout des
dénonciations contre la justice sélective en Côte d’Ivoire, que relativise le
pouvoir en place, c’est la Fédération internationale des droits humains, partie
civile dans cette affaire, qui accuse ouvertement les FRCI. Une évolution
notable, si l’on se réfère aux dossiers pendants dans ce pays depuis le
changement de régime.
En effet, depuis le 11 avril 2011, date de la chute du président Laurent
Gbagbo, et le transfèrement à la CPI de ce dernier au mois de novembre de la
même année, on a assisté à l’application d’une traditionnelle justice des
vainqueurs, à tout le moins à l’arrestation des partisans du pouvoir déchu.
Si ce n’est pas une chasse aux sorcières, ça y ressemble. Alors que des
fidèles de Laurent Gbagbo sont recherchés, alpagués de l’extérieur, notamment
au Togo ou au Ghana, pour être extradés vers Abidjan, des proches ou plutôt
certaines ex-forces nouvelles qui ont aidé le président Alassane Ouattara à
accéder au pouvoir et sur lesquels pèsent de nombreux soupçons, oui, tous ces
combattants, ne sont pas inquiétés.
Or, c’est connu ; dans toute guerre, et on n’a cessé de le répéter, il
n’y a pas d’un côté des loups et de l’autre des agneaux.
En attendant que, peut-être, le glaive de la justice tombe, c’est la FIDH
qui pointe du doigt les FRCI à propos des charniers de Nahibly. On ne peut que
se féliciter de la relance de cette enquête qui, visiblement, était poussive.
Un redémarrage qui, on l’espère, aboutira à des conclusions, car quoi qu’on
dise, nul ne peut prétendre que Nahibly se réduit à un Timisoara
ivoirien.
On espère que cette bonne direction prise permettra au juge d’instruction
d’accomplir correctement sa tâche. La réconciliation qu’appelle de tous ses
vœux le peuple ivoirien passe par la vérité et la justice. Sinon la commission
éponyme brassera inutilement du vent.
Zowenmanogo Dieudonné Zoungrana
Titre original : « Justice ivoirienne : Les FRCI enfin dans la ligne de mire ? »
en maraude
dans le web
Sous
cette rubrique, nous vous proposons des documents de provenance diverses et qui
ne seront pas nécessairement à l’unisson avec notre ligne éditoriale, pourvu
qu’ils soient en rapport avec l’actualité ou l’histoire de la Côte d’Ivoire et
des Ivoiriens, et aussi que par leur contenu informatif ils soient de nature à
faciliter la compréhension des causes, des mécanismes et des enjeux de la « crise
ivoirienne ».
Source : L’Observateur Paalga
(BF) 27 Mars 2013
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire