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le président Obiang Nguema |
Q: Vous étiez le président de
l’Union Africaine de Janvier 2011 à Janvier 2012. Il y a eu plusieurs événements
importants au cours de cette période, y compris la famine en Afrique de l’Est,
le printemps arabe en Tunisie, Égypte et Libye, et une guerre civile en Côte d’Ivoire. Cela semble avoir été un agenda chargé pour juste sur un année au
pouvoir. Comment avez-vous managé dans ces situations difficiles?
R: Eh bien,
c’était vraiment une période difficile. J’ai fait face à beaucoup de problèmes
au cours de mon mandat en tant que président de l’UA, donc je ne sais pas quoi
dire. Était-ce la volonté de Dieu pour moi d’être le président de l’UA à ce
moment précis pour faire face à tous ces conflits et ces problèmes? Ou était-ce
juste une malchance? Je ne sais pas. Tout ce que je peux dire, c’est que j’ai
travaillé très dur pour essayer d’apporter la paix à tous les endroits ou il y
avait des conflits, et en Afrique en général. En ce qui concerne les cas de la
Tunisie et de l’Egypte que vous avez mentionnés, je pense que c’était des
questions internes que les gens de ces pays voulaient mettre à l’attention de
leurs gouvernements et des présidents. Et il n’y avait pas grand-chose qu’on
pourrait faire ou dire à leur sujet au niveau de l’UA ou international. À
propos de la Côte d’Ivoire et de la Libye, c’était une autre paire de manches. On peut clairement
dire que les deux conflits ont échappé à notre contrôle à cause de l’ingérence
extérieure dans les deux pays. En Côte d’Ivoire, par exemple, quand j’étais
président de l’UA, j’ai parlé et j’ai réussi à convaincre l’ancien président
Laurent Gbagbo à démissionner du pouvoir et il a accepté de le
faire, j’ai aussi essayé de convaincre l’autre partie à accepter la négociation
avec Gbagbo parce qu’il avait accepté de démissionner, mais l’ingérence
extérieure n’a pas donné vraiment le temps à Gbagbo de démissionner ou de
s’engager dans des négociations avec l’autre partie. En fait, le problème
ivoirien n’était pas vraiment un problème au début, il s’agissait d’un
malentendu. Les gens sont allés à une élection et il y avait un malentendu sur
le gagnant. En fait, cela me surprend qu’à partir de ce malentendu est né un
énorme conflit qui s’est aggravé au niveau que nous avons vu.
Q: Qu’est ce qui à votre avis
a provoqué l’escalade?
R: Je crois
que c’était l’ingérence de pays étrangers, des Nations Unies et de tous les
organismes, qui ont vraiment aggravé le conflit en Côte d’Ivoire. Je me suis
demandé pourquoi les Nations Unies, une institution de la paix fondée pour
favoriser la paix dans le monde, a pris parti dans un conflit interne et créée
l’escalade à l’aide de ses troupes qui sont intervenues, même combattu, pour
une partie au conflit. Pourquoi n’a-t-elle pas dit: “Eh bien, nous savons que la France s’est impliquée jusqu’au cou dans
ce conflit, elle a utilisé ses troupes et s’est battue pour un camp dans le
conflit avant les élections, et beaucoup de personnes sont mortes. En tant que
tel, la France n’est plus un arbitre impartial en Côte d’Ivoire. Elle devait
donc se mettre à l’écart et donner la place à des pays neutres acceptés par les
deux parties pour vraiment aider à trouver une solution acceptable en Côte
d’Ivoire.” Mais non. L’ONU, elle-même, sous l’influence des pays
occidentaux au sein du Conseil de sécurité, a déployé ses troupes en tandem
avec la France pour attaquer Laurent Gbagbo, le traquer
dans le bunker présidentiel, et l’humilier, lui, sa femme et sa famille devant
la télévision internationale. Oui, ils l’ont exhibé devant la télévision internationale.
Cela, pour moi, restera à jamais l’un des points les plus bas, les jours
sombres, même des Nations Unies. Pourquoi l’ONU a décidé de descendre si bas
dans un conflit international me tourmente. Et beaucoup de gens sont morts en
Côte d’Ivoire en raison de l’ingérence extérieure. Ils n’ont vraiment fait
qu’aggraver le problème.
Q: En ce qui concerne l’UA,
pouvait-elle ou devait-elle intervenir?
R: Je crois
qu’il était possible à l’UA de trouver une solution, parce que, en tant
président de l’UA, j’ai demandé à la communauté internationale de permettre à
l’Union africaine de trouver une solution en Côte d’Ivoire. Je leur ai dit que
c’était une opportunité pour l’Union africaine et les Africains, pour résoudre
le problème. C’était un problème africain qui avait besoin d’une solution
africaine. Mais ils n’ont pas écouté. Pour eux, il était trop tard, car ils
avaient déjà pris la décision d’intervenir et d’utiliser leurs troupes contre
Gbagbo, de le retirer de pouvoir au profit de l’autre partie. Ainsi,
contrairement à la Tunisie et l’Egypte, ce n’était pas le peuple de Côte
d’Ivoire qui a enlevé Gbagbo du pouvoir. Ce sont les Français et les troupes de
l’ONU qui l’ont fait. Ce n’était même pas l’armée ivoirienne qui l’a enlevé. Ce
sont les français et les troupes de l’ONU, des troupes étrangères.
Q: Pourquoi exactement la
France et les Nations Unies ont-elles joué ces rôles importants dans ces
conflits africains?
A: la
France a joué un rôle clé dans le conflit ivoirien parce que la France avait
promis de donner le pouvoir à l’autre partie. Mais elle n’allait pas le faire
par les urnes ou les négociations, elle avait l’intention d’utiliser l’armée française. Et c’est
exactement ce qu’elle a fait. Et quelque soit ce que nous disions en tant que
dirigeants de l’Afrique, siégeant à l’Union africaine, n’avait pas d’importance
pour eux. En Libye, le conflit a aussi commencé comme une affaire interne,
comme ce qui s’est passé en Egypte et en Tunisie, mais il a fini dans une
rébellion parrainée par les pays étrangers. Tout à coup, les rebelles de l’Est,
qui n’avait pas de fusils, ont reçu des armes envoyées par des pays étrangers
pour lutter contre le gouvernement du colonel Mouammar Kadhafi, qui avait
contribué à la création de l’Union africaine, et a soutenu l’organisation de
quelque manière qu’il le pouvait. Dans tous les pays, si un gouvernement est
attaqué par des rebelles armés, le gouvernement a le droit de se défendre par
le déploiement de son armée. C’est inscrit dans le droit
international. Et c’est exactement ce que le gouvernement de
Kadhafi a tenté de faire. En Tunisie et en Egypte, le peuple s’est levé pour
exiger un changement de gouvernement sans utiliser les armes. En Libye, c’était
différent. La soi-disant armée rebelle dans l’est de la Libye a soudainement
obtenu des armes en provenance de pays étrangers et les ont utilisées pour
attaquer le gouvernement de Kadhafi. On peut donc comprendre ce que Kadhafi a
essayé de faire pour se défendre et défendre la souveraineté de son pays. Même
si c’était un cas évident d’un gouvernement qui se défend contre l’agression
rebelle, contre les rebelles financés et armés par des pays étrangers, les
mêmes pays étrangers se sont cachés derrière l’OTAN pour bombarder et de
détruire l’armée de Kadhafi et neutraliser sa capacité de se défendre et
défendre son pays. Ces mêmes pays étrangers ont à nouveau utilisé les Nations
Unies pour imposer une «zone d’exclusion aérienne» sur la Libye. Alors,
vraiment, les mains et les pieds de Kadhafi étaient attachés par l’ingérence
internationale qui a joué un rôle clé dans le conflit libyen, contrairement aux
soulèvements en Tunisie et en Egypte, qui ont été autorisés à être des
questions purement internes à résoudre par les peuples de ces deux pays, et non
par des puissances étrangères. On peut donc distinguer entre les soulèvements
en Egypte et en Tunisie, d’une part, et les conflits en Côte d’Ivoire et la
Libye, d’autre part. Les deux premiers étaient des questions internes qui ont
été réglées par les peuples de ces pays eux-mêmes, tandis que la Côte d’Ivoire
et la Libye ont connu des interférences internationales qui n’ont fait
qu’empirer les choses. Pour cette raison, nous pensons que les Nations Unies,
une institution de la paix, ne devrait pas avoir joué le genre de rôle qu’elle
a joué en aidant les puissances étrangères à intervenir en Côte d’Ivoire et en
Libye. Ce n’était pas pour cela que l’ONU a été créée. Elle a créé un mauvais
précédent dans le monde.
source : Diaspora Cote d'Ivoire 25 février 2013
http://stevebeko.wordpress.com/2013/02/25/le-president-obiang-nguema-de-guinee-equatoriale-lingerence-de-la-france-et-de-lonu-en-cote-divoire-a-cree-un-mauvais-precedent/
http://stevebeko.wordpress.com/2013/02/25/le-president-obiang-nguema-de-guinee-equatoriale-lingerence-de-la-france-et-de-lonu-en-cote-divoire-a-cree-un-mauvais-precedent/
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qu’ils soient en rapport avec l’actualité ou l’histoire de la Côte d’Ivoire et
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