La Centrafrique s'enfonce
dans le chaos
Bangui menace de sombrer dans l’anarchie. Plus de trois semaines après l'entrée des rebelles et la chute du président François Bozizé, la capitale de la Centrafrique continue d'être le théâtre de pillages et de sombres règlements de comptes. L'installation au pouvoir pour 18 mois de Michel Djotodia, le chef de la Séléka, la coalition rebelle, n'a en
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Paris, par la voix de Laurent Fabius, s'est dit «disponible» |
Le week-end dernier a servi de sonnette
d'alarme. En deux jours, une vingtaine de personnes ont trouvé la mort. À
l'origine, on trouve une opération de désarmement conduite par les hommes de la
Séléka dans le quartier de Boy-Rabé. La fouille a vite tourné au pillage
généralisé et à l'affrontement armé confus. Les nouvelles autorités ont accusé
les partisans de l'ex-chef d'État, nombreux à Boy-Rabé, considéré comme un fief
de Bozizé, d'être les fauteurs de troubles. «Ils
n'ont pas tort. En partant, Bozizé a fait distribuer des armes aux personnes de
sa tribu pour qu'ils luttent», souligne un diplomate. Ce dernier n'exonère
pas pour autant les troupes de la Séléka. «Elles
se comportent souvent mal. Il y a des pillages et des meurtres à répétition. La
population n'en peut plus.» Signe de cette exaspération, pas moins de sept
«soldats» de la Séléka ont été tués depuis lundi, dont au moins un lynché par
une foule.
Conscient de la dérive, Michel Djotodia a
appelé mardi au casernement des troupes et annoncé un renfort de
1000 gendarmes et policiers pour faire respecter l'ordre. Un appel resté
sans effet. «Cela illustre la grande
fragilité et les divisions de la Séléka», remarque Thierry Vircoulon,
chercheur auprès de l'ONG International Crisis Group (ICG). La Séléka est, de
fait, dès le départ une coalition de plusieurs rébellions, souvent
antagonistes. À ce groupe déjà instable s'ajoutent les recrutements de ces
derniers mois. Ils sont indispensables pour vaincre Bozizé, mais il s'agit
souvent de mercenaires d'origine soudanaise ou tchadienne aujourd'hui largement
incontrôlables et des ralliés «volontaires»
de la dernière heure.
Jeudi, à N'Djamena, un sommet régional
s'est réuni pour examiner la situation. «Il
faut nous mobiliser pour mettre fin à la situation en Centrafrique», a
plaidé le président tchadien Idriss Déby, considéré comme l'homme fort de la
région et le parrain de la Séléka. La décision d'envoyer 1 000 hommes
de la force africaine régionale (Fomac) en renfort aux 500 déjà déployés devait
être entérinée et permettra d'assurer l'ordre et de caserner les ex-rebelles.
Mais beaucoup doutent de l'efficacité de cet envoi. Et nul ne sait quel
bailleur est aujourd'hui prêt à financer ces mesures.
Mercredi, le premier ministre a demandé à
la France, qui dispose de 600 hommes sur l'aéroport de Bangui, son «aide».
Paris, par la voix de Laurent Fabius, s'est dit «disponible». Dans le même temps, fidèle à sa position, la France a
refusé de s'impliquer dans les querelles politiques, en exigeant au préalable
la mise en place «d'autorités
légitimement reconnues, ce qui n'est pas le cas actuellement». Pour Thierry
Vircoulon, le temps presse : «La
Centrafrique ne dispose plus aujourd'hui ni de vrai pouvoir ni de forces de
sécurité. Ce n'est plus qu'un territoire ouvert à qui le veut.»
Source :
Le Figaro 19 avril 2013
en maraude dans le web
Sous cette rubrique, nous vous proposons des documents de provenance diverses et qui ne seront pas nécessairement à l’unisson avec notre ligne éditoriale, pourvu qu’ils soient en rapport avec l’actualité ou l’histoire de la Côte d’Ivoire et des Ivoiriens, et aussi que par leur contenu informatif ils soient de nature à faciliter la compréhension des causes, des mécanismes et des enjeux de la « crise ivoirienne ».
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