ABIDJAN
(Reuters) – D’anciens chefs rebelles ivoiriens intégrés dans l’armée nationale
après l’arrivée au pouvoir du président Alassane Ouattara profitent aujourd’hui
de leurs fonctions pour contrôler des trafics illicites en tout genre portant
sur des millions de dollars, affirment des experts des Nations unies.
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A. Ouattara au milieu de ses estafiers |
Dans un rapport
que Reuters a pu consulter vendredi, ces experts mettent en cause certains
chefs
militaires, issus de l’ex-mouvement rebelle des Forces nouvelles et qui
ont rejoint l’armée après la victoire d’Alassane Ouattara sur son rival Laurent
Gbagbo en avril 2011, à l’issue d’une courte guerre civile.
Ces hommes
occupent aujourd’hui des postes-clés au sein des Forces républicaines de Côte
d’Ivoire (FRCI), l’armée nationale.
« L’administration
ivoirienne a progressivement intégré d’anciens commandants rebelles dans les
forces armées nationales sans que ceux-ci aient abandonné leurs activités
économiques et leurs méthodes de prédateurs et de chefs de guerre »,
disent les experts de l’Onu.
Ils ont étendu
leur « réseau militaro-économique » sur tout le pays pour se livrer à
de fructueux trafics, ajoute le rapport qui cite les noms d’Ouattara Issiaka,
alias « Wattao », Hervé Touré, alias « Vetcho », Koné
Zakaria, Chérif Ousmane et Martin Kouakou Fofié.
Kouakou Fofié
fait l’objet de sanctions de l’Onu depuis 2006 (gel des avoirs à l’étranger et
interdiction de voyager).
Aucun
responsable ivoirien n’a pu être joint vendredi pour commenter ce rapport.
Le document affirme que les anciens combattants rebelles
maintiennent leur contrôle sur les mines de diamants et l’industrie artisanale
de l’or. D’ex-membres des Forces nouvelles travaillent dans des exploitations
forestières illégales dans la région de Bouaké, leur ancien bastion, et font la
contrebande du précieux bois de teck.
Des camions de
l’armée ont été utilisés pour exporter clandestinement vers les pays voisins,
surtout le Ghana, du cacao, dont la Côte d’Ivoire est le premier pays
producteur au monde.
« Les
autorités ivoiriennes estiment que pour la saison 2011-2012, la contrebande de
cacao a atteint 152.000 tonnes, ce qui représente pour les finances du pays une
perte de 76 millions de dollars », précise le rapport.
Dans la vie
quotidienne, les civils sont parfois contraints de payer pour franchir les
postes de contrôle de l’armée ou de la police, et peuvent même être soumis à un
système d’impôt forcé, ajoutent les experts.
Joe Bavier, Guy
Kerivel pour le service français
en maraude dans le web
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cette rubrique, nous vous proposons des documents de provenance diverses et qui
ne seront pas nécessairement à l’unisson avec notre ligne éditoriale, pourvu
qu’ils soient en rapport avec l’actualité ou l’histoire de la Côte d’Ivoire et
des Ivoiriens, et aussi que par leur contenu informatif ils soient de nature à
faciliter la compréhension des causes, des mécanismes et des enjeux de la « crise
ivoirienne ».
Source : Connectionivoirienne.net
27 avril 2013
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