au Venezuela ?
1. Né en 1972, Henrique Capriles Radonski est
issu de deux des plus puissantes familles vénézuéliennes, qui se trouvent à la
tête de plusieurs conglomérats industriel, immobilier et médiatique (Capriles)
et possèdent le Circuit national d’exhibitions (Cinex), seconde chaîne de
cinéma du pays (Radonsky).
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H. Capriles Radonski en campagne |
2. Sa famille possède le quotidien Últimas
Noticias, le plus diffusé au niveau national, des radios et une chaîne de
télévision.
3. Dans les années 1980, il a milité au sein du
parti d’extrême droite Tradición, Familia y Propiedad.
4. Capriles a été élu député en 1999 pour l’Etat
de Zulia en tant que membre du parti de droite COPEI. Contre toute attente et
malgré son manque d’expérience en politique, il a immédiatement été désigné
président de la Chambre des députés, devenant ainsi le plus jeune député à
diriger la Chambre basse du Parlement.
5. En réalité, Capriles a réussi à s’imposer face
aux autres aspirants au poste, ayant une trajectoire politique plus importante
grâce au pouvoir économique et financier de sa famille qui a financé les
campagnes de nombreux députés.
6. En 2000, il fonde le parti politique Primero
Justicia avec le conservateur Leopoldo López, et s’allie immédiatement à
l’International Republican Institute, branche internationale du Parti
républicain des Etats-Unis. Le président de l’époque n’est autre que George W.
Bush, lequel apporte un large soutien à la nouvelle formation politique qui
s’oppose au gouvernement d’Hugo Chávez, notamment par le biais de la National
Endowment for Democracy (NED).
7. Selon le New York Time « la NED a été
créée il y a 15 ans pour réaliser publiquement ce que la Central Intelligence
Agency (CIA) a fait subrepticement durant des décennies. Elle dépense 30
millions de dollars par an pour appuyer des partis politiques, des syndicats,
des mouvements dissidents et des médias d’information dans des dizaines de pays
».
8. Selon Allen Weinstein, père de la législation
qui a donné naissance à la NED, « Beaucoup de ce que nous faisons aujourd’hui a
été fait par la CIA il y a 25 ans de manière clandestine ».
9. Carl Gershman, premier président de la NED, a
expliqué la raison d’être de la Fondation en juin 1986 : « Il serait terrible
pour les groupes démocratiques du monde entier d’être vus comme subventionnés
par la CIA. Nous avons vu cela dans les années 1960, et c’est pour cela qu’on y
a mis un terme. C’est parce que nous n’avons pas pu continuer à le faire que la
fondation [la NED] a été créée ».
10. Durant son mandat de maire de la municipalité
de Baruta, Capriles a signé plusieurs accords avec le FBI étasunien afin de
former sa police municipale, et a reçu des fonds de l’ambassade des Etats-Unis
pour cette mission.
11. Henrique Capriles a activement participé au
coup d’Etat contre Hugo Chávez, organisé par les Etats-Unis, en avril 2002.
Maire de Baruta, il a fait arrêter de nombreux partisans de l’ordre
constitutionnel dont Ramón Rodríguez Chacín, alors ministre de l’Intérieur et
de la Justice, lequel a été violemment agressé par les partisans du putsch
devant les caméras de télévision.
12. A ce sujet, les propos de Rodríguez Chacín
sont sans équivoque : « Je leur ai fait part [à Henrique Capriles et
Leopoldo López venus l’arrêter] du risque, du danger qu’il y avait pour mon
intégrité physique [de sortir au milieu de la foule]. J’ai suggéré de passer
par une autre sortie et la réponse que j’ai reçue de Capriles, précisément, a
été négative, car, m’a-t-il dit, les caméras se trouvaient devant l’immeuble.
Ils voulaient me faire sortir devant les caméras, pour m’exhiber, pour se
vanter [d’avoir procédé à mon arrestation] ».
13. Quelques jours avant le coup d’Etat, Capriles
est apparu devant les caméras de télévision en compagnie des dirigeants de son
parti politique Primero Justicia pour réclamer la démission d’Hugo Chávez, des
députés de l’Assemblée nationale, du Procureur de la République, du Défenseur
du peuple et du Tribunal Suprême de Justice. Suite au coup d’Etat du 11 avril
2002, la première décision prise par la junte putschiste a été précisément de
dissoudre tous ces organes de la République.
14. En avril 2002, Primero Justicia, a été le
seul parti politique à accepter la dissolution forcée de l’Assemblée nationale
ordonnée par la Junte putschiste de Pedro Carmona Estanga.
15. Durant le coup d’Etat d’avril 2002, Capriles
a également participé au siège de l’ambassade cubaine de Caracas, organisée par
l’opposition vénézuélienne et l’extrême droite cubano-américaine. Henry López
Sisco, complice du terroriste cubain Luis Posada Carriles, qui est responsable
de plus d’une centaine d’assassinats, dont l’attentat contre l’avion civil de
Cubana de Aviación qui a coûté la vie à 73 personnes le 6 octobre 1976, était
présent.
16. Après avoir coupé l’eau et l’électricité,
Capriles, pensant que le vice-président de l’époque Diosdado Cabello, était
réfugié au sein de l’entité diplomatique, est entré et a exigé de l’ambassadeur
de fouiller les lieux, violant ainsi l’Article 22 de la Convention de Vienne,
stipulant que les représentations diplomatiques sont inviolables.
17. Germán Sánchez Otero, à l’époque ambassadeur
cubain au Venezuela, lui avait rétorqué : « Si vous connaissez le droit
international, vous devez savoir le Venezuela tout comme Cuba ont le droit
d’évaluer la possibilité d’octroyer l’asile politique à tout citoyen dans
n’importe quelle représentation diplomatique. Un démocrate, un humaniste, ne
peut pas permettre que des enfants soient privés d’eau, de nourriture et
d’électricité ».
18. A sa sortie de l’ambassade, Capriles, loin de
calmer la foule excitée, a déclaré à la presse qu’il n’avait pas été autorisé à
fouiller la représentation diplomatique et qu’il était dans l’impossibilité de
confirmer ou d’infirmer la présence de Cabello, attisant les tensions.
19. Pour sa participation au coup d’Etat,
Capriles a été mis en examen et mis en détention préventive après s’être
soustrait à la justice.
20. Le procureur de la République Danilo Anderson
en charge du dossier Capriles a été assassiné en novembre 2004 lors d’un
attentat à la voiture piégée.
21. En 2006, Capriles a été acquitté par les
tribunaux.
22. En 2008, une nouvelle procédure pénale a été
lancée et suit toujours son cours.
23. Suite à son élection en 2008 en tant que
gouverneur de l’Etat du Miranda, Capriles a expulsé des installations de la
région les fonctionnaires chargés des programmes sociaux mis en place par le
gouvernement de Chávez.
24. Dans son programme électoral, Capriles promet
de lutter contre la délinquance. Néanmoins, depuis son arrivée au pouvoir à
Miranda, l’insécurité a explosé, faisant de l’Etat l’un des trois les plus
dangereux du Venezuela. Entre 2011 et 2012, le taux d’homicides a augmenté de
plus de 15%.
25. Malgré ce bilan, Capriles, réélu en 2012,
refuse toujours l’implantation de la Police nationale bolivarienne sur le
territoire dont il a la gestion.
26. Entre 2008 et 2012, Capriles a congédié plus
de mille fonctionnaires dans l’Etat du Miranda – qui travaillaient dans le
secteur culturel et étaient soupçonnés d’être proches de l’ancien gouverneur chaviste
Diosdado Cabello. Capriles a ainsi procédé à la fermeture de dizaines de
bibliothèques.
27. En 2012, Capriles s’est secrètement réuni en
Colombie avec le général Martin Demsey, chef d’Etat-major des Etats-Unis. Rien
n’a filtré de ces discussions.
28. Capriles ne cesse de se réclamer de l’ancien
président brésilien Lula da Silva. Néanmoins, ce dernier a apporté à maintes
reprises son soutien à Hugo Chávez, notamment lors des dernières élections
d’octobre 2012. « Ton triomphe sera le nôtre », avait-il déclaré dans un
message d’appui au Président Chávez.
29. Candidat à l’élection présidentielle de 2012,
au nom de la Mesa Unidad Democrática qui a regroupé les partis d’opposition,
Capriles a perdu le scrutin par plus de 10 points d’écart.
30. En cas de victoire aux élections
présidentielles du 14 avril 2013, Capriles a promis l’amnistie à Pedro Carmona
Estanga, ancien président du patronat vénézuélien qui avait pris la tête de la
junte militaire lors du coup d’Etat d’avril 2002, actuellement en fuite en Colombie.
31. Le programme présidentiel de Capriles est
d’essence néolibérale et préconise une accélération des privatisations dans une
économie déjà contrôlée à plus de 70 % par le secteur privé, une autonomie et
une décentralisation.
32. En cas de victoire de Capriles, l’entreprise
pétrolière nationale Petróleos de Venezuela S.A. (PDVSA), ne sera plus
contrôlée par le pouvoir politique.
33. Le programme de Capriles prévoit la
suspension de l’aide financière qu’octroie PDVSA au Fonds de développement
national, lequel finance les infrastructures et les programmes sociaux.
34. Capriles imposera également une augmentation
du prix de l’essence consommée sur le marché national.
35. Les réformes agraires réalisées sous le
gouvernement de Chávez seront annulées et les terres restituées aux
latifundistes.
36. La loi sur la pêche, dont ont bénéficié des
dizaines de milliers de travailleurs de la mer, sera également abrogée.
37. Capriles autorisera la culture au Venezuela
d’organismes génétiquement modifiés.
38. Capriles se propose « d’incorporer dans le
système éducatif primaire et secondaire des thèmes démonstratifs sur la
connexion entre la propriété, le progrès économique, la liberté politique et le
développement social »
39. Capriles prévoit d’accorder une indépendance
totale à la Banque centrale du Venezuela, afin d’éviter tout contrôle
démocratique sur les politiques financières et monétaires, et lui « interdira
de financer les dépenses publiques ».
40. Capriles a annoncé qu’il mettrait fin à la
relation spéciale avec Cuba, ce qui affectera les programmes sociaux dans les
domaines de la santé, de l’éducation, du sport et de la culture.
41. Capriles mettra un terme à l’Alliance
Bolivarienne pour les peuples de notre Amérique (ALBA), organisme d’intégration
régionale.
42. Capriles supprimera le programme Petrocaribe
qui permet actuellement à 18 pays d’Amérique latine et de la Caraïbe, soit 90
millions de personnes, d’acquérir du pétrole subventionné et d’assurer leur
approvisionnement énergétique.
43. Capriles prévoit de signer des traités de
libre échange (TLC), notamment avec les Etats-Unis et l’Union européenne.
44. Capriles prévoit de redonner la concession
hertzienne à la chaîne RCVT, qui émet désormais par câble et satellite, malgré
sa participation ouverte au coup d’Etat d’avril 2002.
45. Capriles interdira tous les programmes
politiques sur la chaîne nationale Venezolana de Televisión, laissant ainsi le
monopole du débat citoyen aux chaînes privées.
46. Capriles prévoit de « superviser et contrôler
la prolifération des radios […] et de réguler la croissance des radios
communautaires ».
47. Le programme de la MUD prévoit de réduire de
façon substantielle le nombre de fonctionnaires.
48. Le FONDEN, fonds spécial destiné à financer
les programmes sociaux, sera éliminé.
49. Capriles mettra un terme à la régulation des
prix qui permet à toute la population d’acquérir les produits de première
nécessité.
50. Capriles accuse le gouvernement vénézuélien
et la famille d’Hugo Chávez d’avoir occulté la mort de ce dernier. Selon lui,
son décès serait survenu avant le 5 mars 2013.
Salim Lamrani
Source : Mondialisation.ca 20 mars 2013

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