Jérôme Cahuzac a eu beau planquer son argent louche dans une banque
suisse, puis à Singapour, il a fini par être rattrapé… et son copain Hollande
avec lui.
L'affaire Cahuzac tombe vraiment mal pour François
Hollande, alors que le président socialiste est au plus bas dans les sondages.
Rattrapé par ses promesses électorales qu'il n'arrive pas à tenir, le N°1 français
a tenté tant bien
que mal de rassurer les Français au cours de sa dernière
interview télévisée. C'est ce moment que son ancien ministre délégué auprès du
ministre de l'Economie et des Finances, chargé du Budget, Jérôme Cahuzac, a
choisi d'avouer ce qu'il a toujours nié, à savoir la possession de comptes
bancaires à l'Union des Banques Suisses (UBS). « Je n'ai pas, je n'ai jamais eu
de compte à l'étranger, ni maintenant, ni avant » avait déclaré l'ancien argentier
de François Hollande, lorsque l'affaire avait été révélée par le site
d'information Mediapart en décembre 2012.
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François Hollande avec Jérôme Cahuzac |
Persuadé que l'infernale machine judiciaire qui
s'était mise en branle contre lui le 19 mars dernier, allait finir par le
broyer, il a préféré dire la vérité. « Oui, j'ai détenu 600.000 euros (393
millions de Fcfa) en Suisse » a fini par avouer ce médecin de 60 ans qui a fait
fortune dans les implants capillaires.
Pourtant, lorsque le parquet avait annoncé à son
encontre l'ouverture d'une information judiciaire pour « blanchiment de fraude
fiscale », il avait, tout en remettant sa démission au président Hollande,
continué de nier l'existence de ce compte à la banque UBS. Dans un communiqué,
il avait réaffirmé son « innocence » et dénoncé le caractère « calomniateur »
de l'accusation de Mediapart, le site qui a révélé l'affaire. Hier, Jérôme
Cahuzac a affirmé avoir menti et a avoué en avoir eu honte. Mais cette
repentance tardive ne change pas grand-chose au coup porté au gouvernement de
gauche.
L'UMP qui ne fait pas pour l'heure des gorges
chaudes du scandale, attend certainement de connaître tous les contours de
cette sale affaire avant d'acculer son principal adversaire politique. Cette
affaire tombe comme du pain béni pour le parti de Nicolas Sarkozy qui pourrait
s'en servir pour demander à François Hollande de nettoyer ses propres écuries
avant de s'en prendre à son leader. En effet, l'affaire Cahuzac rappelle un peu
celle qui vaut aujourd'hui des ennuis judiciaires à l'ex-président
français. Il s'agit de l'affaire Liliane Bettencourt qui avait entraîné en
juillet 2010, la démission de M. Eric Woerth, ancien ministre du Travail puis
du Budget.
Le scandale qui éclabousse aujourd'hui le
gouvernement socialiste, même si François Hollande refuse d'être appelé le
président socialiste, mais plutôt celui des Français, remonte à une douzaine
d'années. Le site Mediapart a diffusé en décembre 2012 un enregistrement datant
de fin 2000. Le document était détenu depuis 12 ans par l'avocat Michel
Gonelle, ex-rival politique de Jérôme Cahuzac. Le parquet a déclaré
que quatre témoins ont affirmé aux enquêteurs avoir reconnu la voix de l'ex-ministre
du Budget sur le document sonore. Un autre ira plus loin en déclarant aux
enquêteurs que les sommes versées sur le compte suisse de M. Cahuzac
proviendraient de laboratoires pharmaceutiques. Les fonctions exercées dans le
passée par le mis en cause, pourraient corroborer ces révélations.
En effet, l'ancien ministre, chirurgien de formation, avait été de 1988 à 1991 conseiller technique du ministre de la Santé Claude Evin sous François Mitterrand. Après ce passage au cabinet ministériel, Jérôme Cahuzac a été consultant pour cette industrie pharmaceutique qui lui aurait versé de l'argent sur le compte UBS. A en croire toujours Mediapart, le ministre a clôturé ledit compte en 2010 et les avoirs auraient été transférés dans un autre paradis fiscal à Singapour via des montages complexes. Depuis hier Jérôme Cahuzac a été mis en examen.
En effet, l'ancien ministre, chirurgien de formation, avait été de 1988 à 1991 conseiller technique du ministre de la Santé Claude Evin sous François Mitterrand. Après ce passage au cabinet ministériel, Jérôme Cahuzac a été consultant pour cette industrie pharmaceutique qui lui aurait versé de l'argent sur le compte UBS. A en croire toujours Mediapart, le ministre a clôturé ledit compte en 2010 et les avoirs auraient été transférés dans un autre paradis fiscal à Singapour via des montages complexes. Depuis hier Jérôme Cahuzac a été mis en examen.
Charles d'Almeida, in L'Inter
Titre original : « Affaire Cahuzac:
L'ex-ministre du Budget avoue enfin ! Le gouvernement Hollande éclaboussé par
sa première affaire sale »
en maraude dans le web
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faciliter la compréhension des causes, des mécanismes et des enjeux de la « crise
ivoirienne ».
Source : La Dépêche d'Abidjan 3 Avril 2013
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