Mes chers amis,
je ne comprends plus rien. J’ai l’impression que rien n’a encore changé en Côte
d’Ivoire. Moi j’ai fait campagne pour le candidat Alassane Ouattara. Je l’ai
fait en toute conscience et confiance car l’homme a présenté un programme plus
clair, réaliste et plus proche des réalités de mes
concitoyens que les autres
en lice.
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Roger Youan |
Un programme
bien chiffré donc il sera aisé pour chacun de nous de l’évaluer en fonction.
Mais voilà que chaque fois que tu veux faire des critiques ou des propositions,
il se trouve des personnes très « alassanistes » qui le refusent et
prêts à te tenir des propos pas très humains. Ils vont même plus loin dans leur
logique. On me rappelle que j’ai été un jeune patriote, un pro-Gbagbo même si
je me suis battu pour Alassane Ouattara, qui est aujourd’hui président de la
République.
Ne vous torturez
pas les frères. Oui ! Ne vous auto-flageller pas. Je ne renie pas mon passé
comme d’autres. Je suis un homme de l’Ouest et c’est comme ça chez nous. Un
homme responsable et mature, chez les wê surtout, reste toujours digne de ce
qu’il a été, de ce qu’il est et de ce qu’il sera. Je suis donc digne et fier de
mon passé. Que sera ton présent et ton avenir sans ce passé ? Moi je suis Wobé
de père et Guéré de mère. Vous comprenez donc que je suis un Wê. Oui ! J’ai
soutenu Gbagbo au plus fort de la crise militaro-politique que notre pays a
connu.
J’ai été
Président des patriotes victimes lors des événements des 6, 7, 8 et 9 Novembre
2004. Oui je l’ai été. Je reste toujours fier et soulager de l’avoir fait parce
que je suis contre toute idée de coup d’état. Qui pourra lever le petit doigt
en Côte d’Ivoire et dire qu’il aime les coups d’état ? Personne bien sûr.
Je l’ai fait et
je le referais si la même situation arrivait à se produire encore aujourd’hui.
On ne le fait pas pour un homme mais pour les institutions démocratiques qui
existent dans le pays. Pourquoi les uns et les autres condamnent aujourd’hui
les tentatives de déstabilisations çà et là ? Dites-moi pourquoi ? Pourtant ce
n’est plus Gbagbo qui est au pouvoir. Ce n’est pas bon, les coups d’état. Tant
qu’on ne mettra pas un terme définitif à la folie des coups de force dans nos
états africains, je pense qu’il faudra un tant soit peu oublier de penser
développement et pays émergent.
Comprenons cela
et comprenez une fois pour de bon que c’est parce que les institutions étaient
restées debout malgré tout qu’on a pu organiser des élections en Côte d’Ivoire.
On ne parle pas d’élections dans un pays où il n’existe pas d’institutions. Il
faut les remettre d’abord en place et sachez que cela prend du temps. Le cas
Centrafricain est bien là pour l’attester.
Quel que soit le
problème, il ne faut pas renverser nos institutions
J’ai fait
campagne pour Alassane Ouattara pour mettre fin à un système dont les pratiques
étaient malsaines : le clientélisme, le népotisme, le favoritisme,
l’enrichissement illicite, le détournement des deniers publics, la course
insolente à l’argent, la bourgeoisie impolie, la corruption, la division,
l’injustice sur toutes ses formes, le régionalisme très insolent, le m’as-tu-vu
insolent, les abus de pouvoir, etc. C’est contre tout ça que Roger Youan a fait
campagne. C’est pour aller jusqu’au bout de mon action que je me suis retrouvé
dans le blocus au Golf Hôtel dans le but de toujours apporter mon soutien au
Président démocratiquement élu, Alassane Ouattara.
C’est bien pour
aller au bout de mon action qu’au moment où certains refusaient de passer sur
les plateaux de TCI pendant les heures très chaudes de la crise postélectorale
prétextant que leurs familles n’étaient pas en sécurité, nous on y prenait la
parole pour rétablir la vérité là où le mensonge avait commencé à passer.
Je ne suis pas
un opposant au régime du Président Ouattara. Mais je m’oppose aux mêmes causes
qui produisent les mêmes effets.
Je m’oppose à
tout ce qui nous a conduit à la guerre qui a fait des millions de victimes et
dont on ne parle pas très souvent mais qui continuent de souffrir en silence.
Si nous constatons
que les mêmes pratiques continuent sous l’administration Ouattara, nous allons
les dénoncer. On ne va pas se taire et se cacher sous nos lits, observer et
applaudir comme le font certains. Peu importe ce que cela nous coûtera.
Si vous ne
voulez pas qu’on dénonce, si vous refusez qu’on critique, alors montrez-moi le
changement pour lequel on a élu Alassane Ouattara, le changement pour lequel il
y a eu 3 000 morts en Côte d’Ivoire.
C’est bien le
refus de critique et d’acceptation de certaines vérités importantes qui ont
fait couler le régime Gbagbo. Moi je refuse que le régime pour lequel des
ivoiriens sont morts connaisse le même sort. Il faut que les uns et les autres
acceptent qu’on porte des critiques à l’action du régime. Cela va l’aider à
emprunter le bon chemin. C’est bien cela la démocratie et la bonne gouvernance.
Le changement
est un long processus ; la critique et la contradiction en sont l’essence.
Je refuse la
posture des trois singes qui consiste à ne rien voir, rien entendre et rien
dire. Je crois véritablement aider le Président Alassane Ouattara à réussir sa
mission le faisant, pas le contraire.
Alors si tel est
le cas, j’arrive a la conclusion que tous les systèmes politiques se
ressemblent. Mais, de grâce, permettez-nous de limiter les dégâts pour l’avenir.
Telle est ma
manière, a moi, d’aimer mon pays.
Roger Youan, un homme libre, un
pro-Côte d’Ivoire.
Titre original : « Je
vais toujours critiquer malgré tout… »
en maraude dans le web
Sous cette rubrique,
nous vous proposons des documents de provenance diverses et qui ne seront pas
nécessairement à l’unisson avec notre ligne éditoriale, pourvu qu’ils soient en
rapport avec l’actualité ou l’histoire de la Côte d’Ivoire et des Ivoiriens, et
aussi que par leur contenu informatif ils soient de nature à faciliter la
compréhension des causes, des mécanismes et des enjeux de la « crise
ivoirienne ».
Source : Connectionivoirienne.net 10 avril 2013
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