mercredi 18 juin 2014

PRENDRE LES BONNES DECISIONS…

La Côte d’Ivoire est dans un état lamentable à tous points de vue, depuis des années. Cet état a empiré depuis le coup d’Etat de la France aidée de l’ONU et des Etats Unis, pour imposer en 2011 à la tête de l’Etat ivoirien un régime fantoche, prêt à toutes les basses combines en vue d’assouvir des ambitions de médiocrité aux dépens des Ivoiriens. Dans la perspective d’une élection que ce régime veut gagner d’avance, il met en œuvre toutes sortes d’actions à l’effet de saper toutes les normes. Ainsi, la naturalisation en masse des Burkinabé et autres apatrides de la sous-région, pour les récompenser d’avoir commis toutes les atrocités que l’on sait en Côte d’Ivoire. Non satisfait du nombre des mercenaires de la rébellion, illégalement naturalisés et enrôlés dans les institutions de l’Etat (Douanes, impôts, Police et autres, en plus de ceux qui constituent la milice tribale des « Forces Nouvelles » devenue FRCI puis transformée en armée nationale), le régime au pouvoir a décidé de naturaliser ivoiriens tous ceux qui le désirent, par simple déclaration. En plus, on fait entrer par cargaisons impressionnantes des ressortissants de ce pays que le noble et fier Sankara avait voulu « Le Pays des Hommes Intègres », pour les déverser dans les localités tenues en respect par des bandes lourdement armées, pour se constituer un bétail électoral.
A présent, pour parachever l’affaire, on a décidé de faire un recensement général de la population et de l’habitat : ayant déjà, par la violence et les pratiques frauduleuses, modifié les traits caractéristiques de la population et des sites habités, le régime veut peaufiner sa tricherie en produisant un fichier population taillé sur ses intérêts, un fichier qui tiendra à l’écart la population réelle du pays. Et les serviteurs des intérêts français en Côte d’Ivoire contre les Ivoiriens ne s’embarrassent pas des grossièretés dans leurs pratiques félonnes, assurés qu’ils sont que leurs parrains occidentaux les accompagneront dans la préparation du chaos dans le pays ! Ils n’ont vraiment plus rien d’humain, ces Occidentaux ! Evidemment, ils ont démontré, depuis longtemps, leur capacité d’entreprendre toutes les basses cruautés, pour garantir leurs intérêts ! Assurés donc que, comme en 2010-2011, ils seront soutenus quoi qu’il arrive par ces parrains-là, les maîtres du pays ont opté pour un fichier population sur mesure, préfabriqué, le recensement pour lequel les contribuables du pays sont délestés de plusieurs milliards n’étant que de la poudre aux yeux, comme le fut l’opération d’identification précédente, qui engloutit inutilement près de la centaine de milliards, quand SAGEM (une société française) fabriquait les cartes d’identité et les cartes d’électeurs sur la base d’un fichier population préconçu, en dehors de toute identification effective de la population… Ce trafic-là et toutes les autres manipulations n’ayant pas permis la victoire du poulain, la France bombarda les Ivoiriens et leur président pour parachever l’imposture.
Pour en revenir au RGPH 2014, répétons qu’il s’agit d’une cynique supercherie. C’est pourquoi, qu’il soit bien fait ou pas, les hommes du régime ne se soucient pas réellement de sa bonne conduite. Ce qu’ils n’avaient pas prévu, c’est le boycott que le FPI a lancé, et surtout ses effets si clairement visibles sur le terrain. Ils avaient cru que, comme d’habitude, ils tromperaient les opinions avec une opération trompe-l’œil, et brandiraient leur liste de population conçue en dehors de toute opération digne de ce nom. Avec leurs soutiens, qui contrôlent tous les circuits de l’information, ils passeraient haut les mains, quoi qu’il arrive, comme toutes les précédentes fois. Le ministre en charge de l’opération avait d’ailleurs déjà commencé à donner des statistiques mensongères, des taux complètement loin de la réalité du terrain, comme ils ont coutume de le faire. Seulement, pour ce coup-ci, la flagrance des faits, certainement, semble gêner les parrains, qui somment le régime d’obtenir la levée du mot d’ordre du parti de Laurent Gbagbo. Il s’agit juste de cacher un peu le jeu de tricherie : il est sans doute toujours question de produire un fichier sur mesure, mais sans avoir à gérer la question d’une non-participation de la population qui soit effectivement observable par tous sur le terrain ! C’est pourquoi le président Affi N’guessan et ses camarades auraient tort de lever leur mot d’ordre. En le faisant, ils auraient purement et simplement donné leur aval à la forfaiture, se rendant alors complice du mépris mortel que la France et ses protégés imposent au peuple ivoirien. Le FPI n’a pas besoin de s’associer à l’anéantissement de la Côte d’Ivoire ! Il est quasi certain que le régime, qui n’a pas encore fait preuve d’une réelle volonté de normalisation de la situation, tout ce qu’il a fait jusqu’aujourd’hui n’étant que le strict minimum, choisira, encore une fois le passage en force ; le FPI ne doit pas lui faciliter ce jeu de dupe ! Il faut laisser le régime assumer seul ses crimes devant l’histoire.
Les Ivoiriens ont juste besoin d’une personne, physique ou morale, pour conduire la mise à exécution de leurs aspirations : le parti de Laurent Gbagbo est, pour l’heure, cette personne-là ; il a besoin de le demeurer, en restant à l’écoute du peuple, pour prendre les bonnes décisions, comme le bon marin est à l’écoute du vent, pour user efficacement de sa pagaie. 

Robert Anaboko
Titre original : Eviter de se faire complice d’une énième duperie ! 

 
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Source : Le Nouveau Courrier 17 Juin 2014

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