mardi 17 juin 2014

Mort suspecte, autopsie suspecte, justice suspecte…

Affaire Nébié : Un rapport d’autopsie qui épaissit le mystère
L’Observateur Paalga (BF) 16 juin 2014 

Jusqu’au moment où nous bouclions la présente édition, l’affaire n’était toujours pas officielle. Ni le pouvoir judiciaire ni le pouvoir exécutif n’en avait fait cas. Pourtant, depuis le vendredi 13 juin 2014, Jeune Afrique a publié sur son site d’information des extraits du rapport d’autopsie du corps du juge Nébié, retrouvé mort le samedi 24 mai 2014 sur la route de Saponé.

Le juge constitutionnel Salifou Nébié
Victime d'un banal accident ?
Selon notre confrère, le document, rédigé par le médecin légiste français Stéphane Chochois, venu réaliser à Ouagadougou une nécropsie «à ciel ouvert» le 4 juin, conclut à une mort «des suites d’un accident de la circulation, avec percussion violente par un engin indéterminé».
La nouvelle, qui circule déjà dans la capitale burkinabè, a fait l’effet d’une bombe. Tant elle prend à contre-pied une bonne partie de l’opinion publique, convaincue d’un acte criminel sur la personne du magistrat et dont les mobiles ne peuvent qu’être politiques.
Mais il n’y a pas que les défenseurs de la thèse de l’assassinat qui doivent manger leur chapeau, si tant est qu’ils soient prêts à gober «un rapport digne du scénario d’un film hollywoodien». Même la justice burkinabè, au regard des conclusions de cet examen médico-légal, s’est complétement fourvoyée dans la qualification de cette mort suspecte : en effet, lors de son second passage sur les antennes de la Télévision nationale le 31 mai dernier, le procureur général près la Cour d’appel de Ouagadougou, Wenceslas Ilboudo, a lui aussi emprunté la piste criminelle : «…on peut se dire qu’on est en présence d’indices précis et concordants d’homicide volontaire. C'est-à-dire que le médecin légiste a retrouvé des blessures provoquées sur le corps de Salifou Nébié. Et donc le terme qui sied c’est l’homicide volontaire. Plus tard, avec l’évolution de l’enquête, on pourra dire s’il s’agit d’un meurtre ou d’un assassinat. Mais pour le moment, on s’en tient au terme d’homicide volontaire».
C’est que, faut-il le signaler, cette déclaration du parquet général est fondée sur un premier rapport d’examen (clichés radios et scanners) réalisé par un spécialiste burkinabè dont le «professionnalisme» a par ailleurs été salué par le procureur général.
Voilà donc la justice écartelée entre deux procès-verbaux d’autopsie contradictoires. Laquelle pèsera plus lourd dans la balance ? Commandera-t-on une contre-expertise pour départager les deux ?
En attendant les réponses à toutes ces questions sans pour autant présumer qu’elles puissent démêler cet écheveau de mystères dans cette affaire Nébié, le moins qu’on puisse dire, pour revenir au rapport Chochois, c’est qu’il tombe comme un véritable pavé dans une mare judiciaire déjà boueuse. Et les ondes d’eau viendront éclabousser davantage un corps qualifié à tort ou à raison de godillot de l’exécutif.
Il faut dire que dans sa gestion, jusque-là, le dossier a souffert de plusieurs maladresses, fortuites ou intentionnelles, c’est selon. Aux «balbutiements et autres hésitations», soulevés par le Syndicat autonome des magistrats burkinabè (SAMAB), sont venus s’ajouter les griefs du Syndicat des médecins du Burkina (SYMEB) contre l’autopsie réalisée par l’expert français. Dans une récente déclaration, nos toubibs reprochent au gouvernement d’avoir fait réaliser des examens post-mortem par un étranger au mépris des principes déontologiques et éthiques qui régissent leur profession. En outre jugent-ils exorbitants les frais de cette mission médico-légale dont le montant total aurait pu payer plus de deux kits d’autopsie alors que le pays n’en dispose d’aucun.
Faut-il voir dans toutes ces lacunes constatées dans la gestion du dossier quelque manœuvre pour brouiller les pistes ? Trop tôt pour être affirmatif. Mais force est de constater que tout cela contribue à troubler la sérénité qui doit entourer la conduite d’une affaire aussi sensible que l’affaire juge Nébié.
Avec donc une «justice suspecte», un «rapport suspect» et une «mort suspecte», le tout dans un contexte socio-politique délétère, on a un cocktail suffisamment explosif. Les incidents survenus le jour de l’enterrement le démontrent. Il convient alors de manipuler le dossier avec toute l’attention que requiert la gravité de la situation.
A la justice, qui a déjà reçu le rapport de l’autopsie «à ciel ouvert», de travailler dans la plus grande transparence. Puisqu’au point où nous en sommes, le contenu du document n’est plus qu’un secret de polichinelle, pourquoi ne pas le rendre public ?
Que l’opinion publique et la presse continuent à exiger la manifestation de la vérité tout en se départant de la vision du «coupable idéal».

La Rédaction
 

 
ANNEXE
Ce qu'en pensent les internautes burkinabè
Dr Stéphane Chochois, le légiste français
auteur du fameux rapport d'autopsie
concluant à un banal "accident routier".
 
 Nidale Lundi, 16 Juin 2014 07:20
Si tels sont les éléments clés du Rapport, on peut dire que l’expertise a été « Nébiaisée ». En effet, l’expert semble partir (se laisser influencer) des circonstances de découverte du corps (axe routier) pour expliquer les blessures, plutôt que de partir des blessures et d’en énumérer toutes les causes possibles (y compris l’accident de la voie publique) ; à charge pour la Justice de retenir la cause probable au regard des autres éléments en sa possession. Merci.
 
Zaksoba Lundi, 16 Juin 2014 07:39
Foutaise !!! On voit sur nos routes des chats fossés par des motos et leur corps ne sont plus regardables. Qui n'a jamais vu un mouton renversé par une voiture ? Qu'on arrête de nous insulté intellectuellement. Une chose est sûr, il difficile qu'on nous dise qu'il est sorti de son véhicule pour prendre de l'air sur la bitume pour se faire renverser par un camion ou gros véhicule sans qu'on ne ramasse son corps avec quoi je ne sais.
Si le gouvernement ne change pas vite les résultats de l'autopsie de ce type "immoral" qui nous traite que rein, alors le feu pour d'ici le 24 mai 2015.
 
gninko Lundi, 16 Juin 2014 07:52
Foutaises ! Ou le médecin légiste français est corrompu, ou l'autopsie a été faite sur une personne autre que le juge Nébié. Qu'à cela ne tienne. Même une mort accidentelle peut être provoquée non ? Ne peut-on pas provoquer un accident pour tuer une personne ? Dites-moi ! Avoir beaucoup bu et se trouver à une centaine de mètres de son véhicule est quand même contradictoire non ? Si le juge Nébié, même saoulé avait pu se déplacer sur 100m, pourquoi le réflexe d'éviter la mort n'a pas marché ? Quand on est saoulé, cela ne veut pas dire qu'on est mort, tout de même !
 
Jamanatigui Lundi, 16 Juin 2014 08:52
Le drame dans cette histoire, c'est pas le fait de falsifier l'histoire. Ce qui est regrettable de la part de ce médecin, c'est le fait de salir la mémoire du défunt en voulant nous faire croire que ce Monsieur s'est soûlé avant d'aller se fracasser la gueule. Un peu du respect pour sa mémoire ne ferait du mal à personne même pas à ses assassins.
 
LoiseauDeMinerve Lundi, 16 Juin 2014 08:59
Rien qu'à voir la photo ce médecin légiste, il y a fort à douter de sa stabilité mentale. Un regard gluant, une forme physique de maître gourou d'une secte. Ce monstre-là ne pouvait aboutir qu'à des conclusions qui protègent un des leurs.
 
Lumière Lundi, 16 Juin 2014 09:15
En plus du juge Nebié ils ont commandité la mort d'un autre citoyen en le faisant écrasé par un camion et en demandant à ce que le Médecin légiste français fasse l'autopsie sur ce dernier cadavre pour brouiller les pistes.
 
neilson Lundi, 16 Juin 2014 09:47
« Deal sur autopsie » pourrait être le titre du navet que M. Chochois nous a servi. Alors, avait-on besoin de payer cher ce monsieur, faire attendre dans la douleur la famille Nébié et tous les burkinabè épris de justice pour nous servir ces conclusions ? C’est quoi dans le rapport de ce monsieur qui soit au-dessus des compétences de nos légistes ? Messieurs les trucideurs, respectez nos morts et notre douleur. Une chose est sûre, ce monsieur a la chance d’être hors de portée des burkinabè, sinon, on lui aurait fait rendre gorge, et il aurait remboursé (sous des coups) en pleurant les sous du contribuable.
Allons-nous maintenant vers une contre autopsie, où allons-nous avaler les couleuvres de cet imposteur, puisqu’il semble qu’il ne soit pas légiste pour un sous !
Expert, expert ; complice oui !
 
Sidpayétka Lundi, 16 Juin 2014 10:07
BONJOUR A TOUS !
Héi les gars, vous vous attendiez à quoi ? Dites le moi ! Que ce monsieur qui n'est pas venu de lui-même ni qui n'as été mandaté par le Quai d'Orsay encore moins recruter sur test ou sur titre par comparaison d'au moins 5 dossiers vienne vous dire que Le Juge NEBIE est mort par suite d'un homicide volontaire. Pensez-vous qu'il allait pouvoir reprendre tranquillement son avion et aller produire son rapport en France. En d'autres temps, il devait y avoir contre-expertise et un rapport a chaud ou conférence de presse si vous y tenez avant que ce monsieur ne prenne la voie des airs pour aller se la couler douce et aux frais du pauvre contribuable que vous, moi, eux, nous sommes. Qui est fou. Mon professeur Blanco me disait un jour en cours de comptabilité que c'est bon de s'amuser avec l'argent des autres. Nos dirigeants sont-ils arrivés a cette conclusion ?
 
Noyesman Lundi, 16 Juin 2014 10:10
Ce légiste manque de probité intellectuelle. Sans doute, un contact de la clique françafricaine de Jean Guillon, cette bande d’amis qui bosse pour nos princes africains. J’espère que le cachet perçu par Stéphane Chochois auprès des autorités du moment est à la hauteur du risque encouru en termes de perte de crédibilité professionnelle. De toute façon, une contre-expertise s’avère nécessaire, peu importe le temps la lumière sera faite sur cette affaire et toutes les autres enfouies dans les placards du régime Compaoré.
 
Fernando LeChe Lundi, 16 Juin 2014 10:28
Il est grand temps que les burkinabés se réveil !!! De quelle mort accidentelle nos autorités nous rabattent les oreilles. Comment un accident de la circulation peut impacté les yeux qui selon les témoin ont été mutilés. Est-ce le Burkina est gouverné ????
 
le soucieux Lundi, 16 Juin 2014 10:31
Ce rapport vient réconforter l'opinion publique sur la volonté des autorités actuelles de brouiller les pistes de la vérité sur un énième crime de sang perpétré sur des citoyens burkinabè. C'est une insulte à l'intelligence du peuple Burkinabè par Chochois dont le regard n'inspire pas confiance. Il est venu en tourisme pour repartir avec des dizaines de millions de francs CFA et les résultats de son rapport sont à la hauteur du montant perçu. C'est un deal entre le ministère de la justice et ce fameux autopsien français. La quête de la justice sur la mort de Nébié ne sera pas distraite par ce faux rapport. On attend la publication officielle de ce rapport par le procureur général et la suite qui sera donnée.
 
Dabnet.net Lundi, 16 Juin 2014 10:40
Attention chers camarades forumistes. Avant d'accuser le médecin Français Chochois, il faut nous assurer qu'il a eu affaire au corps du juge. Puisqu'à l'autopsie, il n'y avait aucun membre de la famille ni leur représentant. Alors méfiance !
Toujours est-il que un accident de cette envergure ne peut se faire sans que le corps ne soit broyé et que ne serait-ce qu’une goutte de sang se verse sur le sol alors messieurs ?
Mais où sont-passés ses yeux et l'historique de ses appels téléphoniques ?
DIEU SAUVE LE BURKINA DES OVNIS et DES SOUCOUPES VOLANTES
 
wendso Lundi, 16 Juin 2014 10:54
Encore un nouveau dossier classé dans le pays des hommes intègres. Il faut respecter la vie que Dieu a donnée. Ce Médecin légiste a-t-il une famille ? Ou bien, chez eux, la notion de famille n'existe plus ? Sinon il devrait se mettre à la place de cette famille et des milliers de burkinabés qui réclament justice, et au nom de son cernent en tant que Médecin refaire ses analyses afin de faire valoir ses qualités et aussi honorer son pays s'il est un vrai patriote de la France. Il faut que la lumière soit faite pour que l'âme du juge puisse se reposer dans la paix et soulage les cœurs des burkinabés et surtout la famille du juge.
 
LoosersOnTheRun Lundi, 16 Juin 2014 10:56
Ainsi donc, le juge Nebie – qui, soit dit en passant, se savait déjà menacé puisqu'il s'était ouvert à plusieurs de ses proches-après qu'il a quitté son ami GBN à 19h, c'est-à-dire la nuit, a pris le risque monstre de rouler tout seul jusqu'à Saponé pour on ne sait quelle raison ?... Et arrivé là pour, je répète, on ne sait quelle raison, il se serait arrêté sur la route, se serait éloigné à 200m de son véhicule, sans doute pour satisfaire un besoin naturel (?). Et toujours dans cette position, si l'on en croit le « docteur » Stephan Chochois, légiste de campagne en France – précision utile – il aurait été tué sans doute par un « chauffard » qui aurait pris la fuite ? Ah ! Oui ! Que n'imagineront-ils pas comme scénario ? Mes frères, mes sœurs, c'est le scénario qui sera imaginé, peaufiné et servi aux Burkinabé dans les jours à venir. Quand Stephan Chochois parle de « forte alcoolisation », on voit où ils veulent en venir. Mais le Peuple sait qui a tué Salifou Nébié
 
Watamé ! Lundi, 16 Juin 2014 11:08
Que cet objet contondant soit si agile jusqu'à crever les yeux du juge ? Quelqu'un le tenait !
 
KEBIYA Lundi, 16 Juin 2014 11:21
Je vous l'avais dit. Si Thom Sank est mort de mort naturelle, c'est pas Nébié qui ne va pas mourir suite à un accident. Mais je crois que c'est le mort de trop. Qu'est-ce que les parents du juge NEBIE attendent pour sortir les fétiches, si le bon Dieu ne veut pas lui-même dire que « stop, trop c'est trop, je vous aie laissé faire trop longtemps. Mais là c'est le mort de trop ».
Source : L'observateur Paalga

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