samedi 10 novembre 2012

Meiway : Il faut des interlocuteurs crédibles…

MEIWAY
Meiway a pris part à la Caravane de sensibilisation à la réconciliation et à la paix du 20 octobre au 3 novembre dernier. A Korhogo, le lundi 29 octobre dernier, nous avons pris langue avec lui pour qu’il nous dise son mot sur les tenants et les aboutissants de cette caravane.

Notre Voie : Que vous inspire cette caravane de la réconciliation nationale ?
Meiway : Cette caravane m’inspire une volonté réelle d’aller vers la paix et la réconciliation. C’est souvent bien de faire des discours, mais c’est toujours bien de les concrétiser. Nous les artistes ressentons une réelle volonté d’aller à la paix.

N.V. : Croyez-vous en la réconciliation ?
Meiway : Je suis quelqu’un qui est toujours resté optimiste. Car, tant qu’il y a la vie, on peut toujours réaliser des exploits. Je suis persuadé que, pour qu’il y ait réconciliation, il faut que tous les Ivoiriens participent à cette idée ; ce ne sont pas seulement les artistes qui doivent s’y employer.

N.V. : Comment y arriver ?
Meiway : Il existe une volonté nationale d’aller toujours vers la réconciliation. Et, pour réussir cette mission et aller à la paix, il faut avoir des interlocuteurs crédibles, sinon pas de réconciliation possible.

N.V. : De quels interlocuteurs parlez-vous ?
Meiway : Les interlocuteurs en face. Je n’ai pas de problème personnel. Moi, je n’ai pas besoin d’interlocuteur. Pour moi, tout roule. Mais les vrais interlocuteurs sont soit en exil, soit en prison. On fait donc quoi ?

N.V. : Qu’entendez-vous par réconciliation et comment peut-on la réaliser?
Meiway : Ce sont deux personnes en face qu’on réconcilie, deux interlocuteurs. Il y a aujourd’hui un interlocuteur au pouvoir : le groupement politique Rhdp. Je me rends compte que les vrais interlocuteurs, dans le cas d’espèce, sont en exil ou en prison. Je fais allusion aux membres Lmp. On prêche donc un peu dans le désert aujourd’hui concernant le processus de réconciliation nationale. On n’est pas obligé de se dire bonjour, mais on est obligé de vivre ensemble et donc dans une certaine atmosphère.

N.V. : Une réconciliation par les artistes est-elle possible en Côte d’Ivoire ?
Meiway : Ce serait manquer d’humilité que de penser et même dire que les artistes peuvent réconcilier les Ivoiriens. Nos politiciens doivent aussi grandement jouer leur partition. Ce sont eux qui ont créé cette situation ; ils doivent donc s’y impliquer véritablement.

N.V. : On constate qu’une partie de la population ne se sent pas concernée par les spectacles que vous donnez. Qu’en dites-vous ?
Meiway : La Côte d’Ivoire reste divisée. Vous croyez que ceux qui ont quelque chose sur le cœur viendront aux stades assister aux spectacles. On a une mission tellement délicate, mais qui nous empêche pas de tenir compte de la réalité des faits sur le terrain.

Entretien réalisé par Marcellin Boguy

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Source : Notre Voie 7/11/2012

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