vendredi 23 novembre 2012

« La proposition de Ouattara qu’Ahoussou a refusée »

J. Ahoussou Kouadio (Thierry Charlier/AFP)
Tout s’est joué à la dernière minute. Jusqu'à mardi soir, Jeannot Kouadio Ahoussou était sûr d'être reconduit à son poste de Premier ministre. En tout cas, c'est ce qui avait été arrêté, lundi 19 novembre 2012, par Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié au cours de leur raout d'une demie heure. Mais les promesses du chef de l'Etat ont évolué après sa rencontre avec le président du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (Pdci). De sorte que quand le numéro 1 ivoirien a reçu le chef du gouvernement sortant en début de soirée du mardi 20 novembre 2012 (de 18 h 30 à 19 h 25), il lui a dit qu'il ne voulait plus le reconduire à son poste de Premier ministre. Le locataire du Palais présidentiel a proposé au député de Didiévi d'être le président du directoire du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp, l'alliance au pouvoir). Jeannot Ahoussou Kouadio a refusé cette proposition d'Alassane Ouattara. Comme celle relative à des avantages que le patron de l'Exécutif ivoirien était prêt à lui concéder.
Au cours de l'audience, le président de la République aurait dit au Premier ministre sortant qu'il est agacé que certaines personnes disent qu'il faut forcément un chef du gouvernement d’ethnie baoulé. Il a, en outre, trouvé anormal que l'avocat de Bédié se soit fait entourer de nombreux Baoulé... Pour tout dire, la rencontre entre les deux hommes n'aura pas été des plus conviviales. C'est ce qui expliquerait que J. Ahoussou Kouadio soit revenu, à l'issue d'une rencontre avec des députés du Rassemblement des républicains (Rdr) la même nuit, sur son origine ethnique. 

« Vous savez, je l'ai dit la semaine dernière que ce qui importe, c'est la cohésion des Ivoiriens. Il ne s'agit pas d'être Premier ministre pour être Premier ministre d'un pays déchiré. Il ne s'agit pas d'être président de la République pour être président de la République d'un pays déchiré. Il faut pouvoir réunir les Ivoiriens. Je pense que c'est ce qui est important. Comment les Ivoiriens peuvent avoir leur cohésion et vivre ensemble. Je crois que le président de la République est celui qui a fait du concept du "Vivre ensemble", son programme de gouvernement. J'appartiens, excusez-moi de vous le dire, à un groupe Baoulé. Et pour nous, le sacrifice d'un individu pour sauver une communauté, cela ne pose pas de problème. Si je dois être l'élément à sacrifier pour que les Ivoiriens retrouvent leur cohésion, je suis prêt. Je l'ai dit samedi dernier : si je suis maintenu, tant mieux. Si je ne le suis pas, tant pis », 

a fait savoir Jeannot Ahoussou Kouadio quand les journalistes lui ont demandé s'il était maintenu ou pas à la tête du gouvernement. 

« J'ai envoyé déjà ma robe d'avocat au pressing. Et à partir de la semaine prochaine peut-être, si je ne suis pas reconduit, je repars au palais (de justice) pour faire mon métier. J'ai un métier. J'ai été ministre de l'Industrie. Quand je suis sorti du gouvernement en tant que ministre de l'Industrie, j'ai repris ma robe et je suis allé à l'audience. Donc là, si je sors comme Premier ministre, je reprends ma robe. J'irai au Palais de justice et au Palais de l'Assemblée nationale parce que je suis député de Didiévi »

a-t-il ajouté comme pour dire qu'il ne faisait pas de fixation sur son poste de Premier ministre.
Par ailleurs, Me Jeannot Ahoussou Kouadio a fait ses adieux à ses collaborateurs, à la salle du Conseil de gouvernement à la Primature dans l'après-midi du mercredi 21 novembre 2012. C'était bien avant que le décret de nomination de Daniel Kablan Duncan comme nouveau chef de gouvernement ne soit lu par le Secrétaire général de la présidence de la République, Amadou Gon Coulibaly. La cérémonie a duré une vingtaine de minutes où émotions et tristesses étaient au rendez-vous. Des collaborateurs du Premier ministre sorti n'ont pu retenir leurs larmes. A l'occasion, M. Jeannot Ahoussou a fait son bilan depuis sa nomination le 13 mars 2012. Il a rappelé le forum social qu'il a initié. Tout comme le dialogue politique avec l'opposition. L'ex-Premier ministre est revenu sur la constitution du groupe consultatif pour la mobilisation de 11087,3 milliards de Fcfa dans le cadre du Plan national de développement (Pnd). Il n'a pas omis le budget de 2013 qui a été majoré sous sa Primature.

Arouna SYLLA - Soir info 22 novembre 2012


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