dimanche 23 septembre 2012

Attaque du 19 septembre 2002. Comment l’Ua, la Cedeao et l’Onu ont été manipulées.

Vieille d’une décennie, la crise ivoirienne continue de couler comme un long fleuve tumultueux et capricieux, avec ses incertitudes, sans jamais laisser présager une fin imminente, loin s’en faut. Retour sur le pouvoir français de droite qui a tiré les marrons du feu.

Enclenchée, dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, la crise en Côte d’Ivoire s’est compartimentée, avec des acteurs aux intentions, objectifs et raisons diamétralement opposés. Au commencement, des interactions en internes qui ont fait dire à certains réseaux notamment français, qu’il s’agissait d’une «crise entre Ivoiriens». Mais il a fallu juste un peu de temps – « un autre nom de Dieu » dixit Laurent Gbagbo –, pour que par la suite cette crise se révèle comme une grosse arnaque de la communauté internationale. Laurent Gbagbo et le peuple ivoirien dans le rôle de victimes. Faisant le tour du conglomérat de conspirateurs quelle ne fut la surprise des anciennes autorités ivoiriennes de savoir qu’ils ont l’impérieux devoir national de se battre seuls contre tous. La posture de l’orphelin face à des orges.

Mi-septembre 2002, le président Olesegun Obasanjo du Nigeria, selon des indiscrétions, appelé à l’aide par le président Gbagbo, s’active à Abuja pour donner une suite favorable aux autorités ivoiriennes, attaquées par une rébellion armée. Les avions de chasse de l’armée nigériane annoncés pour éradiquer ladite rébellion ne décolleront jamais. Aucun discours officiel ne viendra élucider les raisons du revirement des autorités nigérianes.

A Accra la capitale ghanéenne le 29 septembre 2002, les chefs d’Etat de la Cedeao se retrouvent pour statuer sur la situation. Le point 7 de leur déclaration est particulièrement sans appel pour la rébellion : « Conformément à la Déclaration des principes politiques de la Cedeao du 6 juillet 1991 adoptée à Abuja, au Protocole relatif aux mécanismes de prévention, de gestion, de règlement des conflits, de maintien de la paix et de la sécurité en date du 10 décembre 1999, et à la Décision Ahg Dec,142 (xxv) sur le cadre pour une réaction de l’Oua (ndlr : ancienne Union africaine) face aux changements anticonstitutionnels de Gouvernement adoptée par l’Oua à Alger en juillet 1999, les chefs d’Etat et de gouvernement ont réaffirmé la position de la Cedeao aux termes de laquelle aucune reconnaissance ne sera accordée à tout gouvernement qui prendra le pouvoir en renversant un gouvernement démocratiquement élu ou en utilisant des moyens anticonstitutionnels. »

Plus loin notamment en points 12 et 13, il est dit ceci : « Les chefs d’Etat et de Gouvernement ont réaffirmé leur engagement à défendre par tous les moyens, la démocratie, la bonne gouvernance et l’Etat de Droit ; Les chefs d’Etat et de gouvernement ont invité les Etats membres de la Cedeao à apporter immédiatement leur soutien (politique, matériel, logistique) aux autorités légales de la Côte d’Ivoire afin de maintenir l’ordre constitutionnel, la paix, la sécurité, l’unité et la cohésion nationales ».

Mais cinq mois plus tard, la Cedeao se rebiffe. Le 14 janvier 2003 le chef de l’Etat togolais et coordonnateur de la médiation ouest-africaine qui vient de se mettre en place dans la crise ivoirienne, feu Gnassingbé Eyadéma, rend « hommage » aux belligérants ivoiriens pour avoir signé lundi après-midi à Lomé un accord de « cessation des hostilités ». « Je rends hommage à nos amis qui ont fait le déplacement pour qu’ensemble nous puissions trouver une solution à la crise en Côte d’Ivoire », déclare-t-il triomphal à l’issue de la cérémonie de signature de l’accord de « cessation des hostilités ». rappelons que par cet accord, le gouvernement ivoirien et les rebelles du Mouvement populaire ivoirien du grand ouest (Mpigo) et du Mouvement pour la justice et la paix (Mjp), tous deux apparus fin novembre dans l’ouest du pays, « s’engagent à cesser les hostilités pour permettre de débuter les négociations de Paris ». L’accord poursuit que les négociations doivent réunir à partir du 15 janvier les forces politiques ivoiriennes – « au cours desquelles un accord de cessez-le-feu et un accord de paix global seront négociés », dit l’ex-président togolais qui ajoute que : « la guerre ne profite qu’à ceux qui ont des usines d’armes. Nous devons l’éviter par tous les moyens ».

Mais les propos nuancés de l’ex-président togolais ne passent inaperçu aux yeux de nombreux observateurs. Non seulement la rébellion venait d’être reconnue officiellement avec subtilité contrairement à la déclaration du 29 septembre 2002 pondue par les chefs d’Etat de la Cedeao. Mais désormais il faut envisager le renvoi des négociations à Paris. Ce qui signifierait ipso facto, l’échec des négociations dirigées par un chef d’Etat africain qui somme toute, s’échinait à réconcilier « les frères Ivoiriens ». Que vient faire Paris dans une « affaire ivoiro-ivoirienne », s’interrogent alors des observateurs ?

Le mardi 13 janvier 2003, le ministre des Affaires étrangères de France, Dominique de Villepin entame une visite en Côte d’Ivoire et dans certains pays voisins pour « aider à résoudre la crise ». Les pourparlers de paix à Lomé achoppant toujours, lundi, sur les différends. Il faut noter que le chef de l’ex-rébellion à cette époque, Guillaume Soro venait de lancer un pavé dans la marre en indexant ouvertement le Ghana voisin. « 70 à 100 militaires ghanéens » pour « combattre le Mpci », accuse Soro. La réaction des autorités ghanéennes ne se fait pas attendre : « C’est une allégation des plus scandaleuses », dément formellement le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Hackman Owusu Agyeman. En fait, l’initiative d’Eyadema venait de connaître un coup d’arrêt et la sortie du secrétaire général du Mpci participe de la réussite du plan de sabotage mis en place par la France. Encore qu’en début de négociations, les autorités togolaises menaçaient d’expulser Louis-André Dakoury-Tabley et Guillaume Soro, pour leur « inconvenance » et « irrévérence » au président Laurent Gbagbo que celles-ci considéraient encore toujours comme le président légal et légitime de la république de Côte d’Ivoire.

Rendez-vous donc en France, précisément dans une banlieue parisienne, Linas-Marcoussis, du 20 au 23 janvier 2003. C’est ici que l’ancienne puissance coloniale entre officiellement en jeu. Mais s’étant très vite aperçue de son erreur de ne pas laisser régler l’affaire entre Africains, la France positionne une médiation qui se décline comme un fourre-tout où tout le monde fait tout et rien à la fois. L’objectif étant de brouiller les pistes de la vraie réconciliation entre filles et fils de la Côte d’Ivoire. En paragraphes 4, 5 et 6 de l’Accord de Marcoussis : « La Table Ronde recommande à la Conférence de Chefs d’Etat que le comité de suivi soit établi à Abidjan et composé des représentants des pays et des organisations appelés à garantir l’exécution des accords de Paris, notamment : le représentant de l’Union européenne, le représentant de la Commission de l’Union africaine, le représentant du secrétariat exécutif de la Cedeao, le représentant spécial du Secrétaire Général qui coordonnera les organes de la famille des Nations unies, le représentant de l’Organisation internationale de la Francophonie, les représentants du Fmi et de la Banque mondiale un représentant des pays du G8, le représentant de la France ».

Le point 5 de l’Accord ne se fait pas plus explicite en indiquant que « La Table Ronde invite le gouvernement français, la Cedeao et la communauté internationale à veiller à la sécurité des personnalités ayant participé à ses travaux et si nécessaire à celle des membres du gouvernement de réconciliation nationale tant que ce dernier ne sera pas à même d’assurer pleinement cette mission. » Ici la France se soucie plus de la protection de ses pions qu’elle a réussi à placer au cœur du pouvoir ivoirien et il s’agira pour ce pays de les protéger afin d’éviter qu’un grain de sable ne vienne à gripper la machine.

Quant au point 6, il dit particulièrement que « La Table Ronde rend hommage à la médiation exercée par la Cedeao et aux efforts de l’Union Africaine et de l’Onu, et remercie la France pour son rôle dans l’organisation de cette réunion et l’aboutissement du présent consensus… » La crise ivoirienne échappe définitivement aux Ivoiriens et s’internationalise au gré des intérêts du conglomérat des conspirateurs. En dépit des déclarations diplomatiques et des vœux pieux la France tire les marrons du feu. Le 7 mars 2003, les chefs d’Etat de la Cedeao se convient encore à un sommet, le deuxième dans la capitale ghanéenne. C’est le sommet d’Accra 2.

« Se référant à l’accord de Marcoussis, la Table Ronde réaffirme la nécessité de préserver l’intégrité territoriale de la Cote d’Ivoire, le respect de ses institutions et la restauration de l’autorité de l’Etat. Elle rappelle son attachement ou principe de l’accession ou pouvoir et de son exercice de façon démocratique. La Table Ronde réaffirme par ailleurs, l’autorité du Président Laurent Gbagbo, en sa qualité de Chef de l’Etat, Chef suprême des Armées, garant de la Constitution et des institutions républicaines. Elle salue la volonté du Chef de l’Etat d’appliquer l’Accord de Marcoussis, notamment par la mise en œuvre, avant le 14 mars 2003, des dispositions pertinentes relatives à :
a) la délégation des pouvoirs au gouvernement ;
b) la formation d’un gouvernement de réconciliation Nationale.
Concernant la formation du gouvernement de réconciliation nationale et en vue de sortir de l’impasse actuelle, la Table Ronde recommande : La création d’urgence d’un Conseil National de Sécurité de quinze (15) membres comprenant, le président de la République, le Premier ministre, un représentant de chacune des forces politiques signataires de l’Accord de Marcoussis, un représentant des Fanci, un représentant de la gendarmerie nationale et un représentant de la police nationale pour concourir à la bonne gestion des ministères de la Défense et de la Sécurité intérieure.

Sur proposition de ce Conseil, le Premier ministre soumettra, dans les plus brefs délais, au président de la République, en vue de leur nomination aux postes de ministre de la Défense et de ministre de la Sécurité, des personnalités choisies sur une base consensuelle. L’attribution au Mpci de deux ministères d’Etat : le ministère de l’Administration du territoire et le ministère de la Communication. Le respect des choix faits par les forces politiques de leurs représentants au gouvernement.

La Table Ronde invite le gouvernement ivoirien, de concert avec les troupes françaises et celles de la Cedeao à, prendre immédiatement toutes les mesures nécessaires pour assurer la protection et la sécurité des participants à la Table Ronde de Marcoussis, des membres du gouvernement en particulier et de la population en général… » Même rhétorique, mêmes subterfuges, la France est y omniprésente et semble se satisfaire de la duplicité de la Cedeao. Comme on ne change pas une équipe qui gagne, Accra 3 conclu les 29 et 30 juillet 2004, sera le remake d’Accra 1 et d’Accra 2. La négociation est au point zéro, espérant avoir Laurent Gbagbo à l’usure la communauté internationale joue le pourrissement de la situation, la Côte d’Ivoire elle, continue de sombrer. En avril 2005, la médiation sort de la sous région et échoit à l’échelle continentale.

L’Union africaine (Ua) confie la médiation au président sud-africain. 

Du 3 au 6 avril 2005 Thabo Mbéki et les parties prenantes au conflit ivoirien se retrouvent dans la capitale sud-africaine Twane (Pretoria). L’élément nouveau est que les ministres des Forces nouvelles que Laurent Gbagbo avait démis de leurs fonctions respectives pour « insubordination », « incompétence », « sabotage de la cohésion gouvernementale » sont réintégrés et le processus Ddr subséquemment au point mort est à relancer. Comme à Paris, toujours dans la continuité du dépouillement de Laurent Gbagbo de tout son pouvoir, l’accord fait un zoom sur « l’autorité » du Premier ministre. « Il a été convenu que le Premier ministre du Gouvernement de réconciliation national a besoin d’une autorité exécutive nécessaire pour accomplir convenablement sa mission. Il est convenu que la délégation des pouvoirs dont jouit le Premier ministre est suffisante pour lui permettre d’accomplir sa mission conformément à l’Accord de Linas-Marcoussis. En conséquence, le président de la République réaffirme l’autorité du Premier ministre ».

Mais ce sont les 28 et 29 juin 2005, toujours à Pretoria, que la stratégie d’affaiblissement du pouvoir du président Laurent Gbagbo va prendre un coup d’accélérateur. Cette année-là, le président du Rdr qui coure derrière une première participation à une élection présidentielle en Côte d’Ivoire se voit accorder le précieux sésame. Sans clairement le dire, l’Accord 2 de Pretoria en son point 5 met fin au calvaire d’Alassane Ouattara, en insistant sur la protection des candidats (dont le nom du président du Rdr figure en bonne place) à l’élection présidentielle. « L’Onuci et la Médiation vont accorder la priorité à la mise au point d’un plan de protection et autres mesures nécessaires pour assurer la sécurité du Ministre d’Etat Guillaume Soro et des candidats à la Présidence, Henri Konan Bédié et Alassane Ouattara… »

En facilitant l’éligibilité et la candidature d’Alassane Ouattara à présidence ivoirienne, le médiateur de l’Union africaine le président Thabo Mbéki, notons-le bien, résout un problème vieux de plusieurs années et baisse considérablement la tension sociale. Pour la France qui suit de très près le dossier Ouattara, un pas de géant vient d’être franchi dans le positionnement de son poulain. Dès lors, la France met le cap sur une nouvelle orientation de la manipulation. Elle se joue des coudes et met en branle son réseau diplomatique.

Il faut organiser une «élection présidentielle non exclusive» en Côte d’Ivoire. Alors même que le désarmement des factions rebelles, objet de tous les blocages du processus de paix, peine à connaître un début d’exécution. La moitié nord de la Côte d’Ivoire dite zone Cno (Centre-Nord-Ouest) est aux mains des rebelles, ce qui rend impossible l’organisation desdites élections présidentielles, selon la constitution ivoirienne. Avec sa kyrielle de résolutions – 26 résolutions de 2003 à 2007 –, l’Organisation des Nations Unies (Onu) met la pression sur le président Laurent Gbagbo. Bien que s’étant arc-boute sur la loi fondamentale ivoirienne, le président Gbagbo concède. « Pour ne pas être le va-t-en-guerre qui bloque le processus de réconciliation dans son pays, accusation que la France et la communauté internationale brandissent pour lui mettre la pression», expliquera plus tard un ancien ministre ivoirien des Affaires étrangères. Quatorze candidatures sont validées par la Commission électorale indépendante (Cei) dont celles de Laurent Gbagbo (Lmp), Henri Konan Bédié (Pdci-Rda) et Alassane Dramane Ouattara (Rdr).

Plus de cinq (5,7) millions d’Ivoiriens sont inscrits, plus de 81,12% votent dans 10.719 lieux de vote à travers le pays, dans 20.073 bureaux de vote tenus par 66.000 agents électoraux lors du premier tour. Le 6 novembre 2010 le Pr Paul Yao Ndré le président du Conseil constitutionnel annonce solennellement que le 2 tour de l’élection présidentielle de Côte d’Ivoire se tiendra le 21 novembre et opposera le président sortant Laurent Gbagbo et l’ex-Premier ministre Alassane Ouattara. Après le premier tour le 31 octobre, « un deuxième tour du scrutin sera organisé le dimanche 21 novembre 2010 », déclare le président Paul Yao N’Dré au siège de cette institution à Abidjan. « Les candidats qualifiés pour se présenter au deuxième tour du scrutin sont M. Gbagbo Laurent et M. Ouattara Alassane », a-t-il ajouté dans son rôle de dernier recours. Les résultats sont connus le 28 Novembre 2010, quatre (04) semaines après le premier tour le 31 octobre 2010.

Cette élection constitue le premier scrutin présidentiel organisé dans le pays depuis une décennie faite de crime, de complots contre les institutions et les populations par la rébellion du Mpci rebaptisée Forces nouvelles (Fn). La droite française profitera de l’organisation de l’élection présidentielle du 2e tour, 28 novembre 2010, avec le candidat Alassane Ouattara qui y participe pour la toute première fois de sa carrière politique, pour porter le coup de grâce. Ce pays dirigé alors par Nicolas Sarkozy allié d’Alassane Ouattara détient un élément capital sur lequel il s’appuie pour entretenir le flou juridique. Il s’agit du document portant « certification et validation » de l’élection présidentielle et signé par l’ensemble des candidats. (Nous y reviendrons plus bas).

A l’issue de second tour qui met donc aux prises Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, le Conseil constitutionnel, en dernier recours, déclare « élu président de la République de Côte d’Ivoire » Laurent Gbagbo, le candidat de La majorité présidentielle (Lmp) avec 51,45% contre 48,55% pour Alassane Ouattara du Rhdp déclaré battu. L’Onu, par le truchement du représentant de son secrétaire général, entre en scène. Contre toute attente le Coréen Y. Jinh Choï, fort du mandat de certification des résultats, anticipe et cautionne les résultats considérés provisoires selon le Code électoral, donnés par la Commission électorale indépendante (Cei) et déclare le candidat du Rhdp Alassane Ouattara vainqueur avec 54,10 % des voix et 45,90% pour Laurent Gbagbo.

Choï dira à cet effet : « Le Conseil de sécurité des Nations unies, dans sa résolution 1765 (2007), m’a confié le mandat de « certifier que toutes les étapes du processus électoral fourniront toutes les garanties nécessaires pour la tenue d’élections présidentielle et législatives ouvertes, libres, justes et transparentes conformément aux normes internationales ». Il faut noter que le représentant à cette époque de Ban Ki-Moon en Côte d’Ivoire s’est appuyé sur un certain nombre de critères contenus dans un dépliant de dix questions-réponses et consignés au paragraphe 32 du 16e rapport du secrétaire général des Nations Unies sur l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) (s/2008/250).

Ce document explique en cinq (05) points les mécanismes de « certification». Le cinquième point du mécanisme de validation de l’élection présidentielle qui a semblé prendre au piège les spécialistes de Lmp dit ceci : « les résultats des élections seront certifiés d’une façon explicite » par le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu. « Une fois certifiés, le certificateur n’admettra pas que les résultats fassent l’objet de contestations non démocratiques ou de compromissions », peut-on lire. Et pourtant tous les accords de paix signés depuis 2003 au dernier Accord de Ouagadougou le 6 mars 2007 reconnaissent la primauté de la Constitution ivoirienne sur toutes autres règles et résolutions internationales. Ce qui va provoquer la réaction du président du Conseil constitutionnel (Cc) ivoirien le Pr Paul Yao N’Dré, relativement à la validation des résultats donnés par la Commission électorale indépendante (Cei). « La Cei n’est plus à même de décider quoi que ce soit », tranche Paul Yao N’Dré, le 2 décembre 2010. Le président du Conseil constitutionnel rappelle en effet, que la Cei n’avait pas été capable de proclamer les résultats dans le délai légal des 72 heures suivant le scrutin. La barre fatidique de mercredi minuit ayant été dépassée.

Tout près du but, la droite française refuse de lâcher le morceau.

Nicolas Sarkozy réactive son réseau international. Qui se met aussitôt en branle pour voler au secours d’Alassane Ouattara malmené dans la bataille juridique engagée par Lmp, terrain de prédilection des cadres du Front populaire ivoirien (Fpi) le parti créé par Laurent Gbagbo. C’est le secrétaire général de l’Onu qui ouvre les hostilités en volant au secours du candidat du Rhdp. Ban Ki-moon félicite Alassane Ouattara pour son élection. Et contre-attaque en lui demandant de « travailler pour une paix durable, la stabilité et la réconciliation en Côte d’Ivoire ». La pression se fait forte sur Laurent Gbagbo. « Le secrétaire général demande au président Laurent Gbagbo de faire ce qu’il doit faire pour le bien de son pays et de coopérer pour une transition politique sans heurts dans le pays », ajoute le porte-parole de M. Ban, qui n’hésite pas à également appeler les Ivoiriens à « accepter le résultat certifié et travailler ensemble dans un esprit de paix et de réconciliation ». Ensuite Catherine Ashton, chef de la diplomatie de l’Union européenne, emboîte le pas au secrétaire général de l’Onu. Et à son tour reconnaît la victoire d’Alassane Ouattara et appelle « toutes les parties au processus électoral à respecter la volonté du peuple ».

Les heures qui suivent deux communiqués sont rendus publiques. Le premier est du président américain, Barack Obama, et le deuxième du Français, Nicolas Sarkozy. Chacun des deux « félicite » le « président élu » Alassane Ouattara et demande au président Laurent Gbagbo pourtant déclaré vainqueur par le Conseil constitutionnel officiant en dernier recours, de « respecter la volonté du peuple » de Côte d’Ivoire.

Simplice Allard (Le Temps)


EN MARAUDE DANS LE WEB
Sous cette rubrique, nous vous proposons des documents de provenances diverses et qui ne seront pas nécessairement à l'unisson avec notre ligne éditoriale, pourvu qu'ils soient en rapport avec l'actualité ou l'histoire de la Côte d'Ivoire et des Ivoiriens et que, par leur contenu informatif, ils soient de nature à faciliter la compréhension des causes, des mécanismes et des enjeux de la «crise ivoirienne ».


Source : La Dépêche d'Abidjan 22 Septembre 2012

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire