lundi 19 octobre 2015

LE MIC-MAC FRANÇAFRICAIN AUQUEL LES BURKINABE ET LES IVOIRIENS ONT ECHAPPE…


Depuis plusieurs heures, des rumeurs circulaient sur l’armée loyaliste qui aurait refusé de se ranger sagement derrières les décisions concoctées depuis l’étranger ; Yayi Boni et Macky Sall n’étant que les représentants de cette chère « Communauté internationale » qui tentait de nouveau d’activer certains pions bloqués sur l’échiquier burkinabé…
Ainsi radio Oméga FM annonce : « Toute l’armée nationale a décidé de libérer le peuple burkinabé. Des garnisons de Bobo Dioulasso et Kaya se dirigeraient sur Ouagadougou. La garnison de Fada N’gourma en route pour Ouagadougou. Des blindés (au moins une quinzaine) ont quitté la garnison de Fada N’gourma à 12h pour Ouagadougou sous une forte ovation de la population. »
Une autre source journalistique écrit : « Les nouvelles sont pas très bonnes car les bruits d’un affrontement entre militaires se précisent. Selon une source sur place, les camps militaires de Bobo et du reste du pays font le paquetage pour Ouaga car pour eux, "le RSP est hors-la-loi et doit être maté". Il est clair que les forces vives du Burkina rejettent en bloc le cynique et inique plan de sortie de crise de la Cedeao ».
Il y a peu de temps, les chefs de corps des Forces armées nationales viennent de diffuser un communiqué demandant aux militaires du RSP (régiment de sécurité présidentielle) de déposer les armes afin d’éviter un bain de sang. Sur les 1300 soldats que compte ce corps d’élite, déjà hier 500 ne se reconnaissaient pas dans ce putsch.
Enfin, cerise sur le gâteau, une nouvelle qui date de neuf jours : alors qu’Annick Girardin, la secrétaire d’Etat française au développement et à la francophonie était en visite au Sénégal (tiens donc, pourquoi au juste ?), Macky Sall s’est livré à des confidences : il aurait été favorable à une nouvelle candidature de …Blaise Compaoré. Selon le journal Jeune Afrique qui rapporte l’événement, le président sénégalais a expliqué le 12 septembre dernier « qu’il valait mieux laisser le président burkinabè se représenter en 2015, même après 27 ans de pouvoir, parce que Compaoré contribue grandement à la stabilité de la sous-région et qu’il est par conséquent préférable de le laisser se représenter en 2015 ».
Sommes-nous vraiment à la fin du scénario Compaoré ? Ou passe-t-on maintenant à un plan B rafraichi et rajeuni, grâce à la médiation sénégalo-béninoise, et permet-on à un clone de Blaise, Djibril Bassolé de tenter sa chance, et – ô miracle des élections truquées –, de sortir grand vainqueur des urnes, alors que sa candidature avait été rejetée par le Conseil constitutionnel ?
Les jours à venir s’annoncent sombres, mais les Burkinabés, semble-t-il, n’ont pas envie de se faire berner une fois de plus… Ils n’ont pas envie, après plus d’un quart de siècle de dictature Compaoré, de connaître la galère de leurs voisins Ivoiriens, ils ne prendront pas place dans ce bateau de l’émergence qui les ferait avancer à reculons au lieu de les ramener au pays des Hommes intègres que leur promettait Thomas Sankara. Depuis que le ciel ivoirien s’est assombri avec l’installation forcée de Ouattara, ils ne veulent pas de ces nuages qui n’apportent que pillage, violence, pauvreté et mort. Très peu pour eux, le bateau émergence ; qu’il aille dériver loin de chez eux ; d’ailleurs ils n’ont pas de côtes pour le faire accoster !
Malheureusement, l’ingérence « humanitaire » qui va certainement suivre, prônée par nos occidentaux au verbe doucereux comme d’habitude, se soldera par des morts ; ces morts qui ne toucheront personne, parce que les médias verrouillés ne diffuseront que la partie émergée de l’iceberg : encore un coup d’Etat, ah, ces Africains qui ne pensent qu’à se battre entre eux, incapables de se concentrer sur l’avancement et le développement de leurs pays !
Burkinabés, le peuple de Côte d’Ivoire vous supplie de ne pas tomber dans le piège tendu par les mêmes qui se sont débarrassés de Laurent Gbagbo et qui espèrent toujours encore continuer de faire la pluie et le beau temps en Afrique de l’Ouest. Aujourd’hui, c’est le début de l’automne dans le calendrier occidental. Mais voilà, les saisons africaines ne se présentent pas exactement comme en France, et contrairement à la météo diffusée depuis Paris, ce sont peut-être des trombes d’eau inimaginables qui vont tomber et lessiver ce pays, lui rendre enfin sa beauté réelle, africaine, où les occidentaux ne seront les bienvenus que lorsqu’ils viendront faire du tourisme et goûter la culture et l’art africain.
« Le temps, l’autre nom de Dieu ». Ce n’est pas une phrase tirée de la Bible ou du Coran, pourtant le spectre de celui qui l’a prononcée plane toujours au-dessus de l’Afrique, et les évènements semblent bien lui donner raison !

Shlomit Abel

Tire original : « Empire françafricain : un automne du tonnerre ! »

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Source : eburnienews 21 septembre 2015

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