mardi 25 juillet 2017

En marge des « Jeux de la Francophonie », les restauratrices installées pour l’occasion au Palais de la Culture « cherchent clients avec torche », comme on dit à Abidjan.

Les restauratrices manifestant leur mécontentement.
(Crédits Eugène Yao)

 
Après la belle cérémonie d’ouverture, le vendredi 21 juillet 2017, au Stade Houphouët-Boigny, l’on s’attendait à une grande mobilisation des Ivoiriens autour de cet événement. Mais pour l’instant, ils se font désirer.
Mme Yao Rogée (restauratrice au Palais de la Culture) : « Par rapport aux autres événements, on ne sent pas bien l’organisation. Je dirais que c’est une mauvaise organisation. Les stands sont petits. Les clients sont habitués à payer ce qu’ils voient. Mais la cuisine se trouve à des kilomètres et les clients ne nous voient pas en train de faire la cuisine. Quand ils arrivent, ils pensent que les plats sont froids. Le poisson braisé, le poulet braisé, c’est sur place, mais les cuisines sont loin des lieux de réception. Notre cuisine est derrière, vers la lagune. Ce n’est pas bien. A mon avis, c’est une mauvaise organisation. Je sais qu’à l’unanimité, on n’est pas d’accord. On attend les clients ».
Mlle Deza Mélissa (restaurant « La Loraine ») : « Jusque-là, ce n’est pas ça parce qu’il y a moins de clients. Nous avons préparé assez, comme vous le voyez vous-mêmes. Nous avons beaucoup dépensé pour tout ça ».

D’après Eric Lassale (IvoireBusiness 25 Juillet 2017)

Selon ces restauratrices, un concert par jour était prévu sur ce site mais jusque-là aucun artiste n’a presté. « Au fur et à mesure que les jours passent, nous nous rendons compte que nous avons été trompées. Une semaine est déjà passée ».
Les restauratrices du Palais de la Culture sont mécontentes. Elles ont marqué un arrêt de travail ce lundi 24 juillet 2017 pour manifester bruyamment.
« Nous avons fait une mauvaise affaire. Nous avons payé 708 000 Fcfa pour occuper les stands sans compter ce que nous avons investi dans la nourriture. L’on nous a fait croire qu’il y aurait 500 000 visiteurs par jour. C’est pourquoi nous nous sommes engagées. Nous sommes-là depuis le mardi 18 juillet et jusque-là nous n’arrivons pas à vendre 10 plats par jour. Les plats étaient à 5000 Fcfa au départ, nous sommes descendus jusqu’à 500 Fcfa mais toujours pas de visiteurs. Tout porte à croire qu’il n’y a pas eu de communication autour du village des partenaires alors que certaines d’entre nous se sont endettées », a affirmé Kobi Rachelle, porte-parole des manifestantes, avant d’ajouter : « Nous avons adressé un courrier de protestation aux organisateurs. Nous demandons à être remboursées tout simplement ».
Les chaises étaient déposées sur les tables, « il n’y a pas à manger ici », lançaient les restauratrices aux rares visiteurs qui se présentaient à leurs stands. Selon elles, un concert par jour était prévu sur ce site mais jusque-là aucun artiste n’a presté. « Au fur et à mesure que les jours passent, nous nous rendons compte que nous avons été trompées. Une semaine est déjà passée ».
La secrétaire générale de l’Organisation internationale Francophonie (Oif), Michaelle Jean, qui a rendu visite aux restauratrices, a dit partager leurs préoccupations. Elle a affirmé qu’une solution sera trouvée, car, a-t-elle dit, « l’objectif de ces restaurants est de favoriser la promotion culinaire de la Côte d’Ivoire et pour cela une politique doit être mise en place pour que ces stands soient visités ».

Eugène YAO

COMMENTAIRES des INTERNAUTES

Très faible taux d'affluence... (Soumis par Lahon le mar, 07/25/2017 - 10:25)
Très faible taux d'affluence dans tout.
Dans les élections législatives
Dans les élections présidentielles
Dans les meetings
Dans les jeux de la Francophonie
Et pourtant il continue de mentir qu'il est aimé de tous en Côte d'Ivoire.

En conclusion, il n'y a même... (Soumis par Binatio le mar, 07/25/2017 - 11:10)
En conclusion, il n'y a même plus besoin de boycotter avec des messages de protestation. Les Ivoiriens ont intégré le retrait de l'espace institutionnel dans leur vie citoyenne jadis démocratique. Il convient de positiver ce retrait en construisant partout des initiatives populaires propres à lever les inhibitions de type colonial. Oui on peut faire sans l'appareil répressif ; La survie est une formidable leçon de vie et une opportunité pour la société civile de marginaliser l'appareil d'Etat.

 Source : Fraternité matin 25 Juillet 2017.

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