samedi 12 septembre 2015

"NOUS DISONS : NON A LA POLITIQUE DE DIVISION DES IVOIRIENS !"

Vendredi 13 septembre 2002.
La dernière prise de parole publique du général Guéi

13 septembre 2002-13 septembre 2015. Il y a 13 ans jour pour jour, le vendredi 13 septembre 2002, à l'hôtel Sofitel devenu depuis l'hôtel Pullman, le général Robert Guéi, président de l'UDPCI, annonçait le divorce entre son parti et la formation politique de Laurent Gbagbo, le Fpi, lors d'une conférence de presse. Six (6) jours plus tard, lors de la tentative de putsch de la nuit du 18 au 19 septembre 2002, il trouvait la mort ainsi que son épouse et ses proches collaborateurs, dans des circonstances demeurées à ce jour mystérieuses. Rappelons que cette même nuit, une autre personnalité politique de premier plan, Boga Doudou, alors ministre de l’Intérieur, fut également tuée sans qu’on ait jamais su ni par qui ni pourquoi. Rappelons aussi que quelques semaines avant ces drames, un collaborateur important du général Guéi, l’ancien ministre Balla Kéita, avait été tué à l’arme blanche dans la villa, domaine de l’Etat burkinabè, où il résidait à Ouagadougou… A l'occasion du 13e anniversaire de ces événements, et en guise d’hommage à toutes ces victimes d’un drame toujours enveloppé d’épais brouillards, nous vous proposons de lire (ou de relire) et de méditer la déclaration par laquelle Robert Guéi débuta sa dernière conférence de presse. Peut-être y trouverez-vous quelques pistes pour démêler les causes et les enjeux de cette crise dans laquelle notre chère patrie est engluée depuis …le 24 décembre 1999.

Mesdames et Messieurs les Journalistes,
Depuis que nous nous sommes séparés le 19 mai dernier, date de clôture du congrès de l'UDPCI, c'est aujourd'hui, seulement, que je vais vous donner l'éclairage que j'ai, du cours de la nation et me tenir prêt à répondre à toutes vos questions.
Le débat qui suivra, je le voudrais libre dans la mesure où je souhaiterais voir la Côte d'Ivoire aller de l'avant.
Mais auparavant, je voudrais vous saluer tous, vous, nos braves professionnels de la communication, pour les efforts que vous déployez, parfois sans moyens, pour informer les Ivoiriens et les amis de la Côte d'Ivoire.
La trop grande ébullition de la presse et dans la presse ces temps-ci, atteste d'un trouble profond de tous, sur la gestion de l'Etat, par le régime de La Refondation.
Déjà au Forum sur la réconciliation nationale, nous avions tout dit pour informer ceux des Ivoiriens qui n'avaient pas toutes les données de certains dossiers.
Nous avions, notamment, fait le bilan partiel de la Transition. L'essentiel y avait été dit.
Au congrès de l'UDPCI, nous avions outillé nos militants pour leur permettre de répondre, en toute objectivité, à ceux de nos compatriotes qui auraient peut-être oublié certains détails de certains dossiers de la transition.
Pour l'entretien de ce matin, je vous propose d'abord, dans un premier temps, un coup de projecteur sur certains problèmes qui meublent l'actualité, et dans un deuxième temps, je vous laisserai la parole pour répondre à vos questions.
Je souhaite de tout cœur que cette rencontre soit placée sous le double signe de la vérité et de l'honnêteté intellectuelle. Vous êtes en Côte d'Ivoire. Vous vivez ce qui se passe en Côte d'Ivoire. En ma qualité de premier responsable d'un parti politique qui compte, j'ai le devoir sacré de parler. Et le moment me semble venu pour le faire.
Concernant les questions d'actualité, nous pouvons commencer par les résolutions du Forum et les engagements pris par le Président Gbagbo en vue de leur application ; lesquels résolutions et engagements sont restés sans suite.
Le FPI, fidèle à sa logique de gain de temps, traîne sciemment le pas. Aucune promesse n'est tenue. On refuse d'avancer. On veut faire croire aux Ivoiriens qu'on « maîtrise la chose » or, rien de tout cela.
Aujourd'hui, on veut distraire certains partis politiques pour convaincre les bailleurs de fonds. Sans vouloir donner de leçons à qui que ce soit, encore moins à un parti politique souverain, j'observe qu'on veut endormir certaines formations politiques sœurs comme le PDCI, avec une fausse alliance à tous points de vue, alliance que l'on reniera, lorsque les objectifs à terme seront atteints.
J'espère que ces frères et sœurs ne se laisseront pas avoir. Qu'ils tirent les enseignements de ce qui s'est passé. Hier avec le RDR et le Front Républicain ; et, aujourd’hui, avec l'UDPCI, le nouveau partenaire est très vite éjecté.
Au regard et à l'analyse de ce que nous vivons depuis 2 ans. Les quelques points d'actualité que nous aborderons, ce matin, vont pêle-mêle concerner, sous forme de constat :
La mauvaise gestion de l'Etat
Le problème d'insécurité
La pauvreté et l'école ivoirienne
S'agissant de la gestion de l'Etat, c'est un véritable « casse-tête chinois ». Face aux nombreux problèmes des Ivoiriens, le FPI nous avait promis des solutions miracles. Aujourd'hui, les choses sont devenues pires qu'auparavant.
Les opérateurs économiques sont écrasés par la pression fiscale. Certains ont même déjà fui, pour aller s'installer dans les pays voisins.
Et pourtant, le FPI criait hier sur tous les toits, promettant bonheur, bonne gouvernance, transparence et bien-être à tous, dès sa prise de pouvoir.
Les paysans attendent les 3.000 FCFA le kg de café. Dans certaines régions, aujourd'hui, le kilogramme est à 75 FCFA. C'est avec ça qu'on demande au pauvre paysan de débourser 1.000 FCFA pour être identifié ! Quand on sait que, par définition, un paysan est toujours le chef d'une famille très nombreuse parce qu'élargie à la parentèle proche.
VOICI UN GOUVERNEMENT, QUI SE DIT SOCIALISTE
Chaque Ivoirien a quotidiennement sa part du sourire moqueur des refondateurs, et surtout, sa dose de farine. Dans les journaux on lit, tous les jours : « Gbagbo a roulé Guéi dans la farine, Gbagbo a roulé ADO dans, la farine, Gbagbo a roulé Bédié dans la farine ».
Quel est donc ce chef d'Etat qui se transforme en boulanger pour pétrir toujours la farine ? Et pour rouler tout le monde dans cette farine, le pain se fait avec de la levure, sachons-le.
Et ce que le FPI ne doit pas oublier, c'est qu'un jour, cette même farine sans « levure sociale » va lui boucher les narines et la gorge, parce qu'elle sera pétrie par le peuple qui sait ce que Gbagbo ne sait pas.
Le Peuple n'est pas dupe. Les Ivoiriens sont écrasés par le poids de l'insécurité et de la pauvreté. Choses que le FPI combattait hier dans les rues.
Chaque jour que Dieu fait, il y a un coup d'Etat en préparation. Le Pouvoir FPI, arrête des citoyens, les emprisonne, les torture sans l'ombre d'une preuve et sans égard pour le respect de leurs droits fondamentaux. C'est à croire que les Refondateurs sont atteints de « complotite aigüe ».
Et pourtant, ce sont eux-mêmes qui nous parlaient, hier, des droits de l'Homme.
Où sont aujourd'hui, ces nombreuses ONG qui défendaient, hier, les droits de l'homme ivoirien ? Où sont-ils aujourd'hui ces « Zorro », braves défenseurs de la veuve et de l'orphelin ?
SUR LE PLAN SÉCURITÉ : C'EST LA PEUR GÉNÉRALISÉE
Aujourd'hui, ils inventent des scénarios de tueries et tuent réellement pour créer veuves et orphelins à défendre, et que nous défendrons.
Dès qu'un Ivoirien n'est pas d'accord avec une certaine façon de voir les choses, il est curieusement agressé quelques heures ou jours plus tard. On peut citer, entre autres :
- Le cas de l'Inspecteur d'Etat, François Kouadio, qui a dénoncé les malversations dans le dossier de café-cacao.
Celui du pasteur Leka, plusieurs fois convoqué au palais de la présidence de la République pour y être menacé et qui a fini par être agressé par des « justiciers masqués » quelques jours plus tard...
Les chefs coutumiers, dignitaires de royautés établies depuis la nuit des temps, instrumentalisés, sont bafoués et détrônés s'ils refusent de faire allégeance à ce pouvoir.
Aujourd'hui, d'éminents chefs religieux sont humiliés et quelquefois agressés.
Est-il encore besoin de signaler la récente violation des libertés des professionnels de la communication de Le Patriote et Tassouman ?
Quel est ce régime qui ne craint même pas Dieu ! Et qui, pourtant, organise, à longueur d'année, séminaires, retraites et groupes de prières !
1 - Des Ivoiriens sont agressés de jour comme de nuit par des bandits qui n'ont plus peur de rien ni de personne. Les Ivoiriens sont traumatisés, humiliés, par des malfaiteurs qui ne prennent même plus de gants pour accomplir leurs forfaits.
2 - Il s'agit pour les refondateurs, de tout mettre en œuvre pour gagner du temps.
3 - Il s'agit pour eux, de tout faire pour rester seuls dans l'arène.
Sinon, pourquoi vouloir créer troubles et divisions au sein des autres formations politiques ?
On prend tel militant, ou tel frère, ou ami, pour l'opposer à son leader ?
Plutôt que faire tout cela, pourquoi ne pas supprimer les partis politiques pour revenir purement et simplement au parti unique que le Président Gbagbo a vilipendé et combattu pendant des lustres ?
C'était pour faire plonger le pays dans le chaos qu'ils organisaient marches sur marches, hier ? Patriotisme ? Ou nationalisme ? A vous de choisir. Pensaient-ils vraiment à la Côte d'Ivoire ?
- Est-ce simplement pour se glisser dans les habits de leurs prédécesseurs, qu'ils criaient « Liberté » et « Démocratie », sur tous les toits ?
Il fallait dire la vérité aux Ivoiriens.
Aujourd'hui, ce sont des promesses qu'on se garde bien de tenir.
Aujourd'hui, ce sont des forums et des réunions sur tout et rien, afin d'endormir le peuple.
Aujourd'hui, la République part de voyages en vacances surmédiatisées, le tout au compte du contribuable ivoirien.
Où allons-nous ? Où le Front populaire veut-il mener les Ivoiriens et la Côte d'Ivoire ?
De plus en plus, c'est la honte, rien que la honte pour notre pays :
- C'est en Côte d'Ivoire que l'on découvre, aujourd'hui, les stratégies politiques les plus dégradantes et les plus humiliantes.
C'est en Côte d'Ivoire, que les coups d'Etat sans preuves concrètes se succèdent au jour le jour.
Nos pauvres soldats, gendarmes et policiers n'ont même plus l'occasion de vivre leur vie de famille. Ils sont toujours en alerte !
C'est en Côte d'Ivoire que l'on organise l'assassinat d'adversaires politiquement gênants. On nous parle d'Angolais discrètement enrôlés, dans les formations de sécurité rapprochée de la République. Où allons-nous ? S'ils ne font même plus confiance aux membres des forces de sécurité de leur propre pays.
Plutôt que de faire tout cela, plutôt que de perdre son temps à regarder dans le rétroviseur, pour refuser l'amnistie au PDCI, il faut penser au bonheur des Ivoiriens en leur donnant à manger ; en garantissant leur sécurité ; en améliorant leur pouvoir d'achat et surtout en les aidant à sortir de la spirale de pauvreté.
Qu'on arrête de distraire les Ivoiriens en inaugurant, en grandes pompes, ce que d'autres ont construit, hier. Qu'on pense plutôt, à apporter à la Côte d'Ivoire, les « solutions miracles » dont on s'est gargarisé quand on était dans l'opposition.
Depuis Yamoussoukro, c'est seulement maintenant qu'on parle de statut des anciens dirigeants, qu'on pense à un autre forum concernant la Constitution. C'est seulement maintenant qu'on parle de financement des partis politiques, avec des pièges vicieux. Sur ce point, les députés de l'UDPCI, à l'Assemblée, affirmeront notre position.
Que le FPI arrête de confisquer, à son profit, la démocratie et le fair-play politique,
Quand on s'est dit combattant de la liberté, de la démocratie, il y a des choses qu'on ne doit plus faire. Le FPI ne semble pas le savoir.
- Les médias d'Etat sont aujourd'hui confisqués, alors qu'on avait marché, un samedi de 1991, pour dénoncer cet état de fait sous un régime précédent ! C'est vrai qu'il y a loin de la coupe aux lèvres.
- On assassine des citoyens pendant les élections et on n'en parle même pas.
- Des ministres de la République donnent des stupéfiants et de l'alcool à des jeunes pour « lapider » des convois des adversaires politiques.
On ferme les yeux sur tout cela. On garde, sous le coude, les plaintes déposées par les victimes, au nom de la démocratie et au nom des droits de l'Homme.
« On » est fier de demander et d'avoir obtenu la reprise des élections à Duékoué, parce qu'on rêve déjà à la technologie électorale.
C'est très bien, mais et à Daloa où il y a eu morts d'hommes ? A Daloa où on a empêché des citoyens de jouir de leurs droits civiques sur la simple base de leur appartenance ethnique ou religieuse ? Y aura-t-il seulement, un jour, reprise des opérations électorales ? Bien sûr que non! Le vainqueur ayant la bonne coloration politique. C'est triste et honteux pour la démocratie et pour la République.
On veut distraire le peuple, pour étouffer l'assassinat de Balla Kéita !!! Ça ne passera pas. Nous restons vigilants.
Il faut que les Ivoiriens sachent ce qui s'est passé. Nous comptons sur la valeur des serments de nos frères magistrats du Pays des Hommes intègres.
Le Front populaire ivoirien, par la voix de son secrétaire général, a eu le courage de nous Interroger sur la nature de la mission confiée à notre regretté frère Balla !
Soyons sérieux !
D'éminents historiens comme eux ne devraient jamais avoir la mémoire courte !
Ils savent bien que tout homme ou toute femme, qui est accueilli sur le sol du Faso, n'est autorisé à remplir qu'une seule mission : la mission humaine, c'est-à-dire celle de la fraternité africaine.
C'est cette même mission, qui n'a jamais changé, qu'avaient remplie, en leur temps, les frères du FPI, Gbagbo, Boga, et bien d'autres.
Ils peuvent témoigner. Car, ils doivent garder encore, et j'en suis convaincu, le souvenir de la générosité des frères du Faso. Cette générosité qui leur avait même procuré des passeports Burkinabés, pour aller se réfugier en France ou ailleurs.
Tout ceci pour dire, de ne pas trop chatouiller l'UDPCI, de ne pas trop réveiller les esprits critiques, d'éviter d'être méchant.
Oui, Balla a été assassiné, et le gouvernement ivoirien, le gouvernement de son pays, n'a même pas osé réagir spontanément !
- L'ambassadeur de Côte d'Ivoire à Ouagadougou n'a pas daigné lui faire le respect d'assister à sa levée du corps. D'ailleurs, aucun personnel de l'ambassade n'a estimé utile d'y participer.
- Mieux, tous les partis politiques sont venus nous présenter leurs condoléances à notre siège, et signer notre Livre d'or. Le FPI, notre allié, n'est jamais venu jusqu'à ce jour. Leur mépris pour les Ivoiriens se concrétise une fois de plus.
Il a fallu la bonté de cœur de nos frères du Faso, que je tiens à saluer et à remercier de tout cœur, pour que Balla retrouve dignement sa terre natale par l'affrètement d'un vol spécial d'Air Burkina.
Est-ce un avion qui manque à la Côte d'Ivoire ?
Quelle honte ! Quel mépris ! Quelle méchanceté !
L'ECOLE IVOIRIENNE
Alors que les parents d'élèves et d'étudiants s'attendaient aux solutions promises pour l'école et l'Université, voilà que le FPI, qui moralisait hier la société ivoirienne, vient aggraver la pauvreté des parents d'élèves.
De 6.000 FCFA de frais d'inscription, on passe à 50.000 FCFA, c'est-à-dire, une augmentation de 83%.
L'UDPCI, au moment où un nouveau ministre entre en mission, suggère que soit donné à ce ministre, le temps de bien s'instruire de ce dossier. En conséquence, l'UDPCI propose, la suspension pure et simple de cette mesure, dès cette rentrée, 2002/2003.
Que le FPI arrête de distraire les enfants et pense plutôt à améliorer leurs conditions de vie.
A la lumière de tout ce qui vient d'être dit, chacun voit que le FPI est venu enterrer la Côte d'Ivoire.
LE PROFESSEUR LAURENT GBAGBO A DÉJÀ OUBLIÉ QU'IL ÉTAIT LE DICTIONNAIRE VIVANT DES IVOIRIENS !
C'est avec lui que les Ivoiriens ont appris à utiliser les mots : brûler, casser, tuer, braiser, démissionner, bloquer, marcher, boycott actif, frapper les professeurs
Aujourd'hui, c'est le même Laurent Gbagbo qui nous parle de trêve ? On interdit les marches dans la commune du Plateau, pendant qu'on pousse, dans l'ombre, certains à se rendre à l'ambassade du Burkina ou au palais de Justice pourtant situés dans le même Plateau.
Pourquoi deux poids, deux mesures ?
Pourquoi, toute cette comédie ?
Un Chef d'Etat, qui passe son temps à diviser ses compatriotes !
En recevant le PDCI, il y a seulement quelques semaines, le président Gbagbo a eu le courage de sortir une carte de la Côte d'Ivoire, pour dire, en substance, aux enfants d'Houphouët : « Laissons ADO et son RDR, au Nord ; GUÉI et l'UDPCI dans son "Guéiland". Vous PDCI et nous FPI, entendons-nous pour nous partager le Sud et le Centre ».
Quel danger, pour un si beau pays, où cohabitent près d'une centaine d'ethnies !
Un pays d'accueil et d'hospitalité qui avait jusque-là accueilli les frères et les sœurs des autres pays frères de la sous-région.
Faut-il vraiment diviser notre patrie commune au nom d'intérêts bassement partisans ?
Quelle honte pour celui qui dit ressembler à Houphouët-Boigny ? C'est grave et vraiment dangereux.
Chaque Ivoirien doit se sentir à l'aise et chez lui dans chaque village de la Côte d'Ivoire.
Quand le Bété est au Nord, il est chez lui en Côte d'Ivoire.
Quand le Sénoufo est au Centre, il est Ivoirien et il est chez lui.
Quand l'Akan est à l'Ouest, il est chez lui et j'en passe...
Outre ses comportements diviseurs, que pouvons-nous retenir comme actions négatives du grand moraliste ? De celui-là même qui se proclamait « la poche de moralité », et qui se disait aussi « l'homme aux mains propres » ?
Aujourd'hui, c'est lui qui garde, par devers lui, l'argent remis par certains chefs d'Etat et amis en guise de cadeaux !
Pourquoi se sert-il de cet argent pour agrandir son château de Cocody la Riviera et pour construire pour son seul village de Mama, alors que le Premier ministre du Niger rétrocède ce genre de cadeau à son Pays ?
Dans les républiques dignes de ce nom, les cadeaux offerts aux chefs d'Etat sont déposés et comptabilisés.
Sous la Transition, je m'étais servi du peu que j'avais reçu de mes amis personnels de l'étranger, pour acheter 4.000 lits et 4.000 matelas que j'avais partagés entre les militaires et les étudiants. J'avais aussi, acquis des effets d'habillement pour les forces de défense et de sécurité.
Gbagbo, « la poche de moralité » devait suivre ces exemples-là.
Après avoir critiqué Yamoussoukro et Daoukro, Gbagbo a transformé Mama en Yamoussoukro bis et en Daoukro bis, et ce, en moins de deux ans.
C'est très fort comme prouesse et comme démonstration, de bonne moralité.
Comme quoi, la critique est aisée et l'art difficile.
Si la Côte d'Ivoire est revenue en arrière, là où pendant 40 ans, nous l'avons laissée pour l'avoir bâtie avec patience et conscience.
Moi Robert Guéi, je fais partie de ceux qui, de par leur métier, ont garanti la Sécurité et l'Indépendance de cette Nation qui est devenue le jouet de Monsieur Laurent Gbagbo.
Voyez, mes chers amis, en moins de deux ans, Monsieur Gbagbo a fait le tour du monde avec les Grumman et parfois le Fokker présidentiel, accompagné d'une cohorte de courtisans aux lourds frais de la République.
Lui, l'adepte de la transparence, est-ce pour transformer les Grumman en taxi, et le Fokker 100 en "Wôrô-wôrô ?
Combien coûtent ces déplacements et ces voyages ?
Et qui paie tout cela ? Qu'il réponde à la question de Jean-Baptiste Akrou dans Fraternité-Matin qui s'interroge sur la part du contribuable ivoirien, dans les frais de ses voyages,
Aujourd'hui, pendant que les Ivoiriens ont faim, pendant que les parents d'élèves et d'étudiants sont soucieux du sort de leurs enfants à cause des frais d'inscription trop élevés, voilà que le "père de la Refondation" est sur la plage ne faisant que jouer aux cartes, au football et s'offrant des repas copieux.
Voilà ce qu'est devenue la Côte d'Ivoire d'Houphouët !
Quand je me souviens que ce sont ces moralistes de la Refondation, qui poussaient hier nos enfants des universités et des écoles à attenter à la dignité des soldats, à leur sens du devoir et du service de la patrie.
Quand je me rappelle que ce sont ceux-là qui traitaient les militaires d'adeptes de la violence sur des innocents, et que je découvre aujourd'hui que c'est sous leur règne que des journalistes sont battus, gazés, traumatisés, je suis tenté de donner raison à Courteline qui avait dit et je cite : "Passer pour un imbécile, aux yeux d'un idiot, est une volupté de Gourmet."
Messieurs les journalistes, suivez mon regard, car par cette citation, vous avez sûrement compris ce que je pense de tous ceux qui, à court d'imagination et d'arguments, jouent les perroquets, en répétant la même litanie, qui n'est ni un programme de Gouvernement, ni un projet de société. Je suis un citoyen Ivoirien, fier de son métier et qui, à la retraite, a le droit de faire de la politique comme Messieurs les professeurs qui sont en train de comprendre que la théorie est différente de la pratique. Ils sont doués peut-être pour la conquête du pouvoir par la démagogie et le ministère de la parole, mais, ils se révèlent dangereusement carrents, pour la gestion du pouvoir.
C'est à cause de tous ses comportements peu fraternels, ses mépris et ses arrogances, que les militants de l'UDPCI, mécontents, nous avaient donné plein pouvoir le 19 mai dernier, au congrès, pour revoir notre alliance avec le FPI.
C'est le lieu de rappeler que :
- C'est grâce à l'UDPCI que le Président Gbagbo a fait sa première entrée sur la scène internationale à Yaoundé, en janvier 2001, à la conférence des Chefs d'Etat de la Francophonie.
- C'est grâce à l'UDPCI qu'à Syrte en Lybie, le Président Gbagbo a pu intégrer le cercle des Chefs d'Etat.
Comment après tout cela, ne serait-ce que par simple éducation, pour ne pas parler de courtoisie, Gbagbo ne daigne même pas nous informer ou nous consulter, pour la constitution de son gouvernement dit de large ouverture ?
C'est pourquoi, en conclusion : Nous disons NON à la politique de division des Ivoiriens.
Et nous disons aussi que : À PARTIR DE CE JOUR, NOUS METTONS FIN A NOTRE ANCIENNE ALLIANCE AVEC LE FPI.
En attendant que l'initiative soit reprise par le Président Gbagbo, comme l'a souhaité le Premier ministre, suite à l'échec des dernières négociations.
A l'Assemblée Nationale, nos députés ne viseront que l'intérêt supérieur de la Côte d'Ivoire et le bonheur de nos compatriotes.
Nous lançons un appel à tous les Partis politiques pour qu'ils restent vigilants.
Pour notre part, nous restons ouverts à toutes formes de discussions et de négociations avec tous les Ivoiriens et tous les groupements politiques y compris le FPI.
Pourvu que l'objectif poursuivi, concerne toujours le bonheur des Ivoiriens, le respect des libertés et la promotion de la Démocratie.
Je vous remercie

Robert Guéi, Président de l'UDPCI

Source : info-udpci.org 10 Septembre 2013

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