dimanche 3 novembre 2013

Opposition burkinabè : une rentrée politique placée sous le signe de l’intensification de la lutte

Les partis affiliés au chef de file de l'opposition ont effectué leur rentrée dans l'après-midi du 2 novembre 2013 à Ouagadougou. Cette rentrée, synonyme de reprise des activités, est placée sous le thème central suivant :
« Intensification de la lutte face aux manœuvres actuelles du gouvernement pour faire oublier les revendications du peuple ».
Ce thème central est sous-tendu par 5 sous-thèmes.
Le premier est « Point de la lutte contre le Sénat, la vie chère, la modification de l'article 37 de la Constitution et la politique du gouvernement ».
Le deuxième sous-thème est « Les dessous de la montée de l'incivisme et de l'intolérance au Burkina Faso ».
Le troisième sous-thème est intitulé « La crise sociale et universitaire dans notre pays ».
« Les raisons profondes des mesures du gouvernement contre la vie chère » et « Alternance et modification des articles 78, 80, 112 et 153 de la Constitution et la loi 009/2009/AN portant statut de l'opposition » sont les intitulés des deux derniers sous-thèmes.
Lesquels ont été développés par Norbert Tiendrébéogo, président du Front des forces sociales (FFS); Ablassé Ouédraogo, président de Le Faso Autrement et Arba Diallo, président du Parti pour la démocratie et le socialisme/Parti des bâtisseurs (PDS/Metba).
Quant à Zéphirin Diabré, le chef de file de l'opposition, il a axé son intervention sur le thème central de la rentrée. Comme s'il avait été inspiré par la finale remportée par les Etalons au 6e tournoi de l'UEMOA, le début de son intervention était beaucoup teinté d'allégories du football. Ainsi, il a fait savoir que l'opposition a marqué un but contre zéro au chef de l'Etat Blaise Compaoré dans la lutte contre la mise en place du Sénat. Toutefois, il s'est empressé d'ajouter que le match n'est pas terminé car le camp d'en face n'a pas renoncé à son projet et est en train de se préparer pour revenir. Pour Zéphirin Diabré, le prochain but à marquer est la suppression du mot sénat de la Constitution.
Le chef de file de l'opposition a laissé entendre qu'il tire 5 enseignements de la mobilisation populaire qui a fait reculer le pouvoir – même momentanément – sur le Sénat. Ainsi, il dit avoir retenu que les Burkinabè ont vaincu leur peur, que le pouvoir se révèle plus fragile qu'il n'y paraît, que l'unité d'action et la crédibilité de l'opposition sont à cultiver davantage, etc. Toutefois, le chef de file de l'opposition a appelé à la vigilance car le pouvoir tient à mettre en place le sénat et à faire sauter le verrou limitatif du mandat présidentiel. Mais, prévient Zéphirin Diabré, « quelle que soit la voie choisie, la riposte sera rapide, efficace et foudroyante ».
Face à ce qu'il qualifie de volonté liquidatrice de l'opposition à travers le projet de révision du statut de l'opposition par le pouvoir, le chef de file a appelé à envisager une autre organisation en dehors d'un cadre règlementaire octroyé par le régime. Il a invité les uns et les autres à prendre l'exemple d'opposants d'autres pays africains qui savent bien défendre leurs intérêts sans avoir un chef de file.

Séni DABO
 

Source : aOuaga.com 2 novembre 2013
 

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L’opposition burkinabè a accusé samedi Blaise Compaoré de vouloir son « démantèlement » à travers un projet de loi visant à modifier ses statuts.
Un projet de loi examiné mi-octobre en conseil des ministres propose que les partis d’opposition s’enregistrent via une « déclaration officielle écrite » envoyée au ministre chargé des libertés publiques, celui-ci publiant « chaque année » sur cette base « la liste actualisée des partis ».
Actuellement, les formations de l’opposition se déterminent en établissant une « déclaration officielle de (leur) appartenance à l’opposition » transmise « au chef de file de l’opposition », selon l’article 4 de la constitution.
« La loi proposée par le gouvernement vise tout simplement à supprimer l’opposition », a pesté Zéphirin Diabré, son chef de file, lors du meeting de rentrée de l’opposition, auquel plusieurs présidents de partis politiques ont pris part. « Il n’appartient pas à la majorité d’organiser l’opposition au travers d’une loi. Il appartient à l’opposition de s’organiser elle-même, de s’assumer et de trouver les ressources financières pour ses activités », a-t-il argumenté. Le pouvoir « cherche à créer une opposition fantoche et divisée » afin de pouvoir modifier à sa guise l’article 37 de la constitution, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels et empêche le chef de l’État en exercice de se présenter à nouveau en 2015.
Blaise Compaoré, arrivé au pouvoir en 1987 par un coup d’Etat, a effectué deux septennats (1991 et 1998), avant qu’un amendement modifiant la durée du mandat présidentiel ne lui permette d’être élu pour deux nouveaux quinquennats (2005 et 2010).
La loi sur les statuts de l’opposition est une conséquence de la lutte de cette dernière contre la création d’un Sénat, qui devait intervenir le 25 septembre dernier mais dont le président Compaoré a suspendu la mise en place, selon M. Diabré.
Opposition, syndicats et clergé catholique burkinabè sont très hostiles à l’établissement de cette seconde chambre.  

Source : AFP 3 novembre 2013

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