mercredi 23 avril 2014

HOMMES BLANCS À LA RUE !

Les noms des rues d’un endroit, en disent toujours long sur son histoire. Une petite balade au Plateau, centre administratif et des affaires d’Abidjan, est un voyage dans l’histoire coloniale de la Côte d’Ivoire.
A leur accession à l’indépendance, un grand nombre de pays africains ont débaptisé leurs rues et places principales pour leur donner des noms aux couleurs locales ou panafricaines. Pour des leaders comme Kwame Nkrumah ou Ahmed Sékou Touré, « tuer » ces symboles devait être le premier pas vers l’érection d’une fierté nationale et la connaissance d’une histoire autre que celle dictée par la colonisation. J’avoue que si j’avais été de cette époque, j’aurais été de ceux qui allaient jeter au feu les symboles anciens. Ce débat n’a pas eu lieu dans la Côte d’Ivoire d’Houphouët-Boigny. Et les rues, surtout celles du Plateau, ont continué tranquillement à porter les noms que « les blancs » leur avaient donné. Dans la plupart des cas, ils rendaient hommage à leurs compatriotes dont l’action « civilisatrice » a contribué à la présence et à l’enracinement de la mère-France en terre d’Eburnie ou plus généralement en Afrique. Aujourd’hui, moi qui m’intéresse tellement à la période coloniale pour comprendre ce qui nous arrive et écrire une grande fresque docu-fiction sur ce pan de notre histoire, je suis bien content que les choses n’aient pas bougé. Du boulevard du Général de Gaulle (sud) à l’Avenue Reboul (nord), presque toutes les rues portent le nom d’hommes blancs inconnus de tous. Laissez-moi vous faire le tour de ceux que, moi, je connais. Malgré leurs noms exotiques (oui, les blancs sont exotiques pour nous) et la référence à un passé aujourd’hui vomi des uns ou renié des autres, ils racontent tous une part importante de notre histoire commune.  

Boulevard du Général de Gaulle
Toujours commencer par le plus facile. Celui-là n’est presque pas blanc tellement il est connu dans toutes les contrées du pays, même les plus reculées. Quand j’étais enfant, en vacances chez ma grand-mère Jeanne à Dribouo, sous-préfecture de Guibéroua (ne cherchez pas sur google map, vous n’allez rien trouver), j’avais un camarade de jeu qui s’appelait Digbeu Oyrou Charles de Gaulle. Littéralement, « Digbeu le noir Charles de Gaulle ». Chaque soir, à l’heure des bains qui allaient nous débarrasser de toute la crasse accumulée pendant les heures de jeu dans le sable, il s’enfuyait, poursuivi par sa mère criant à tue-tête dans le village : « de Gaulle ! de Gaulle ! de Gaulle ! Reviens ici ! ». Surréaliste. Le boulevard de Gaulle fait la ceinture sud du Plateau, au pied du pont éponyme.  

Boulevard Angoulvant
Cet homme blanc-là est celui qui, par son action, s’est fait détester le plus sur le territoire de la colonie de Côte d’Ivoire. Gouverneur de 1908 à 1916, il est l’initiateur de ce que les historiens ont unanimement appelé la « manière forte ». Elle est caractérisée par une implantation brutale et sanguinaire de l’administration française sur les brousses du pays. Angoulvant n’a fait l’économie d’aucun massacre pour mater la moindre contestation du pouvoir de la France. C’est lui qui a notamment ordonné le massacre des révoltés Abbeys qui avaient osé couper la ligne de chemin de fer au niveau d’Agboville. Son action violente a été équitablement répartie sur l’ensemble du territoire, de sorte que presque toutes les ethnies ont goûté au plomb, aux fers ou au fouet de l’administration Angoulvant.
Le boulevard part du pied de la tour CCIA, nouveau siège de la BAD (Banque Africaine de Développement), jusqu’au palais de la Présidence. Vous ne vous y promènerez plus de façon innocente. 

Avenue Chardy
Un bien joli nom pour une bien belle rue qui donne sur la baie de Cocody, juste sous les fins piliers de l’échangeur éponyme. Le bucolique s’arrête là parce que le sieur Chardy, capitaine de son état, fait partie des « héros » qui ont rouvert la voie ferrée à l’occasion de la révolte des Abbeys (ils sont têtus, ceux-là) en janvier 1910. Rouvrir une voie, en langage colonial, signifiant ouvrir au passage quelques bides et crânes d’indigènes rebelles à l’autorité française 

Avenue Noguès
C’est la parallèle au nord de la Rue du Commerce. Elle est connue pour héberger les fameuses Galeries Peyrissac, un des plus vieux établissements de commerce du Plateau. Noguès était le commandant de Chardy. A la lecture de ce qui est écrit plus haut, vous savez donc ce qu’il a fait de plus marquant. Ce qui me donne l’occasion de vous dire que la « révolte des Abbeys » n’était pas le seul fait des Abbeys. Leurs bouillants voisins Attiés ne peuvent pas voir une bataille passer par la fenêtre sans s’y jeter. Noguès, après une percée à Grand-Morié, a envoyé à Adzopé son lieutenant Dhomme, le bien nommé, leur montrer ce que Homme signifie en français. 

Boulevard Clozel
Quittons un peu les gros bras pour parler des têtes. Avec son ami Maurice Delafosse, il s’est toujours efforcé de comprendre comment fonctionnaient les sociétés des colonisés. Les deux compères sont les initiateurs d’une approche ethnologique. Clozel a été gouverneur de la Côte d’Ivoire de 1902 à 1904, puis carrément gouverneur de l’AOF (Afrique Occidentale Française) en 1908 quand l’autre bourrin d’Angoulvant débarquait ici.  

Avenue Delafosse et Avenue Lamblin
Ces deux avenues forment une sorte de U dont les bras donnent sur le boulevard de la République. Au nord, l’avenue Delafosse part du coin de l’ancien marché du Plateau, vers la BCEAO (Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest) et l’Hôtel Pullman, puis s’incurve au niveau de l’immeuble Weblogy (abritant le siège d’abidjan.net) pour devenir l’Avenue Lamblin et revenir vers le boulevard de la République par la grande mosquée du Plateau. C’est un symbole que ces deux-là soient ainsi réunis. L’administrateur Delafosse est considéré comme le premier ethnologue des peuples de Côte d’Ivoire. Auteur prolifique, son œuvre 10 ans à la Colonie de Côte d’Ivoire devrait être imposée à tous ceux qui cherchent à comprendre l’histoire coloniale. Avec l’administrateur Lamblin, ils étaient de grands connaisseurs des cultures locales et de grands humanistes. Tellement humanistes (Oh zut ! on ne peut pas mettre un « e » muet supplémentaire) qu’ils nous ont légués une nombreuse descendance métisse aujourd’hui bien implantée partout en Côte d’Ivoire. 

Quid des noirs ?
Je ne vais pas vous faire le panégyrique de tous les blancs dont les rues du Plateau portent le nom sinon, on sera encore là le 7 août. Mais vous l’aurez compris, n’ont mérité d’être immortalisés que ceux qui ont « bossé » dur pour la France. Mais alors, quid des noirs ? Question idiote. On n’a jamais vu un vainqueur donner le nom d’une de ses rues à celui qu’il a plié à sa force. Sinon, il y aurait une rue Vercingétorix à Rome ou une rue Ho Chi Min à New York (sacré oncle Ho !). Mais à ma connaissance, il y a exactement trois rues au Plateau portant le nom d’hommes noirs :
·       La rue Toussaint Louverture : confinée au nord du Plateau, vers le quartier « noir » d’Adjamé. Un personnage contrasté autant considéré comme un grand abolitionniste que comme un super auxiliaire ayant aidé la France à bouter hors de Saint-Domingue l’Espagne en 1791 et les Anglais en 1798.
·       La rue Jesse Owens : c’est ce noir Américain qui courait trop vite et sautait trop loin au point d’énerver le grand Adolf Hitler et de lui faire ravaler ses fumeuses théories de la race aryenne lors des jeux olympiques de 1936. L’ambassade de France est sur la rue Jesse Owens. Bizarre ! 
·       La rue Joseph Anoma : c’est la fameuse « rues des banques ». Elle concentre les sièges de la SGBCI (Société Générale de Banque en Côte d’Ivoire), la Bank of Africa, la BIAO (Banque Internationale pour l’Afrique Occidentale), la BAD (Banque Africaine de Développement), la BHCI (Banque de l’Habitat de Côte d’Ivoire), la BRS (devenue Orabank), Versus Bank et j’en passe. Joseph Anoma est un camarade des premières heures de lutte d’Houphouët-Boigny. Je mets ma main à couper que ce n’est pas un administrateur colonial qui a nommé cette rue.

Gauz

Source : eburnienews.net 19 avril 2014 

EN MARAUDE DANS LE WEB
Sous cette rubrique, nous vous proposons des documents de provenance diverses et qui ne seront pas nécessairement à l'unisson avec notre ligne éditoriale, pourvu qu'ils soient en rapport avec l'actualité ou l'histoire de la Côte d'Ivoire et des Ivoiriens, et que, par leur contenu informatif, ils soient de nature à faciliter la compréhension des causes, des mécanismes et des enjeux de la « crise ivoirienne ».
 

 
NOTRE COMMENTAIRE
 
La glorification d’Angoulvant, Noguès, Chardy … et le « réalisme » politique d’Houphouët.
 
Nous dédions ce post tout spécialement au citoyen Irodon Bahadan, de l’INSET Abidjan, pour son commentaire de l’article de notre collaborateur Marcel Amondji intitulé « Une république de faux et usage de faux ».
« Voilà, commence-t-il, ce qu'il convient d'appeler une production intellectuelle bien conçue et bien rendue, à valeur universitaire certaine, mais totalement limitée du point de vue politique à cause de son manque de réalisme. D'ailleurs, s'il est si bien conçu, c'est que M. Amondji et tous ceux de sa génération qui critiquent l'approche du Président Houphouët dans l'obtention de l'indépendance, ont reçu leur formation de maitres blancs. Ce qui leur confère cette aptitude en rhétorique et les rend si forts en thème. A l'indépendance, en 1960, selon un chiffre rapporté par le premier polytechnicien ivoirien, Tidiane Thiam, la Côte d'Ivoire comptait environ 150 diplômés de l'université et de poursuivre : "Vous gérez comment un pays avec 150 personnes ?" (…) Alors M. Amondji, arrêtons avec ce faux débat de l'indépendance octroyée ou arrachée. Le défi est de partir de ce qui nous a été légué pour construire un Etat et une nation viable. Pour finir, il ne serait pas honnête de ma part, si je vous dis que je ne partage pas certaines de vos critiques sur la praxis ivoirienne.» (connectionivoirienne.net).
Serait-ce donc une tare d’avoir été formée par des maîtres blancs ? Alors la génération dont parle notre critique n’est pas seule à porter ce stigmate. Souvenons-nous de ce que l’historien Yves Person, qui avait été administrateur colonial avant de s’illustrer avec une fameuse thèse sur Samory Touré, disait à propos d’Houphouët : « Malgré sa réputation de "sage de l'Afrique", le Président Houphouët-Boigny a, en réalité, été fortement aliéné par l'éducation française qu'il a reçue. Il identifie les langues et cultures africaines à la "honte" du passé, et reproche aux Britanniques d'avoir mal colonisé, en laissant subsister "tout ce folklore", ce qui laisse paralyser l'économie par le respect de droits coutumiers discrets. Étroitement conseillé par de hauts fonctionnaires français, appelant à toute occasion des experts français choisis justement pour leur ignorance de l'Afrique, il a toujours pesé, depuis vingt ans, pour l'adoption de règles calquées sur celles de l'ancienne métropole, persuadé qu'il aurait ainsi la voie au développement » (Le Mois en Afrique N°188-189, août-septembre 1981 ; p.28).
Puisque le nom de Tidiane Thiam a été cité, c’est l’occasion de signaler ou de rappeler à Irodon Bahadan que sous la présidence de Bédié, quand ce tout premier polytechnicien franco-ivoirien, mais sans doute bien plus franco qu’ivoirien, dirigeait le BNETD, il y eut à l’initiative de cet organisme, une campagne d’adressage des rues d’Abidjan qui fit d’abord grand bruit et qui, dans l’atmosphère de regain de nationalisme alors régnant, aurait bien pu entraîner un changement de noms de certaines rues d’Abidjan si pour une raison restée mystérieuse l’opération n’avait pas tourné court…
Comme s’il y avait une fatalité qui s’opposerait à ce que nous effacions de nos rues ces symboles honteux de notre asservissement. La même fatalité qui avait empêché Houphouët de procéder au dévoilement de la statue du gouverneur progressiste André Latrille érigée à son initiative devant l’hôtel Ivoire.
L’histoire de cet épisode mérite d’être contée, car elle est comme l’envers de celle des rues, avenues et boulevards de la honte dont parle le malicieux Gauz dans son article intitulé « Hommes blancs à la rue » (eburnienews.net 19 avril 2014). C'est, pourrait-on dire, l’exception qui confirme la règle.
Un jour d’août 1987, Houphouët décida brusquement que le moment était enfin venu d'honorer la mémoire des martyrs du mouvement anticolonialiste ivoirien en donnant leurs noms à des rues et places de nos villes, ainsi que celle du gouverneur André Latrille, dont le nom est honorablement lié à cette période de notre histoire, en lui élevant une statue. Assez curieusement, il tint à conférer à ces décisions, et tout spécialement à la deuxième, le caractère d'une mini-Révolution du roi et du peuple, comme on disait au Maroc. C’est ainsi qu’à l'issue du conseil des ministres où ces décisions avaient été adoptées, le chef de l’Etat entraîna tout son monde sur le terrain afin de choisir l'emplacement le plus convenable pour soutenir le monument projeté. C’est quelques jours après cette démarche plutôt insolite de la part d’Houphouët, qu’Aoussou Koffi, un ministre en exercice, fut enlevé par des ressortissants français avec lesquels il était en affaires et qui réclamaient une forte rançon contre sa libération (Jeune Afrique 2 septembre 1987 ; p.11-13). Le caractère inutilement provocateur de ces décisions et de cette démarche dans un pays où ce sont les ennemis de Latrille et de tout ce qui rappelle le mouvement anticolonialiste qui dominent, rend très plausible une relation de cause à effet entre elles et le rapt de l’un des hommes les plus proches d’Houphouët, les plus dévoués à sa personne et, peut-être, l’un des possibles successeurs qu’on lui préparait dans le secret des cuisines françafricaines.
Etait-ce réellement la réponse du berger à la bergère ? Nous sommes d’autant plus enclins à le penser que ce projet bien tardif d’honorer nos martyrs en inscrivant leurs noms dans nos paysages urbains, on n’en entendit plus jamais parler. Et quant à la statue de Latrille, si elle fut bel et bien réalisée et dressée sur son socle, elle ne fut jamais formellement inaugurée et resta couverte de son voile plastique jusqu’à ce que le vent fripon le déchire et le disperse dans l’indifférence générale…
Pourquoi est-ce seulement en Côte d’Ivoire qu’ont été conservés les pires symboles de la colonisation, et seulement là qu’il semble formellement interdit d’y toucher. Peut-être que l’ami Irodon Bahadan voudra encore nous expliquer cela par l’insuffisance du nombre de nos compatriotes dignes d’être honorés de cette façon au moment de l’indépendance et durant le demi-siècle qui l’a suivie… Mais si cela était vrai, quel mal y aurait-il eu à laisser toutes nos rues sans nom jusqu’à ce que la multiplication naturelle des citoyens dignes de cet honneur, qui n’aurait pas manqué d’avoir lieu ici comme dans tous les pays du monde qui se respectent, nous permette de les baptiser ?
Nous devinons qu’Irodon Bahadan est certainement un honnête homme ; la dernière phrase de son commentaire en est la meilleure preuve. Nous sommes donc sûrs que la confrontation de son point de vue et de l’article de Gauz mentionné ci-dessus aura attiré son attention sur la parfaite cohérence de la politique d’Houphouët dans tous les domaines, politique marquée par le fétichisme de nos soi-disant liens historiques d’indéfectible amitié avec la France, avec le maintien du nom des Angoulvant, Chardy, Noguès et autres massacreurs chamarrés sur les murs d’Abidjan. Devant une telle évidence, quelqu’un qui dit partager « certaines de [nos] critiques sur la praxis ivoirienne », doit bien être aussi capable d’admettre au moins que c’est la glorification de ces fléaux des peuples autochtones de notre patrie qui s’explique par l’aliénation, non la critique radicale de « l’approche du Président Houphouët dans l'obtention de l'indépendance » dans laquelle nous nous honorons de persévérer parce que le vrai nom de ce qu’il désigne par cette longue et amène périphrase, c’est TRAHISON !
La Rédaction
 

Discours de Blaise Pascal Logbo au premier Congrès ordinaire du NPR (extraits)

Chers militants et sympathisants,
Honorables invités,
Leaders et Représentants des partis politiques, des syndicats et Associations de la Société civile,
 
(…)

A l'origine du NPR, il y avait le COPACI, définit comme Courant de Pensée et d'Action de Côte d'Ivoire. Le COPACI après, plusieurs actions menées s'est retrouvé dans l'obligation historique de défendre la démocratie, les libertés, les droits de l'homme, les institutions de la République et la souveraineté de la Côte d'Ivoire, suite à la rébellion du 19 septembre 2002 et à la partition du pays qui s'en ait suivie. Le 9 octobre 2008, le COPACI a décidé d'opérer sa mutation en parti politique. Depuis cette date, le NPR est demeuré dans son combat pour la démocratie, les libertés, les droits de l'homme, la défense des institutions de la République et la souveraineté de la Côte d'Ivoire.
Nous avons dit : « non à des élections sans désarmement » ;
Nous avons dit : « Non à la justice sélective » ;
Nous avons dit : « Non aux violations des droits de l'homme en Côte d'Ivoire» ;
Nous avons dit : « Oui à la justice pour tous » ;
Nous avons dit : « Oui au respect de la souveraineté nationale et de la Constitution ».
Nous avons et continuons de manifester notre attachement à la démocratie, aux libertés, à la justice, à la paix et à la prospérité de tous dans notre pays.  C'est pourquoi nous exigeons la libération de tous les prisonniers politiques, dénonçons les incarcérations du président Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé à La Haye par la Cour pénale internationale.
Blaise Pascal Logbo, président du NPR,
lors de la cérémonie de clôture du Congrès
Le COPACI est devenu NPR dans la perspective de rassembler les filles et fils du pays, du sud, du nord, de l'est, de l'ouest et du centre autour d'un idéal républicain. L'article 3 du Statut de notre parti est suffisamment clair sur notre identité : « Le NPR est un Parti politique d’obédience socialiste et progressiste, qui s’engage à lutter pour la démocratie, la paix, le bien être socio-économique, l’écologie et les droits de l’homme en Côte d’Ivoire et à l’échelle universelle. Le NPR est un parti fortement attaché à la souveraineté nationale, à la forme républicaine de l’Etat et aux lois de la République. Le NPR refuse de s’identifier à une race, une ethnie, un sexe, une religion, une secte, une langue, une profession ou à une région de la Côte d’Ivoire. Le NPR est fortement attaché à l’unité nationale ». C'est cela notre identité politique.
Que vient faire le NPR dans l'univers politique ivoirien déjà bondé de partis politiques ?, s'interrogent certains.  Le NPR n'est-il pas un parti de trop dans cet univers de partis politiques dans lequel « géants, vieux, nains et jeunes » se côtoient ?
L'histoire de notre nation est marquée par trois catégories d'hommes politiques s'étant succédé dans le temps. Notre pays a connu les pères fondateurs des années d'indépendance, dont le règne a duré une quarantaine d'année. A la suite des pères fondateurs, il y a eu l'avènement des refondateurs, annonçant par leur appellation-même la remise en cause plus ou moins radicale de l'héritage des pères fondateurs. Après 40 ans de gestion du pouvoir par les Fondateurs, 9 ans de gestion du pouvoir par les Refondateurs, la Côte d'Ivoire, depuis le 11 avril 2011 connaît l'avènement des Solutionneurs. Par leur appellation-même, les Solutionneurs veulent dire que les Fondateurs et les Refondateurs ont été à court de solutions pour régler les problèmes de la Côte d'Ivoire. Ainsi, chaque parti politique ayant eu en charge la gestion de ce pays, proclame détenir la clé du développement de ce pays et du bien-être des ivoiriens.
Fondateurs, Refondateurs et Solutionneurs ont eu à gouverner ce pays. Leurs œuvres témoignent plus ou moins en leur faveur ou défaveur, mieux que le discours mielleux de la démagogie et du mensonge politique. Le peuple de Côte d'Ivoire, dans un élan de lucidité, en juge souverain saura où se trouve son intérêt et qui pourra agir dans ce sens, au regard de ce qu'il a fait, de ce qu'il fait ou de ce qu'il propose.

Ivoiriens, Ivoiriennes,

Notre cher pays est malade. Son mal dure si longtemps, depuis des décennies, qu'il semble incurable, irrémédiable. Oui, notre pays est profondément malade, si bien que la douleur qui en émane est d'une profondeur sans pareil. Face à cette situation dramatique, voire tragique, les Ivoiriens et les Ivoiriennes se posent la question de savoir d'où viendra le médecin capable de guérir ce pays, capable de lui administrer le médicament miracle. Car depuis plusieurs décennies, des médecins se sont rendus à son chevet, sans toutefois parvenir à le guérir du mal qui le ronge. Certes le malade a senti par moment quelques soulagements, après avoir pris des calmants. Son mal n'a pas pour autant pris fin. Passé les effets soporifiques du médicament, le mal demeure, la douleur persiste. Et les Ivoiriens ne savent plus à quel saint se vouer.
Les incapacités des politiques à guérir cette nation a conduit plusieurs de nos compatriotes à désespérer de la politique. Car la Côte d'Ivoire est aussi malade de ces hommes politiques, non pas dans leur ensemble, mais d'une certaine catégorie d'hommes politiques. Ne sont-ce pas des politiques qui ont conduit cette nation à la guerre, en ne respectant pas les accords qu'ils ont eux-mêmes signés ? Ne sont-ce pas des politiques qui ont armé et encouragé des rebelles, des ivoiriens à tuer d'autres ivoiriens ? Ne sont-ce pas des politiques qui ont refusé de faire la paix en plongeant notre pays dans le chaos, noyant ainsi nos compatriotes et des populations étrangères dans le fleuve de l'arme des douleurs ineffables ? Ne sont-ce pas des politiques qui ont maladroitement surendetté notre pays pour retarder et même empêcher son développement, et le soumettre aux injonctions extérieures des institutions financières internationales ?

Ivoiriens, Ivoiriennes,

Vous qui avez désespéré de la politique, vous qui lui avez définitivement tourné le dos, votre posture est négative et destructive. Car le mal de ce pays est encore là, qui persiste ; et vouloir le bien de ce pays, ce n'est pas l'abandonner entre les mains de n'importe quel médecin, de n'importe quel aventurier. Vouloir le bien de ce pays ce n'est pas le laisser prendre n'importe quel médicament capable de précipiter sa paralysie et sa mort.
Même si votre désespoir de la politique peut être compris, le fait de renoncer à la politique, de vous en détourner engage fortement votre responsabilité dans le mal qui ronge notre pays. Vous devenez implicitement complice de la situation par cette posture. Malgré tout ce qu'on peut reprocher aux politiques et à la politique, tout citoyen ivoirien devrait continuer de faire de la politique. C'est par là que commence le salut de notre nation. Car tant que le bon médecin ne sera pas identifié et choisi à la lumière de ses actes et du remède qu'il propose, le mal continuera de perdurer.

Ivoiriens, Ivoiriennes

Est-ce dans votre intérêt que le mal perdure, que la douleur se fasse de plus en plus vive ? Est-ce dans votre intérêt que vous ne puissiez pas jouir des fruits de vos travaux champêtres qui ne sont pas payés à leurs justes prix ? Est-ce dans votre intérêt que vous ne puissiez pas vous soigner à coût raisonnable ou même quand l'argent vous fait défaut ?

Ivoiriens, Ivoiriennes,

Est-ce dans votre intérêt que tous les impôts auxquels vous êtes assujettis ne puissent contribuer à construire des routes, à assurer adéquatement votre sécurité, à vous garantir un cadre de vie décent, et à assainir votre environnement ? Est-ce dans votre intérêt que ceux qui doivent assurer votre sécurité au quotidien deviennent vos bourreaux, que ceux qui doivent défendre votre cause en justice deviennent ceux qui vous condamnent et consacrent l'impunité aux coupables ? Est-ce dans votre intérêt que vos salaires soit largement en deçà du coût de la vie dans ce pays, au point où vous ne parvenez plus à nourrir convenablement vos familles, à vous soigner convenablement et à scolariser vos enfants ? Est-ce dans votre intérêt qu'après tant de sacrifices scolaires consentis pendant plusieurs années vos fils et vos filles majeurs et devenus adultes continuent de loger sous vos toits, nourris à vos mamelles ? Jeunesse de Côte d'Ivoire, est-ce dans ton intérêt que le chômage à durée indéterminée soit le débouché certains que te garantissent les études ?  Le taux de chômage élevé dans notre pays constitue un véritable génocide social. La surexploitation dont sont victimes les travailleurs et les stagiaires par certains esclavagistes des temps modernes voilés sous le manteau enjolivant d'employeur est un crime contre la dignité humaine, un crime contre la société, un crime contre l'humanité. Le NPR dit NON à cet esclavagisme des temps modernes, et s'y opposera farouchement. Oui nous refusons que les travailleurs soient sous-payés, que le coût du travail soit de très loin en deçà du coût de la vie dans notre pays. Le SMIG, de salaire minimal garanti qu'il doit être, n'est en réalité que le salaire minable garanti, incapable de couvrir toutes les charges d'une famille modeste.
Face à cette triste réalité déconcertante qui augure des lendemains de plus en plus incertains, le NPR veut une nouvelle Côte d'Ivoire.....
La Côte d’ivoire que nous voulons est ce havre de paix qui réconcilie tous ses fils et filles en bâtissant une nation nouvelle, fraternelle et solidaire.
La Côte d’ivoire que nous voulons est celle qui consolide l’Etat de droit et fait la promotion de la démocratie.
Nous connaissons les effets néfastes des coups d’Etat en Afrique, situation qui endigue le développement de nos Etats et les fragilise. Le NPR récuse ce mode d’accession au pouvoir qui ne permet pas à une société moderne de se développer rationnellement et harmonieusement. Dans les Etats modernes auxquels nous croyons appartenir, c’est le rôle du suffrage universel d’investir les représentants élus tout à la fois de la compétence juridique de dire le droit, et de l’autorité qui s’attache à la qualité de mandataire du peuple. Les coups d’Etat doivent être condamnés en Côte d’Ivoire. Il faudrait préconiser le respect de la Constitution. Tout autre mode d’accès au pouvoir doit être proscrit. Le système démocratique actuel du pays a révélé de nombreux dysfonctionnements ainsi que des insuffisances, qui pourraient être dues à l’inadaptation du cadre politique et institutionnel actuel.
La multiplication des contentieux électoraux montre bien le malaise que connaît notre pays dans la mise en place d’une véritable démocratie. Il s’agit, pour résoudre cet épineux problème, de doter le pays de textes fondamentaux plus opérationnels et moins conflictuels, prenant en compte les impératifs de l’intégration régionale et la mondialisation dans le but de renforcer les institutions et de contrôler le processus démocratique.
La Côte d'Ivoire que nous voulons est celle dans laquelle la décentralisation ne doit pas être un simple mot mais une réalité. Car il est plus question d'avoir un Etat décentralisé qui donne la possibilité aux collectivités territoriales de s’administrer librement et d’asseoir un réel développement local durable et qui permet aux régions et aux départements d’être les moteurs du développement économique et social.
Il convient surtout d’adapter l’administration à l’évolution de l’environnement politique et institutionnel, renforcer la gestion publique en vue d’améliorer la qualité des services offerts aux usagers, mettre les préoccupations des usagers au cœur de l’action administrative. Pour ce faire, il s’agit de mettre en place un Programme Ivoirien de Développement institutionnel autour de cinq volets qui sont : la réorganisation de l’Etat central et le renforcement de la gestion publique, le renforcement de la déconcentration, la consolidation de la décentralisation, la valorisation et le développement des ressources humaines de l’Etat et des collectivités territoriales, l’amélioration de la communication et des relations avec les usagers.
La Côte d'Ivoire que nous voulons est celle dans laquelle est mis l'accent sur la défense des droits élémentaires : Droit à la sécurité, Droit à l’éducation, Droit à la santé, Droit à un logement décent, Droit à l’alimentation, Droit à un cadre de vie approprié, Droit à l’information et à la communication.
La Côte d'Ivoire que nous voulons, est une Côte d'Ivoire dont trois axes majeurs doivent sous-tendre la stratégie de défense nationale :
    Une Armée disposant de services de renseignements efficaces maitrisant les technologies de pointe ainsi que des équipements de guerre sophistiqués et modernes à la hauteur des défis du temps lui permettant de disposer d’une puissance de feu dissuasive.
    Une Armée républicaine et patriotique dont les soldats doivent être recrutés sur la base de leur patriotisme et non selon des critères ethniques, religieux ou politiques.
    Un choix judicieux des partenaires en matière de coopération de défense qui se fonde sur les rapports de force entre les puissances militaires de la planète et non sur des liens affectifs ou historiques. Cela, parce que le NPR est conscient de ce que, quand vient l’heure de violer notre souveraineté et de nous sacrifier sur l’hôtel de leurs intérêts égoïstes, ces puissances n’ont que faire de notre sentimentalisme africain qui au contraire fait notre faiblesse.
La Côte d'Ivoire que nous voulons est celle dont la sécurité intérieure garantit les libertés et les droits de l'homme.
Pour garantir la bonne sécurité des citoyens et des populations étrangères vivant en Côte d'Ivoire, il faut :
    L’identification des populations et la maîtrise du flux migratoire ;
    La localisation des individus vivant sur l’ensemble du territoire nationale avec une adresse exacte qui passe par la dénomination et la numérotation des voies de circulation en Boulevards, Avenues, Rues, Allées, Impasses et Squares. Au XXIème siècle, on ne peut pas continuer à indiquer le lieu d’habitation d’un grand bandit ou d’un criminel par rapport à « là où la femme baoulé vend l’alloco », entre autres ;
    Une police des polices rattachée à un vaste Ministère de la Bonne gouvernance ;
    Une police nationale disposant d’un équipement moderne devant faire l’objet d’entretien et de renouvellement à intervalle régulier ;
    Mettre en adéquation l’effectif de ce corps en rapport avec une population donnée.
La Côte d'Ivoire que nous voulons est celle qui donne la possibilité à tous ses habitants de se soigner dignement, qui permet à tout habitant de bénéficier d’une assistance médicale en cas de besoin par l’approfondissement de l’Assurance Médicale Individuelle (AMI) pour tous les habitants.
Pour parvenir à un tel résultat, il faudra faire en sorte d’établir sur le sol ivoirien toutes les disciplines et structures manquantes au système de santé. Mais avant tout, l’amélioration et la modernisation des établissements sanitaires publics existants doivent être des priorités. 
La Côte d'Ivoire que nous voulons est celle qui assure la couverture du territoire national par la télévision et la radio, la couverture nationale de la téléphonie mobile et d'internet, la liberté de la presse. Il est inadmissible que certaines parties du territoire national ne soient pas pleinement et régulièrement couvertes par la télévision et la radio nationales, alors que nos concitoyens sont soumis au paiement de la redevance.
Aujourd’hui, l’émergence de la presse ainsi que son développement sont indissociables du processus de démocratisation. Nous considérons l’ère démocratique et du multipartisme comme celle des lumières car, la presse est désormais accessible, et l’expression est désormais libre, mais le censure existe toujours. Il faut favoriser la liberté de la presse, mécanisme qui doit engendrer l’ouverture du débat démocratique, et du débat contradictoire propices à la démocratie. Les problèmes de société, à savoir : la pauvreté, le sida, la corruption, la bonne gouvernance, la démocratie, etc… doivent être abordés avec des questionnements pertinents. Il s’agit par ce moyen de mettre les responsables politiques devant leurs responsabilités. Grâce à la presse écrite, l’information devient un bien public. Plus que tout autre média, la presse doit permettre de jeter un regard sur le pouvoir politique, en demeurant vigilante sur les abus, et doit faire dans ce cas office de système d’alarme citoyenne. Grâce aux nombreuses publications, les manquements seront dénoncés, et surtout il s’agira de faire baisser la corruption et le détournement des deniers publics. Dans cet ordre d’idée, il s’agit de mettre en place des textes juridiques qui protégeront la corporation des hommes de presse, afin que les médias fassent de façon remarquable leur travail.
Les journaux de l’ère démocratique ne doivent pas se contenter d’informer, mais doivent donner aux citoyens un moyen de pression considérable sur le pouvoir politique, et contribuer à freiner la tendance significative du pouvoir politique et des entreprises à la corruption. En Côte d’Ivoire, la prolifération des médias depuis la libéralisation de la presse écrite et du secteur de la radio, doit offrir de nouvelles opportunités à la problématique de la gouvernance publique et jouer un rôle dans le processus du développement.
La Côte d'Ivoire que nous voulons,  est celle qui assure une meilleure gestion des finances publiques et élimine les gaspillages et les rentes de situation.
Parmi les actions les plus importantes à mener, il faudrait opérer des actions dans le domaine de l’amélioration de la gestion des dépenses publiques. Ce processus passe par l’interconnexion des réseaux informatiques des administrations chargées de l’élaboration et de l’exécution du budget de l’Etat. Aussi, faudrait-il renforcer le contrôle de l’Inspection des Finances et  la Dotation des autres structures de contrôle. Un Plan d’Action et d’Amélioration de la Gestion des finances publiques doit être mis en place. Il convient d’élaborer dans ce cadre, un guide des procédures comptables ainsi qu’un modèle de prévision simulation budgétaire. La mise en place d’une procédure d’information de la dépense publique, la formation du personnel, ainsi que le renforcement de l’équipement au niveau central et régional. Dans le cadre de la bonne gestion de la dette publique, il convient de mettre en place un Comité National de Suivi et de Viabilité de la Dette Publique. Afin de mieux gérer les affaires publiques, affaires publiques qui doivent avoir lieu dans un climat de confiance, il convient de mettre en place un Conseil Présidentiel pour l’Investissement, sans oublier l’adoption d’une Politique de Développement du secteur Privé, la création d’un Cadre de concertation Etat-Secteur Privé, ainsi que la mise en place d’un Code d’investissement. Sans oublier en dernier ressort, la création d’une Agence pour la Promotion des investissements, qui aura pour missions d’encourager et de soutenir le développement des investissements directs étrangers et nationaux, contribuer à l’amélioration du climat des affaires, planifier, coordonner et réguler le développement des zones industrielles et des activités économiques. Cinq défis majeurs sont à relever s’agissant de la gouvernance économique. Il s’agit de la transparence dans la gestion des Finances Publiques, l’harmonisation des procédures des partenaires techniques et financiers, la coordination des aides , la mobilisation accrue de financement intérieur, la mobilisation et l’intégration de financements extérieurs dans les procédures nationales.
Il faut opérer une remise sur pied de l'économie nationale.
(…)
La Côte d’ivoire doit sortir de la situation de pays exportateur de produits agricoles pour se transformer en pays exportateur de produits industrialisés. Il conviendra de mettre fin au rôle asphyxiant d’exportateur de matières premières dans lequel notre pays est cantonné, sortir de la monoproduction et de la monoculture qui rendent la Côte d’ivoire dépendante de la conjoncture économique internationale, en entrainant des retards économiques, sociaux et culturels dans notre pays. La dépendance des pays du tiers-monde se situe, en premier lieu au niveau des échanges et l’exploitation de ces pays est décelée au travers de la détérioration des termes de l’échange. La baisse des prix des matières premières exportées par les pays africains en général et par la Côte d’ivoire en particulier est un des freins les plus importants à leur industrialisation et de son développement. La politique économique occidentale envers les pays africains révèle d’un rapport de domination impérialiste. Le véritable moyen pour améliorer la situation du plus grand nombre d’entre nos concitoyens est d’aider les agriculteurs à accroitre d’abord, la productivité de leurs cultures alimentaires et commerciales, et ensuite, les prix auxquels celles-ci sont payés. Tout en contribuant au renforcement du bien-être rural, la production agricole, doit suffire à assurer les besoins de subsistance de la population. Nous devons compter sur le secteur agricole afin de produire l’alimentation consommée par les populations. Il s’agira pour les paysans de produire suffisamment pour assurer leurs propres besoins et celle de la population urbaine. Ainsi, l’augmentation de leurs populations doit s’accompagner d’un accroissement de la productivité agricole, faute de quoi, les termes de l’échange vont s’inverser au détriment du secteur industriel, entrainant une baisse des profits, et au bout du compte par un arrêt de la croissance. Il faudrait en Côte d’ivoire mettre l’accent sur le développement économique avec ce que l’on nomme le phénomène de rente tripe : l’industrie manufacturière, le commerce extérieur et les matières premières que nous devons transformer. Le secteur industriel doit être puissant, et mettre l’accent sur le commerce extérieur. La Côte d’ivoire doit faire en sorte qu’elle ne soit plus un pays exportateur de matières premières, qui alimentent l’industrie des pays industrialisés, mais renforcer le processus d’industrialisation en exportant des produits industriels. Il faudrait mettre l’accent sur des activités à rendements croissants et de mécanisation continue. Le secteur manufacturier aura pour objet de résoudre trois problèmes spécifiques à notre pays : une valeur ajoutée nationale croissante (PIB), une croissance de l’emploi et la résolution de l’équilibre de la balance des paiements. Il faudrait ajouter à cela une industrie étendue et diversifiée.
La transformation des matières premières en produits finis augmenterait automatiquement la richesse des villes, et permettrait de lutter contre l’étendue du sous-emploi, du chômage et du vagabondage, chose pour laquelle le NPR entend agir, ce, au profit des populations rurales qui constituent le gros lot de la population, populations qui, paradoxalement, ont participé à la croissance du pays, mais sont demeurées le parent-pauvre de cette prospérité.
Il faut maîtriser les dépenses publiques...
Face à l’échec successif des politiques mises en place dans les pays du tiers-monde en général et en Côte d’ivoire en particulier, des thérapies ont été mises en place afin de venir au secours d’économies malades, comme ce fut le cas avec la Côte d’ivoire. Les thérapies mises en œuvre ont été diverses et variées, mais axées sur des Plans d’ajustement structurels, et les politiques dites Initiative Pays Pauvres Très Endettés (PPTE). Les plans d’ajustements structurels ont pour objectifs de conduire les Etats à mieux appréhender les contradictions de leur législation et de procéder à la déréglementation de l’ensemble des textes en vigueur régissant les secteurs d’activités. Il s’agit ici de relever les incohérences organisationnelles, les chevauchements ou l’émiettement des attributions dans l’organisation gouvernementale, en vue d’élaborer une structure mieux adaptée et de favoriser un meilleur fonctionnement des services publics, en cherchant à accroitre leur rendement. Il s’agit ici de mettre en place un plan d’organisation et des effectifs propre à identifier et à codifier des postes de travail par qualification professionnelle, et par structure spécialisée , et à dégager les effectifs jugés pléthoriques, pour les redistribuer à d’autres départements qui en manqueraient. La finalité des plans d’organisation et des effectifs, est la maitrise de la masse salariale de la fonction publique, mais le redéploiement du personnel ainsi dégagé dans d’autres secteurs d’activités, dont la création peut être encouragée dans un secteur privé à promouvoir. Il s’agit de dresser des plans sectoriels qui auront pour but d’améliorer les performances à hauteur des attentes des usagers, aussi bien au niveau de l’éducation, de la santé, des transports, que de biens d’autres secteurs. Il s’agit d’établir des règles de procédure et de gestion rationnelle ou rationalisée des ressources économiques et financières , afin de prévenir le gaspillage ou l’abus des biens sociaux et d’assurer le respect des normes standard dans les délais cadrant avec l’exigence de rendement. Malgré ses nombreuses potentialités humaines et ses ressources naturelles importantes, la Côte d'Ivoire a réussi à se faire classer pays pauvres très endetté. Son approvisionnement et son endettement sont imputables à la mauvaise gestion des ressources et financières dont il regorge, à la corruption de certains de ses dirigeants et au détournement massif des deniers publics par les fonctionnaires et les ministres. Toutes ces situations malheureuses ont été aggravées par la dévaluation du franc CFA, qui a entrainé le déboulement du poids de la dette extérieure, ainsi que de la valeur marchande des importations, tandis que celle des exportations diminuait de moitié. Cette opération monétaire déséquilibrait d’autant les données de la balance commerciale et de celle des paiements, entrainant du coup l’impossibilité de rembourser sa dette à bonne échéance. La chose la plus importante à préciser est la reconversion des créances en subventions. Pour pouvoir bénéficier de cette manne, le PPTE doit pouvoir s’engager à honorer sur toute la période considérée, du point d’initiative au point d’achèvement, mais également à appliquer et à respecter toutes les conditions qui lui seront dictées pour la circonstance par le FMI et la Banque Mondiale. Cela va de la privatisation de toutes les entreprises indexées, à la maitrise des effectifs et de la masse salariale du secteur public, à l’appel systématique de la concurrence, du contrôle de la qualité des dépenses publiques de fonctionnement ou d’investissement. Il faudrait en dehors de cette impérieuse exigence de développement maitriser les effets de la mondialisation sur l’économie de la Côte d’ivoire.
La Côte d'Ivoire que nous voulons est celle qui crée plus d’emplois par l’amélioration de la compétitivité des entreprises du secteur privé.
Des mesures pour préserver et améliorer la compétitivité des entreprises du privé sont à mettre en œuvre pour permettre la création d’emploi en vue de résorber le chômage surtout des jeunes. Il s’agira d'établir un contrat de confiance qui liera l’Etat à toute entreprise qui embauchera des jeunes au chômage. Au prorata de ces embauches, qui reste à définir, une réduction fiscale leur sera accordée.
Il y a nécessité de développer des formations professionnelles qualifiantes pour adultes. Il faut développer l’emploi et la qualification des adultes au chômage. L’accent devra être mis sur la formation professionnelle en adéquation avec les besoins du marché du travail. Ces formations doivent cadrer avec les réalités de la demande en mains d’œuvre au niveau national. Il faudra initier des formations de courte durée en fonction des besoins d’embauches du moment et futures que les entreprises souhaiteront effectuer.
La Côte d'Ivoire que nous voulons est celle qui fait la promotion de l’entrepreneuriat des jeunes. Pour résorber le chômage endémique des jeunes, le NPR propose de mettre en place une stratégie pour promouvoir entrepreneuriat au sein de la jeunesse  en ciblant les entreprises à créer en relation avec les différentes zones géographiques du pays. Les jeunes pourront ainsi se reporter sur ce listing pour s’orienter vers les secteurs d’activité à haute valeur ajouté, afin d’être formés et financés par une structure appropriée.
La Côte d'Ivoire que nous voulons est celle dont l'industrialisation est effective.
Il y a nécessité de lancer un vaste programme d'industrialisation du pays. « Produire et consommer ivoirien » voici le leitmotiv de l’industrialisation de la Côte d’Ivoire.
Nous faut engager une politique industrielle du territoire à travers les stratégies de filières dans les secteurs stratégiques par le lancement de plans industriel pour donner une plus-value à nos productions.
Toute signature de gros contrat devra se faire avec des conditionnalités dont celle du transfert de technologie en rapport avec nos besoins.
Pour une meilleure relation entre la recherche, la formation, la production et l'emploi, il nous faut créer un Pôle de compétitivité et de coopération de recherche technologique et industrielle ayant pour objectifs de servir de cadre d’échanges entre le public et le privé, et de soutenir les investissements des entreprises sur la base de règles strictes. 
La Côte d'Ivoire que nous voulons est celle qui occupe la jeunesse et développe le sport.
Le NPR propose aux ivoiriennes et ivoiriens la Construction d’une bibliothèque nationale digne de ce nom. En outre, il faudra inciter les municipalités à créer des bibliothèques dans leur commune avec des inscriptions allant de la gratuité à de modique somme d’argent, à promouvoir la lecture principalement dans les écoles par des visites gratuites dans les bibliothèques.
Il s’agira de construire des structures de formation alliant école et sport dans les grandes régions du pays.
Pour y parvenir un Plan national pour la (re)contruction et la rénovation des infrastructures sportifs devra être mis en place.
La Côte que nous voulons est celle qui fait la promotion de la femme et de l'enfant. Nous voulons d'une Côte d'Ivoire qui récuse toute soumission aveugle de la femme au pouvoir autoritaire de l’homme et qui garantit à l’homme et à la femme l’égal accès aux emplois publics.
L'Etat doit assurer à l’enfant la protection contre l’exploitation et les brimades de toute sorte, lui garantir une véritable éducation jusqu’à l’âge adulte et lui assurer un minimum vital.
Il convient d’adopter dans la même veine un code de protection de l’Enfance inspiré des dispositions de la convention internationale en la matière. Dans le cadre du droit et de l’accès à la justice, la Côte d’ivoire doit faire un effort d’harmonisation de ses textes avec les conventions internationales. Sur ce plan, la relecture des textes pénaux par le Ministère de la Justice et leur réaménagement s’imposent. Cela permettra de prendre en compte de façon spécifique la lutte contre les trafics d’enfants, les abus sexuels et les autres formes de sévices. Il est nécessaire de mettre en place un Code des Personnes et de la Famille, en faisant en sorte que les textes pénaux déjà en vigueur intègrent l’arsenal juridique ivoirien dans le cadre de la transposition dans le droit national de la Convention pour les Droits des Femmes et des Enfants.
La Côte d'Ivoire que nous voulons est celle dont la justice est forte, efficace, indépendante et irréprochable. De jour en jour, la Côte d’ivoire a mal de sa justice. Au quotidien les Droits de l’homme sont gravement bafoués et violés par les tenants du pouvoir qui promettaient Monts et merveilles aux ivoiriens. En effet, l’amélioration, la qualité et la rapidité du traitement des contentieux, le traitement humain des prisonniers, la formation de magistrats compétents, l’élimination de la corruption pour une justice indépendante, impartiale et efficace a été un leurre.
Aujourd’hui, la Justice qui devait jouer son rôle de troisième pouvoir est stigmatisée, mise à la « botte » du pouvoir exécutif. Son efficacité est devenue criarde.    
C’est pour corriger cette promesse non tenue par certains politiques que le NPR s’engage à  moderniser effectivement ce pilier de notre jeune Nation afin qu’elle puisse convenablement jouer son rôle qui lui est dédié pour redonner confiance aux citoyens et aux investisseurs nationaux et internationaux.

Ivoiriens, Ivoiriennes,

Sans être exhaustif, telle se présente grosso modo la Côte d'Ivoire que nous voulons. Loin de l'utopie, la Côte d'Ivoire que nous voulons est réalisable. C'est pourquoi nous vous appelons solennellement à rejoindre le NPR, afin qu'ensemble, rassemblé autour de l'idéal républicain, nous puissions solidairement bâtir une Côte d'Ivoire plus juste, plus démocratique, libre, développée, prospère, pour le bien-être de tous.

Je vous remercie.

Blaise Pascal Logbo, président du NPR (Abidjan le 19 avril 2014)

 

 
EN MARAUDE DANS LE WEB
Sous cette rubrique, nous vous proposons des documents de provenance diverses et qui ne seront pas nécessairement à l'unisson avec notre ligne éditoriale, pourvu qu'ils soient en rapport avec l'actualité ou l'histoire de la Côte d'Ivoire et des Ivoiriens, et que, par leur contenu informatif, ils soient de nature à faciliter la compréhension des causes, des mécanismes et des enjeux de la « crise ivoirienne ».
 
 

Source : CIVOX. NET 21 Avril 2014